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Second au relais, vue sur la vallée, sac à dos au pied de la paroi
La préparation commence bien avant le pied de voie. Elle commence dès le moment où l'on choisit.

Partie 2 — Se préparer

Dans l'entonnoir du livre — de la découverte à la réflexion — cette partie occupe le deuxième anneau : celui du concret, du pré-départ, de la décision. Comme le préambule le souligne, la préparation n'est pas une bureaucratie à subir avant la vraie partie. C'est déjà grimper. La Partie 1 a ouvert l'envie et posé le cadre ; cette partie-ci entre dans l'espace entre l'envie et le départ — cet intervalle décisif où une cordée se construit, où une voie se choisit, où une journée se prépare avec suffisamment de soin pour avoir une chance de bien se passer.

Les cordées qui reviennent avec les bons souvenirs sont presque toujours celles qui ont bien préparé, pas parce qu'elles avaient éliminé tous les imprévus, mais parce qu'elles étaient dans le bon état d'esprit pour les accueillir. Une fois en Partie 3 — l'organisation en cordée —, c'est déjà trop tard pour combler les lacunes de la préparation.

Coup de cœur

La plupart des problèmes que je vois en grande voie naissent avant d'arriver au pied de la paroi. Une voie mal choisie par rapport au niveau réel de la cordée. Un matériel incomplet parce qu'on a lu la liste trop vite. Un départ trop tardif parce qu'on a sous-estimé l'approche. Ces erreurs-là ne sont pas rattrapables une fois en paroi — elles se gèrent en amont, ou pas du tout.

Ce que j'enseigne en premier, avant n'importe quel geste technique, c'est l'art de choisir sa voie. Pas celle dont on rêve. Celle qu'on peut faire aujourd'hui, dans les conditions du jour, avec la cordée qu'on a. C'est une compétence à part entière, qui demande de l'humilité et de l'expérience, et qu'on construit progressivement.

La chaîne de sécurité, c'est la même logique. On ne la vérifie pas parce que c'est obligatoire — on la vérifie parce que chaque maillon compte. Une fois en paroi, il n'y a plus de seconde chance sur ces questions-là.

Sonia Mercier
Sonia MercierGuide de haute montagne, 15 ans d'encadrement en grandes voies

Du choix à la chaîne

Choisir une voie, c'est la première décision de la journée. C'est aussi l'une des plus importantes — peut-être la plus importante, en tout cas la plus difficile à corriger une fois qu'on est engagé. Le chapitre 4 propose une méthode de lecture : comment évaluer une voie au-delà de sa cotation, comment croiser les informations du topo avec la réalité du niveau de la cordée, comment tenir compte des conditions, de la saison, de l'exposition. Une voie n'est pas un chiffre. C'est un ensemble de paramètres qui se lisent ensemble.

Le matériel vient ensuite, au chapitre 5 — non pas comme une liste à cocher mais comme une réflexion sur ce que chaque pièce fait dans le système. En grande voie, on ne prend pas ce qu'on a l'habitude de prendre. On prend ce dont on aura besoin, ni plus ni moins, en tenant compte du poids porté, de la durée de la journée, du type de terrain. Le chapitre 6 s'attaque à la préparation de la course elle-même : de la lecture du topo la veille au départ du parking le matin, en passant par l'organisation du sac et la vérification des points météo. Et le chapitre 7 ferme cette partie sur la chaîne de sécurité — cet enchaînement de vérifications qui transforme une liste d'équipements en système fonctionnel.

Préparer une grande voie, c'est construire la confiance avant le vide. Pas la confiance aveugle, pas l'arrogance — la confiance qui vient de savoir qu'on a fait ce qu'il fallait faire, et qu'on est prêt à gérer ce qu'on ne peut pas prévoir.

Les chapitres

Vue plongeante sur un grimpeur au pied d'une paroi, sac à ses côtés
Avant la première longueur — le moment où tout est encore possible, et où tout se joue.

Chapitre 4 — Par où commencer

Choisir sa voie. La phrase semble simple. En pratique, elle cache une compétence que les grimpeurs expérimentés ont mis des années à affiner, et que les débutants sous-estiment systématiquement. Ce n'est pas une question de courage ni de niveau technique brut — c'est une question de lecture.

Ch.4 — Choisir sa voie donne les outils de cette lecture : comment interpréter un topo, comment faire parler la cotation, comment peser les informations disponibles et prendre une décision qu'on sera encore capable de défendre en bas de la paroi, après une longue journée. Parce que la bonne voie, ce n'est pas la plus belle ni la plus difficile. C'est celle qui correspond à ce qu'on est ce jour-là.

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