Thème
Chapitre 11 — Les nœuds essentiels
Le langage des mains
Les nœuds sont le langage fondamental de l'escalade en grande voie. Chaque nœud a une fonction, des conditions d'usage, des limites et des pièges. On ne les apprend pas « en général » — on les apprend pour un usage précis, dans un contexte précis, et on les vérifie à chaque fois.
En grande voie, on utilise moins de nœuds qu'on ne le pense. Mais ceux qu'on utilise doivent être maîtrisés parfaitement — c'est-à-dire réalisables rapidement, sous stress, dans le froid, avec des gants, en position inconfortable, et vérifiables d'un coup d'œil. Un nœud « à peu près correct » n'existe pas. Un nœud est correct ou il ne l'est pas.
Ce chapitre présente les nœuds essentiels de la grande voie, dans l'ordre de leur utilité pratique. Pour chaque nœud : à quoi il sert, comment le confectionner, comment le vérifier, quelles erreurs éviter, et dans quelles situations il ne convient pas.
⚡ ALERTE
⚡ Ce chapitre décrit des techniques qui engagent la sécurité. La lecture ne remplace pas l'apprentissage encadré et la pratique supervisée sous la direction d'un moniteur qualifié.
INFO
Règle absolue : tout nœud doit être vérifié avant mise en charge. On vérifie la forme (le nœud ressemble-t-il à ce qu'il doit être ?), le serrage (est-il bien ajusté, sans mou interne ?) et la finition (y a-t-il un nœud d'arrêt quand il en faut un ?). Cette triple vérification prend cinq secondes et doit devenir un réflexe.
Synthèse des nœuds essentiels en grande voie — doctrine corrigée
| Nœud | Usage principal dans ce livre | Nœud d'arrêt requis | Statut |
|---|---|---|---|
| Nœud de huit | Encordement sur deux brins | Oui | Référence obligatoire |
| Nœud d'arrêt / demi-pêcheur double | Finition d'encordement, bouts de rappel, blocage complémentaire | N/A | Indispensable |
| Nœud simple de jonction | Jonction des deux brins de rappel | Oui, selon la doctrine de ce livre | Référence rappel |
| Pêcheur double | Anneaux de cordelette / jonction de cordelette | Non si correctement serré | Technique de cordelette |
| Cabestan | Vachage / réglage de longueur | Non | Fondamental |
| Demi-cabestan | Assurage / secours / descente contrôlée | Non, mais main frein obligatoire | Secours |
| Nœud de mule | Blocage libérable sous charge | Oui | Technique avancée |
| Chaise | Usage technique spécifique, pas encordement standard du livre | Oui si utilisé avec brin libre | À encadrer |
| Autobloquants | Rappel, remontée, mouflage selon cas | Non | À tester avant charge |
| Valdotain | Remontée / tête de mouflage / dépannage | Oui sur fermeture | Avancé |
⚡ DOCTRINE D'ENCORDEMENT
Dans ce livre, l'encordement se fait au nœud de huit sur les deux brins, avec nœud d'arrêt derrière. Le nœud de chaise reste présenté comme nœud technique, mais il n'est pas l'encordement standard retenu.
8.1 Le nœud d'arrêt [T]
À quoi il sert : Empêcher un autre nœud de se défaire, ou empêcher la corde de filer à travers un appareil ou un mousqueton. C'est le nœud de sécurisation par excellence — simple, rapide, indispensable.
Où on l'utilise : En bout de corde pour empêcher qu'elle ne file lors d'un rappel (usage critique). En complément de l'encordement au nœud de huit, selon la doctrine de ce livre. En complément d'un nœud de mule. En bout de brin libre après un nœud de pêcheur.
Contexte d'usage : Le nœud d'arrêt n'est jamais un ornement — c'est une assurance. Son absence a causé plus d'accidents mortels au rappel que toute autre erreur documentée.
Confection : On forme une boucle avec le brin libre autour de la corde principale, puis on repasse le brin libre dans cette boucle. On serre fermement contre le nœud qu'il sécurise. Le résultat est un nœud simple et compact qui empêche tout glissement.
Vérification : Le nœud doit être bien serré contre le nœud principal. Le brin libre qui dépasse doit mesurer au moins 10 centimètres. Un nœud d'arrêt qui flotte loin du nœud principal ne joue pas son rôle.
Point critique de sécurité ⚡ : La présence du nœud d'arrêt est non négociable en bout de rappel et derrière l'encordement au nœud de huit retenu dans ce livre.
Erreur fréquente : Oublier de le faire. C'est la cause d'accidents au rappel la plus documentée — la corde file à travers le descendeur parce qu'il n'y avait pas de nœud en bout de brin.
Variantes selon le contexte : En fin de rappel, préférer le demi-pêcheur double (variante renforcée du nœud d'arrêt). Sur un nœud de pêcheur, un simple nœud d'arrêt suffit.
Limites de la technique : Le nœud d'arrêt ne peut pas remplacer une bonne installation de rappel — c'est un filet de sécurité, pas la seule protection.
À PRATIQUER AU SOL
Exercice : faire deux nœuds d'arrêt en bout de corde, puis demander à un partenaire de les contrôler sans explication.
Critère de réussite : le nœud est identifiable immédiatement et le brin libre est suffisant.
Fréquence : avant toute séance de répétition rappel.
8.1 bis Le nœud simple de jonction des brins de rappel [T] ⚡
À quoi il sert : Relier les deux brins de rappel pour qu'ils travaillent ensemble dans l'anneau ou le maillon de rappel, selon la doctrine de ce livre.
Contexte d'usage : Installation d'un rappel avec deux brins de corde à double. Ce nœud est distinct des nœuds d'arrêt placés aux extrémités libres des brins.
Procédure : On place les deux brins bien parallèles, puis on réalise un nœud simple avec les deux brins ensemble. Le nœud est serré brin par brin. On laisse au minimum 30 cm de corde après le nœud, puis on réalise le nœud d'arrêt prévu dans la doctrine du livre.
Point critique ⚡ : Le nœud doit être placé du bon côté de l'anneau ou du maillon pour permettre le rappel de corde. Un nœud placé du mauvais côté peut rendre la corde impossible à récupérer.
Erreur fréquente : Confondre le nœud simple de jonction des brins de rappel avec le pêcheur double. Dans ce livre, le pêcheur double sert aux anneaux de cordelette et aux jonctions de cordelette, pas comme nœud de jonction standard des brins de rappel.
8.2 Le nœud de pêcheur double [T]
À quoi il sert : Confectionner des anneaux de cordelette fermés (pour les autobloquants, les pédales) ou relier de la cordelette. Dans ce livre, il n'est pas présenté comme le nœud de jonction standard des deux brins de rappel.
Contexte d'usage : On l'utilise pour créer les anneaux de cordelette qui servent aux nœuds autobloquants (machard, prussik, français). Sous sa forme « demi-pêcheur double », il sert aussi de nœud d'arrêt renforcé en bout de brin ou derrière un nœud d'encordement.
Matériel nécessaire : Corde ou cordelette d'au moins 5 mm, deux brins distincts ou un brin replié.
Objectif de la manipulation : Créer une jonction fiable entre deux brins ou former un anneau fermé capable de supporter une charge.
Le demi-pêcheur double est la moitié du nœud : il sert de nœud d'arrêt pour les extrémités libres des brins de rappel et comme nœud de sécurité après l'encordement au huit retenu dans ce livre.
Le pêcheur double complet relie deux brins pour former un anneau. On réalise un demi-pêcheur double sur chaque extrémité, puis on serre les deux nœuds l'un contre l'autre.
Vérification : Les brins se croisent d'un côté du nœud et sont parallèles de l'autre — c'est le critère visuel de contrôle. Les deux nœuds doivent être bien serrés l'un contre l'autre. Au moins 10 centimètres de brin libre doivent dépasser de chaque côté pour éviter tout risque de glissement.
Point critique de sécurité ⚡ : Les deux demi-nœuds doivent être en contact ferme l'un avec l'autre, pas écartés.
Erreur fréquente : Ne pas serrer suffisamment l'anneau une fois confectionné. Les deux demi-nœuds doivent être en contact ferme l'un avec l'autre.
Variantes selon le contexte : Pour un anneau de cordelette destiné aux autobloquants, s'assurer que les diamètres des brins créent une bonne accroche (voir section 8.7). En rappel, le demi-pêcheur double est utilisé en bout de brin ; il ne remplace pas le nœud simple de jonction des deux brins.
Limites de la technique : Sur des brins de très gros diamètre
, le nœud peut ne pas être assez serré pour bloquer efficacement. Dans ce cas, augmenter le nombre d'enroulements.
RAPPEL
RAPPEL : Le demi-pêcheur double est présenté ici pour les finitions et les bouts de brins. La jonction des deux brins de rappel est traitée en section 8.1 bis.
À PRATIQUER AU SOL
Exercice : former trois anneaux de cordelette, puis vérifier les deux critères visuels : nœuds au contact, brins libres suffisants.
Critère de réussite : l'anneau est immédiatement utilisable pour un autobloquant.
Fréquence : à chaque renouvellement de cordelette.
🧩 Schéma — Demi-nœud de pêcheur double
Ce bloc reprend un schéma ou un repère visuel du manuel. Il doit être lu comme complément du texte, pas comme procédure autonome.
Contexte. Nœud d’arrêt pour les brins de rappel ; Nœud d’arrêt pour nœuds d’encordement (huit et chaise) ; Pour le pêcheur double
Points attentions. Vérifier le nœud : les brins se croisent d’un côté et sont parallèles de l’autre.
Matériels. Corde ou cordelette

🧩 Storyboard — Demi-nœud de pêcheur double
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.





🧩 Schéma — Nœud de pêcheur double
Ce bloc reprend un schéma ou un repère visuel du manuel. Il doit être lu comme complément du texte, pas comme procédure autonome.
Contexte. Pour confectionner des anneaux.
Points attentions. Bien serrer chacun des nœuds ; Bien serrer l’anneau une fois confectionné. ; Laisser suffisamment de mou sur les deux brins libres pour éviter tout glissement.
Matériels. Corde ou cordelette

🧩 Storyboard — Nœud de pêcheur double
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.



8.3 Le demi-cabestan [T]
À quoi il sert : Assurer un grimpeur ou descendre une charge de manière contrôlée. C'est un nœud coulissant qui permet de donner ou de reprendre de la corde de manière fluide.
Prérequis : Maîtrise du geste d'une main, compréhension du principe de freinage par friction.
Contexte d'usage : Assurage d'un grimpeur quand on n'a pas d'appareil d'assurage (ou en complément). Descente en rappel débrayable. Descente d'un blessé ou d'un sac. C'est le nœud de secours par excellence — si l'on ne dispose que d'un mousqueton HMS, on peut assurer avec un demi-cabestan.
Matériel nécessaire : Un mousqueton HMS (poire), une corde d'au moins 8 mm.
Objectif de la manipulation : Créer un système de freinage fluide et réversible.
Points critiques ⚡:
Ce nœud n'est pas autobloquant
. Il ne doit en aucun cas être utilisé seul pour assurer un second ou descendre une charge sans dispositif de sécurité supplémentaire (autobloquant ou nœud de mule).
Il doit être réalisé sur un mousqueton HMS (poire) — sa forme large permet au nœud de fonctionner correctement. Sur un mousqueton en D ou ovale, le nœud se bloque ou fonctionne de manière imprévisible.
Ce nœud bascule — il change d'orientation quand on passe de « donner du mou » à « avaler ». Il faut veiller à le réaliser dans la bonne position pour éviter un basculement sous charge.
Erreur fréquente : Utiliser le demi-cabestan comme système d'assurage principal sans autobloquant de sécurité. Le demi-cabestan freine mais ne bloque pas — si on lâche, la corde file.
Variantes selon le contexte : Pour une descente débrayable (avec contrôle total), le demi-cabestan est idéal. Pour un assurage standard, le préférer à titre de secours seulement.
Limites de la technique : Le demi-cabestan demande une vigilance constante de la main du frein. Une fatigue physique ou mentale réduit son efficacité.
RAPPEL
RAPPEL : Voir section 8.4 pour le cabestan — la différence porte sur l'orientation du pouce (haut pour demi-cabestan, bas pour cabestan).
FACTEUR HUMAIN
Le demi-cabestan donne une impression de simplicité. C'est précisément son piège : il n'est pas autobloquant. Sous fatigue, l'utilisateur peut le confondre avec un système assisté. La main sur le brin mort reste la sécurité principale.
🧩 Fiche visuelle — Nœud de demi-cabestan
Cette fiche reprend la logique synthétique du manuel monitorat. Elle sert d’aide-mémoire visuel et ne remplace pas l’apprentissage encadré ni la pratique au sol.
Contexte. Assurage d’un grimpeur (nécessite un autobloquant pour sécuriser la manip) ; Rappel débrayable ; Descente d’une charge
Points attentions. Il faut réaliser ce nœud autour d’un mousqueton de type HMS car sa forme en poire permet d’accueillir correctement le nœud sur la largeur. ; Ce nœud n’est pas autobloquant, ne l'utilise en aucun cas pour assurer/mouliner un second/une charge sans sécurité supplémentaire. ; Ce nœud bascule selon l’utilisation. Veillez à le réaliser dans la bonne position pour éviter le basculement lorsqu’il est réalisé sous charge.
Matériels. Corde ou cordelette. ; En escalade, souvent fait autour d’un mousqueton à vis de type HMS.

🧩 Storyboard — Confection à une main
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.




8.4 Le cabestan [T]
À quoi il sert : Fixer la corde à un point d'ancrage. C'est le nœud de vachage et d'ancrage par excellence en grande voie — rapide à faire, facile à régler en longueur, et solide une fois en charge.
Contexte d'usage : Vachage au relais (se connecter au point d'ancrage avec la corde d'escalade). Confection de relais avec la corde. Fixation d'un élément à un point.
Matériel nécessaire : Un mousqueton à vis (pour sécuriser), une corde d'au moins 8 mm.
Objectif de la manipulation : Créer une connexion au relais réglable en longueur, sans défaire le nœud une fois sous charge.
Avantage majeur : Le cabestan est réglable en longueur
même sous charge. On peut ajuster la distance de vachage sans refaire le nœud — il suffit de desserrer légèrement et de tirer sur le brin voulu. C'est cette propriété qui en fait le nœud privilégié pour le vachage au relais.
Point critique ⚡ : Si le cabestan est fait en bout de corde, le brin libre ne doit pas être laissé seul — il risque de glisser. On ajoute toujours un nœud d'arrêt ou on s'assure que le brin libre est suffisamment long et ne travaille pas en traction.
Erreur fréquente : Confondre cabestan et demi-cabestan. La différence est dans l'orientation du pouce au moment de la confection (bas pour cabestan, haut pour demi-cabestan). Le résultat est visuellement différent — le cabestan forme un X sur le mousqueton, le demi-cabestan non.
Variantes selon le contexte : Pour un vachage court (proche du relais), utiliser la méthode ganses. Pour un vachage long, la méthode Jammeron est plus rapide.
Limites de la technique : Sur des mousquetons trop petits, les ganses ne se forment pas correctement. Toujours vérifier que le mousqueton est assez grand.
À PRATIQUER AU SOL
Exercice : faire un cabestan d'une main sur mousqueton, régler la longueur, puis le défaire.
Critère de réussite : le réglage est fluide sans ouvrir le mousqueton.
Fréquence : drill court avant travail relais.
🧩 Fiche visuelle — Nœud de cabestan
Cette fiche reprend la logique synthétique du manuel monitorat. Elle sert d’aide-mémoire visuel et ne remplace pas l’apprentissage encadré ni la pratique au sol.
Contexte. Longe molle au relaiss ; Confection du relaiss avec cordes ; Attacher un élément
Points attentions. Si fait en bout de corde le brin libre ne doit pas être laissé tel quel car il y a risque de glissement !
Matériels. Corde ou cordelette. ; En escalade, souvent fait autour d’un mousqueton à vis.

🧩 Storyboard — Confection avec des ganses
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.



🧩 Storyboard — Confection à une main, dit “méthode Jammeron”
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.




8.5 Le nœud de mule [T]
À quoi il sert : Bloquer temporairement une corde sous tension, de manière réversible. C'est le nœud de blocage par excellence — il tient sous charge mais se défait facilement en tirant le brin libre une fois la charge relâchée.
Prérequis : Compréhension du concept de « ganse » (boucle volante) et du blocage par entrelacement.
Contexte d'usage : Bloquer l'assurage pour libérer les deux mains (démêler la corde, consulter le topo, aider le second). Bloquer un demi-cabestan sous charge. Compléter un système d'assurage pour le rendre « mains libres ».
Matériel nécessaire : Une corde d'au moins 8 mm, idéalement un appareil d'assurage ou un mousqueton.
Objectif de la manipulation : Créer un blocage reversible qui tient sous charge mais se défait rapidement quand la charge est relâchée.
Points critiques ⚡:
Le nœud de mule doit toujours être serré au plus près
du point de blocage — mousqueton ou appareil d'assurage. Un nœud flottant ne remplit pas sa fonction.
Le nœud d'arrêt est obligatoire. Sans lui, le nœud de mule peut se libérer accidentellement sous vibration ou manipulation — avec des conséquences potentiellement catastrophiques si la corde est sous tension. C'est la différence critiques entre un nœud de mule sécurisé et un nœud de mule qui tue.
Erreur fréquente : Oublier le nœud d'arrêt, ou le faire trop loin du nœud de mule. Le nœud d'arrêt doit être collé au nœud de mule, pas à 30 centimètres de lui.
Variantes selon le contexte : Sur un demi-cabestan, le nœud de mule double le freinage. Sur une plaquette, il offre une véritable « main libre » tout en conservant la sécurité.
Limites de la technique : Le nœud de mule n'est jamais une solution définitive — c'est une solution temporaire pour des opérations précises (remonter du matériel, libérer les mains). Dès que l'opération est terminée, rétablir un système d'assurage actif.
⚡ POINT CRITIQUE
Un nœud de mule non sécurisé n'est pas un blocage fiable dans la durée. Toute vibration, manipulation ou alternance de tension peut le défaire. Le nœud d'arrêt final fait partie de la manipulation, il n'est pas optionnel.
🧩 Fiche visuelle — Nœud de mule
Cette fiche reprend la logique synthétique du manuel monitorat. Elle sert d’aide-mémoire visuel et ne remplace pas l’apprentissage encadré ni la pratique au sol.
Contexte. Faire une “ganse”, qui peut se retirer en tirant la corde + double nœud de pêcheur. Une fois retirer le nœud pêcheur, un tirage sec, retirer le nœud
Points attentions. Bien serré le nœud au plus près ; Et faire un nœud d'arrêt pour empêcher la libération accidentelle
Matériels. Corde ou cordelette

🧩 Storyboard — Nœud de mule - Confection autour de la main
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.








🧩 Storyboard — Nœud de mule - Confection pour bloquer un appareil d’assurage
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.





8.6 Le nœud de chaise [T]
À quoi il sert : Créer une boucle non coulissante à l'extrémité d'une corde pour des usages techniques spécifiques : relais, main courante, boucle de travail, confection de certaines manipulations comme le Valdotain. Dans ce livre, il n'est pas l'encordement standard.
Prérequis : Compréhension de la géométrie du nœud (le puits, le serpent, l'arbre). Quelques essais de confection avant utilisation en vraie vie.
Contexte d'usage : Usages techniques spécifiques : boucle de travail, ancrage temporaire, certaines configurations de relais ou de dépannage. L'encordement standard du livre reste le nœud de huit sur deux brins avec nœud d'arrêt.
Matériel nécessaire : Une corde adaptée à la manipulation visée, un mousqueton ou un point de connexion selon le contexte.
Objectif de la manipulation : Créer une boucle de taille constante capable de supporter une charge sans coulisser ni se défaire.
Le principe commun à toutes les méthodes est le même : on crée un « puits » (une petite boucle), on fait passer le « serpent » (le brin libre) hors du puits, autour de « l'arbre » (le brin principal), et on le fait redescendre dans le puits. L'image mentale du puits, du serpent et de l'arbre aide à mémoriser et à vérifier le nœud.
Le nœud de chaise double
crée deux boucles réglables. On fait un nœud simple « de plein poing » en prenant suffisamment de corde. On attrape la boucle créée et on la coiffe par-dessus les deux brins opposés. On tire les deux brins à travers la boucle. On rabat et on voit apparaître le nœud de chaise. On serre en tirant sur les deux boucles. La taille de chaque boucle est ajustable — utile pour des mini-triangulations de relais.
Point critique ⚡ : Le nœud de chaise
nécessite impérativement un nœud d'arrêt (demi-pêcheur double) serré contre lui. Sans ce nœud d'arrêt, le nœud de chaise peut se retourner et se défaire sous certaines conditions de charge. Le nœud de huit reste la référence d'encordement de ce livre, mais il est lui aussi terminé par un nœud d'arrêt dans la doctrine retenue.
Erreur fréquente : Considérer le nœud de chaise comme terminé sans le nœud d'arrêt lorsqu'il laisse un brin libre. Un nœud de chaise mal fini est un nœud incomplet et potentiellement dangereux.
Variantes selon le contexte : Pour les usages techniques hors encordement, choisir la méthode la plus lisible et la plus contrôlable. L'encordement reste traité par le nœud de huit.
Limites de la technique : Le nœud de chaise demande une concentration supplémentaire et une finition rigoureuse. Il doit donc rester cantonné aux usages techniques explicitement maîtrisés.
RAPPEL
RAPPEL : Voir section 8.1 pour le nœud d'arrêt et la section 8.1 bis pour la jonction des brins de rappel.
FACTEUR HUMAIN
Le nœud de chaise est apprécié parce qu'il se défait facilement après charge. Cette facilité peut devenir un défaut si le nœud d'arrêt est négligé. En grande voie, le choix d'un nœud ne se juge jamais seulement au confort : il se juge aussi à sa lisibilité et à sa tolérance à l'erreur.
🧩 Fiche visuelle — Nœud de chaise
Cette fiche reprend la logique synthétique du manuel monitorat. Elle sert d’aide-mémoire visuel et ne remplace pas l’apprentissage encadré ni la pratique au sol.
Contexte. Nœud d’encordement (nécessite un nœud d’arrêt !) ; Confection du valdotin
Points attentions. Pour l’encordement il faut absolument faire un demi-pêcheur double (ou plus) pour éviter tout glissement. ; Ce nœud est plus difficile à vérifier qu’un huit et attention car il existe des variantes.
Matériels. Corde ou cordelette

🧩 Storyboard — Méthode classique “avec le puits”
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.





🧩 Storyboard — Méthode par absorption
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.






🧩 Storyboard — Méthode kinesthésique pour l’encordement
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.












🧩 Fiche visuelle — Nœud de chaise double
Cette fiche reprend la logique synthétique du manuel monitorat. Elle sert d’aide-mémoire visuel et ne remplace pas l’apprentissage encadré ni la pratique au sol.
Contexte. Nœud de début d’une main courante (car muni de 2 boucles réglables) ; Mini-triangulation pour relaiss haut
Points d’attention. Lors du serrage du nœud il faut tirer sur les bons brins. ; Pour défaire le nœud il faut tirer sur le “puit” du nœud de chaise et “dé-coiffer” la boucle. ; Pas facile à défaire pour un débutant
Matériels. Corde ou cordelette

🧩 Storyboard — Méthode de plein poing
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.







8.7 Les nœuds autobloquants [T]
À quoi ils servent : Créer un système qui bloque dans un sens et coulisse dans l'autre. C'est la base de la sécurité au rappel, des remontées sur corde et des mouflages.
Prérequis : Compréhension du principe de friction (la cordelette fine enroulée autour de la corde principale crée une accroche). Pratique manuelle avant utilisation réelle.
Matériel nécessaire : Une corde de rappel d'au moins 8-10 mm, une cordelette autobloquante de 5-6 mm (ou une boucle créée à partir de la corde elle-même pour le Valdotain).
Objectif des techniques : Créer un point de sécurité qui bloque la corde de rappel ou de remontée si le grimpeur perd sa vigilance.
Principe commun : Un anneau de cordelette est enroulé autour de la corde. Quand on tire dans le sens du blocage (généralement vers le bas), les spires se resserrent et le nœud bloque. Quand on relâche et qu'on pousse dans l'autre sens, le nœud coulisse librement.
8.7.1 Le nœud français (ou Machard simple) [T]
Le plus simple des autobloquants. On prend la cordelette par son nœud de jonction, on laisse une petite boucle et on fait quelques tours (3-4 généralement) dans le sens du blocage (vers le bas). On repasse le reste de la cordelette dans la boucle laissée au départ et on serre en tirant vers le bas. On accroche un mousqueton à vis à la boucle restante.
Avantage : Simple à réaliser, fonctionne bien en rappel, rapide à débloquer. Limite : Ne bloque que dans un sens. Si la charge s'inverse, il ne tient pas.
Usages prioritaires : Sécurité au rappel (le plus courant), mouflage (quand le blocage n'est nécessaire que dans un sens).
8.7.2 Le nœud de Machard (sur cordelette) [T]
Plus fiable que le français car il bloque dans les deux sens. On enroule la cordelette autour de la corde en faisant plusieurs tours (4 à 6 selon le diamètre), puis on repasse le bout dans la boucle de départ.
Avantage : Blocage bidirectionnel, plus sûr pour les remontées sur corde. Limite : Plus difficile à débloquer sous charge importante.
Usages prioritaires : Remontée sur corde, sécurité au rappel renforcée, mouflage en charge bidirectionnelle.
8.7.3 Le nœud de Machard tressé [T]
Variante du Machard où la cordelette est tressée autour de la corde en alternant les passages (dessus/dessous) au lieu de simplement enrouler. Le résultat est un nœud plus compact, plus mordant et plus fiable que le Machard simple.
Avantage : Excellent rapport mordant/facilité de déblocage. Très fiable. Limite : Confection un peu plus longue (à maîtriser avant situation critique).
Usages prioritaires : Remontée sur corde (référence), mouflage (quand le mordant doit être maximal).
8.7.4 Le nœud de Prussik [T]
Le plus ancien et le plus connu des autobloquants. On passe l'anneau de cordelette autour de la corde en formant un nœud de tête de cravate, puis on répète l'opération deux ou trois fois. Le résultat est un nœud symétrique qui bloque dans les deux sens.
Avantage : Bidirectionnel, symétrique, fiable sur longue durée, historiquement validé. Limite : Difficile à débloquer sous charge importante. Tendance à se serrer excessivement (risque de « verrouillage »).
Usages prioritaires : Remontée sur corde (alternative fiable au Machard tressé), pédale de remontée, sécurité renforcée en situations extrêmes.
INFO
Tableau de synthèse : quel nœud autobloquant pour quel usage
| Usage | 1er choix | Alternative | 3e option |
|---|---|---|---|
| Sécurité au rappel | Français | Machard | Prussik |
| Remontée sur corde (blocage principal) | Machard tressé | Prussik | — |
| Remontée sur corde (pédale) | Français | Machard tressé | — |
| Mouflage (autobloquant de renvoi) | Machard tressé | Français | — |
À PRATIQUER AU SOL
Exercice : installer machard, français et prussik sur la même corde, puis tester blocage et déblocage sous faible charge.
Critère de réussite : le nœud bloque sans glisser et se déplace sans se coincer.
Fréquence : avant toute séance rappel ou remontée sur corde.
🧩 Storyboard — Confection de poupée - Tressage cordelette
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.





🧩 Storyboard — Confection de poupée - Tressage sangle cousue
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.




🧩 Fiche visuelle — Machard tressé pour cordelette
Cette fiche reprend la logique synthétique du manuel monitorat. Elle sert d’aide-mémoire visuel et ne remplace pas l’apprentissage encadré ni la pratique au sol.
Contexte. Cas d’usages type : Descente en rappel (+), remontée sur corde (+), réchappe sur monopoint (-), mouflage (-)
Grandes étapes. Prendre la cordelette par son nœud ; En laissant une petite boucle faire quelques tours dans le sens voulu du blocage (vers le bas) ; Venir repasser le restant de cordelette dans la petit boucle laissé précédemment et soucer le noued en tirant vers le bas ; Accrocher un mousqueton à vis à la boucle restante
Points attentions. Avantages : ; Bloque très bien ; Facile à faire et à défaire ; Inconvénients : ; Ne bloque que dans un sens ; Difficile à défaire quand sous tension ; Fonctionne mal sur corde simple
Matériels. Cordelette

8.8 Le nœud de Valdotain [A]
À quoi il sert : Créer un autobloquant sur corde à partir de la corde elle-même, sans cordelette supplémentaire. C'est un nœud d'improvisation avancé, utile quand on n'a plus de cordelette disponible ou quand on a besoin d'un autobloquant de grande résistance (car la corde est plus épaisse que la cordelette).
Prérequis : Maîtrise des sections 8.6 (nœud de chaise) et 8.7 (principes autobloquants). Ce nœud n'est pas pour les débuts.
Contexte d'usage : Remontée sur corde en situation d'improvisation (panne de cordelettes, cordelette coincée, besoin de réserve). Mouflage quand les cordelettes manquent ou quand la charge extrême justifie la masse de la corde. Sécurisation d'un brin de rappel en dernier recours.
Matériel nécessaire : Deux brins de corde de rappel (ou deux sections de la même corde), diamètres distincts si possible (plus fin autour du plus épais pour un bon mordant).
Objectif de la manipulation : Créer un autobloquant autonome sans matériel supplémentaire.
Point critique ⚡ : Le Valdotain ne fonctionne bien que si le diamètre du brin utilisé pour l'autobloquant est suffisamment inférieur au diamètre du brin autour duquel il est enroulé. Avec deux brins de même diamètre, le mordant est insuffisant — la cordelette est toujours préférable.
Erreur fréquente : Utiliser le Valdotain comme premier recours alors que des cordelettes sont disponibles. C'est un nœud de secours, pas un nœud de confort. Consommer une section de corde pour la rendre inutilisable pour le rappel suivant est un prix lourd à payer.
Variantes selon le contexte : Avec deux brins de corde à double, le Valdotain peut être travaillé sur le brin concerné par la manœuvre. La technique reste avancée et doit être entraînée au sol avant usage réel.
Limites de la technique : Le Valdotain réduit la section de corde disponible pour le rappel. Sur une voie courte où on n'a qu'une descente, ce n'est pas critique. Sur une voie où les rappels s'enchaînent, c'est très problématique.
⚡ ALERTE
⚡ Ce chapitre décrit des techniques qui engagent la sécurité. La lecture ne remplace pas l'apprentissage encadré et la pratique supervisée sous la direction d'un moniteur qualifié.
INFO
Les 5 nœuds à maîtriser absolument avant sa première grande voie
- Le cabestan — pour se vacher au relais
- Le nœud de huit (ou chaise + arrêt) — pour s'encorder
- Le demi-cabestan — pour assurer en secours
- Le nœud de mule + arrêt — pour bloquer l'assurage
- Un autobloquant (français ou Machard) — pour la sécurité au rappel
Ces cinq nœuds couvrent 90% des besoins en grande voie. On les pratique jusqu'à les réaliser les yeux fermés, dans le froid, en position inconfortable, sous stress. Ces apprentissages doivent tous être supervisés par un moniteur avant utilisation réelle en paroi.
🧩 Fiche visuelle — Faire un valdotain
Cette fiche reprend la logique synthétique du manuel monitorat. Elle sert d’aide-mémoire visuel et ne remplace pas l’apprentissage encadré ni la pratique au sol.
Contexte. Utiliser la corde à la place d’une cordelette : peut être utile dans le cadre d'une remonter sur corde ou une manière optimisée de préparer l’installation d’une tête de mouflage( Bloque au plus près du demi cab)
Grandes étapes. Prendre 1,5m de moue ; Faire au moins 8 tours bien serré dans le sens inverse du blocage ; En tenant bien serré , faire un nœud de chaise entre les 2 bouts ; mettre un nœud d’arret derrière ; Utiliser la boucle du nœud de chaise pour y installer matériel (exple pédale…)
Points attentions. Bien prendre assez de moue au départ, sinon plus qu’à tout recommancer ; 8 tours de boucles très serrés, difficile de maintenir
Matériels. Un brin de corde ou un ficelou de 3m

🧩 Storyboard — Nœud de valdôtain
Séquence pas-à-pas — suivre dans l'ordre.






Synthèse — Les nœuds comme bibliothèque de gestes [R]
| Nœud | Fonction principale | Geste à automatiser | Contrôle visuel prioritaire | À illustrer en priorité | |