Thème
Glossaire
Vocabulaire spécifique de la grande voie. Les termes sont classés par ordre alphabétique. Quand un terme renvoie à une fiche détaillée du livre, le renvoi est explicite (→ Ch.X).
Lecture
Ce glossaire ne remplace pas les chapitres : il sert de rappel rapide. Pour comprendre un terme en contexte (procédure, pièges, variantes), suivre le renvoi vers le chapitre correspondant.
A
L'Approche dans l'aube fraîche, l'Apostrophe au camarade au moment d'attaquer, l'Assurage qui ne se relâche jamais. Tout commence par A en grande voie — c'est par là qu'on entre, et c'est aussi ce qui se construit lentement, longueur après longueur.
À-vue. Grimper une voie au premier essai, sans chute ni repos sur un point, et sans information préalable autre que le topo — pas de regard sur les prises, pas de conseil ni d'indication. Notion d'escalade libre rare en grande voie où on apprend la voie en la parcourant.
Adhérence. Capacité du chausson à accrocher la roche sans prise franche. Sur dalle ou rocher poli, l'adhérence se gagne par la pression du pied et la confiance — pas par la force. → Ch.31 §31.2
Anneau de corde de rappel. Boucle de cordelette ou de sangle laissée en place pour relier les points d'ancrage d'un relais de rappel. Sa fiabilité doit toujours être inspectée avant usage : couleur, rigidité, état du nœud de jonction. → Ch.14, Ch.28
Approche. Trajet entre le parking et le pied de la voie. Souvent sous-estimée — peut représenter de 30 minutes à plusieurs heures de marche en montagne, parfois en terrain raide ou exposé. → Ch.6 §6.2
Artif (escalade artificielle). Progression en s'aidant des points d'assurage (spits, pitons, coinceurs), voire d'autres moyens (crochets) — en général avec un ou deux étriers. Pratique spécifique réservée aux voies très exigeantes — rarement nécessaire sur les itinéraires couverts par ce livre. → Ch.4 §4.3
Assurage. Action de tenir la corde du grimpeur pour enrayer une chute potentielle. Demande une attention continue, une posture stable et un appareil adapté (reverso, demi-cabestan, etc.). → Ch.7 §7.2, Ch.19 §19.4
Autoblocage. Propriété d'un appareil (reverso, grigri) ou d'un nœud (machard, valdôtain) à se bloquer automatiquement sous charge. Le blocage assiste l'assureur — il ne remplace ni sa vigilance ni sa main sur la corde. → Ch.19 §19.2
Autobloquant. Nœud (Machard, Prusik, Valdôtain) ou dispositif qui se bloque automatiquement sur la corde sous charge. Utilisé en sécurité de rappel, en mouflage, en remontée sur corde. → Ch.11 §11.4, Ch.20 §20.5
Auto-assurage (vache, longe). Système qui relie le grimpeur au relais — ou à un point, par exemple pour un repos — pour qu'il soit en sécurité tout en pouvant manipuler. Souvent une longe à double brin avec mousquetons à vis. → Ch.13
Avalement. Action de récupérer le mou de la corde — en continu quand on assure le second, ponctuellement quand le leader redescend replacer un point. Geste qui demande de l'anticipation et un assurage propre. → Ch.13 §13.4
B
Le Baudrier qu'on boucle deux fois par sécurité, le Brin qui suit le grimpeur dans le vide, la Broche scellée que d'autres ont posée avant nous. B comme base — ce qui porte tout le reste.
Baudrier. Harnais qui répartit la charge en cas de chute ou de suspension. Pièce centrale du matériel. Doit être bouclé correctement (double-passage de la sangle quand requis). → Ch.5 §5.5
Bivouac. Passer la nuit en paroi, en général sur une vire ou suspendu en portaledge. Pratique avancée des grandes voies engagées — pas l'objet de ce livre, mais évoqué dans le dernier chapitre. → Ch.35 §35.3
Bloqueur. Dispositif mécanique (Tibloc, Jumar, Micro Traxion) qui mord la corde dans un sens unique. Utilisé pour la remontée sur corde, le mouflage, certaines configurations d'assurage avancé. → Ch.21 §21.3
Brin. Une corde unique. En grande voie, on grimpe souvent sur deux brins (double ou jumelée) — on distingue alors chacun des deux brins par sa couleur.
Broche. Point d'ancrage scellé dans le rocher (cf. plaquette pour les points boulonnés). Très solide quand bien posée, à inspecter visuellement avant usage critique. → Ch.28
C
La Cordée comme système vivant, la Chaîne de sécurité qui ne vaut que par son maillon le plus faible, le Cabestan qu'on apprend à nouer d'une main au relais. C concentre presque tout — les gestes, les rôles, la confiance.
Cabestan. Nœud auto-bloquant à mémoire de longueur — permet de fixer une corde à un mousqueton tout en permettant un réglage rapide. Utilisé pour la longe au relais. → Ch.11 §11.4
Calcaire. Roche sédimentaire dominante sur la majorité des grandes voies françaises (Verdon, Provence, préalpes). Offre des prises variées (gouttes d'eau, bacs, réglettes) et une adhérence honorable. → Ch.31 §31.2
Chaîne de sécurité. Ensemble solidaire des éléments qui protègent la cordée : grimpeur, baudrier, encordement, corde, dégaines, points, relais, assureur. La sécurité dépend du maillon le plus faible. → Ch.7 §7.5
Cheminée. Fissure verticale assez large pour qu'on puisse y entrer corps entier. Se grimpe en ramonage — opposition dos-pieds ou dos-genoux, mains en appui. Configuration moins courante en grande voie sportive.
Clippage. Action de placer la corde dans une dégaine. Geste répété de longueur en longueur, dont la qualité influence la sécurité (pas de retour de corde, sens de clippage correct). → Ch.12 §12.5
Coinceur. Dispositif (mécanique ou passif) que l'on place dans une fissure pour créer un point d'assurage temporaire. Utilisé en terrain non équipé ou pour compléter l'équipement. → Ch.5 §5.5
Connecteur. Terme générique pour tout élément qui en relie d'autres : mousqueton, maillon rapide, sangle, dégaine. La fiabilité de la chaîne de sécurité dépend de la qualité des connecteurs. → Ch.3 §3.3
Corde à simple. Corde unique d'environ 9 à 10 mm (voire moins pour les modèles récents) utilisée seule pour assurer. Plus courante en couenne et en grande voie sportive courte. À distinguer de la corde à double (deux brins fins). → Ch.35 §35.1
Cordée. Équipe formée par deux ou trois grimpeurs reliés par la corde. Pas un agrégat d'individus — un système où les rôles, la communication et la décision sont partagés. → Ch.8 §8.5
Corde à double. Pratique avec deux brins fins, alternativement clippés dans les points pour limiter les frottements (le tirage). Standard en grande voie alpine. → Ch.5 §5.2
Cordelette. Brin de corde fine (5,5 à 7 mm) utilisé pour confectionner des autobloquants, des triangulations de relais, des longes d'urgence. Pas pour assurer. En Dyneema, fragile à la coupure et sensible à la chaleur. → Ch.11 §11.8
Cotation. Indice de difficulté. Pour une longueur : système numérique français (3, 4, 5, 6a, 6b…). Pour une grande voie s'ajoutent des cotations d'ensemble (difficulté globale, engagement, équipement). Toujours relative — la cotation d'une grande voie n'est pas comparable à celle d'une couenne du même grade. → Ch.4 §4.5
Couenne. Voie courte d'une seule longueur, généralement équipée et redescendue en moulinette. Par opposition à la grande voie.
Crochet (sky-hook, fifi). Le sky-hook est un petit crochet métallique posé sur une prise ou une fissure, utilisé en artif ou en situation d'urgence. Le fifi, lui, se place dans un mousqueton, une plaquette ou un piton pour progresser en artif. Rarement employés en grande voie sportive.
D
La Dégaine qu'on clippe sans réfléchir, le Demi-cabestan qui sauve quand le reverso est resté au sol, le Descendeur qu'on installe lentement avant chaque rappel. D comme discipline — le même geste, mille fois.
Dalle. Section de paroi peu ou pas inclinée — on grimpe par adhérence sur de petites prises ou en pose franche. Demande de la confiance dans le pied plus que de la force.
Dégaine. Deux mousquetons reliés par une sangle courte. Permet d'attacher la corde à un point d'ancrage. → Ch.5 §5.3
Demi-cabestan. Nœud d'assurage dynamique réalisable avec un simple mousqueton à vis. Solution de secours quand le reverso est perdu ou inutilisable. → Ch.11 §11.4, Ch.19 §19.2
Descendeur (reverso, plaquette). Appareil qui freine la descente du grimpeur sur la corde, en rappel comme à l'assurage. Le reverso permet aussi le mode autobloquant pour assurer le second. → Ch.5 §5.6, Ch.19 §19.2
Dévers. Section de paroi inclinée vers l'arrière — le grimpeur est en sous-aplomb. L'escalade y est athlétique ; en cas de chute, le grimpeur peut ne plus toucher le rocher. → Ch.18 §18.3
Déversoir. Méthode de rangement de la corde au relais où l'on dépose la corde en boucles décroissantes derrière le relais — la corde sort sans s'emmêler quand le grimpeur démarre la longueur suivante. → Ch.18 §18.3
Dièdre. Angle rentrant formé par deux pans de rocher. Se grimpe souvent en opposition (pieds-mains contre les deux faces). Configuration fréquente en granite. → Ch.30 §30.2
Dynaloop. Anneau de sangle cousue pré-formé (souvent Petzl) utilisé pour la triangulation de relais. Robuste, lisible, rapide à mettre en œuvre. → Ch.17 §17.3
Dyneema. Fibre synthétique ultra-résistante et fine, utilisée pour les sangles et certaines cordelettes. Très solide en traction, fragile à la coupure et sensible à la chaleur (friction). → Ch.5 §5.4
E
L'Encordement qu'on vérifie deux fois, l'Engagement qu'on évalue avant d'attaquer. E rappelle qu'en grande voie, on ne se relit pas — on se prépare.
Encordement. Action de fixer la corde au baudrier. Standard en grande voie : nœud de huit avec nœud d'arrêt. → Ch.11 §11.6
Engagement. Notation indiquant la difficulté à se sortir d'une voie en cas de problème (matérialisée par un E1 à E6 dans certaines cotations). Plus l'engagement est élevé, plus la marge nécessaire est importante.
[E] (Expérimenté · Encadrant). Marqueur utilisé dans le livre pour signaler les sections d'approfondissement destinées au leader expérimenté ou à l'encadrant — ne se substitue pas au tronc commun.
Équipeur. Personne qui place les points fixes (broches, plaquettes) d'une voie, souvent bénévolement — en général depuis le haut. Voir aussi Ouvreur. Ce travail invisible conditionne la sécurité de toutes les cordées qui passeront ensuite. → Ch.35 §35.4
F
Le Facteur humain qui pèse plus que le matériel, la Fissure dans laquelle on glisse les doigts, le Frein d'assurage qui doit toujours rester sous tension. F dit ce qui retient — la corde et la lucidité.
Facteur humain. Ensemble des dimensions non-techniques qui influencent la sécurité : fatigue, peur, routine, surconfiance, biais d'engagement, communication dégradée. Cause d'environ la moitié des accidents en grande voie. → Ch.27 §27.5
Fenêtre météo. Plage horaire où les conditions permettent d'attaquer une voie en sécurité. Se définit à partir de la durée estimée de la course + une marge pour les imprévus. → Ch.32 §32.7
Fissure. Fente dans le rocher pouvant servir de prise pour les mains et les pieds, ou de logement pour un coinceur.
Flow. État mental de connexion totale à la grimpe — gestes fluides, lecture instantanée, perte du temps. Ne se commande pas, mais le matériel maîtrisé et la marge bien calibrée le rendent possible. → Ch.1 §1.6
Frein (frein d'assurage). Système qui ralentit la corde — soit l'appareil lui-même (reverso, grigri), soit un nœud (demi-cabestan).
Friction. Frottement de la corde sur le rocher, les points, le matériel. Génère du tirage en progression — à gérer par le choix du clippage (corde à double, dégaines longues, lecture du tracé). C'est aussi elle qui permet de tenir en adhérence sur le rocher. → Ch.11 §11.4
Friend. Coinceur mécanique à cames opposées qu'on place dans une fissure pour créer un point d'assurage temporaire. Utilisé en terrain d'aventure ou pour compléter l'équipement insuffisant. → Ch.25 §25.6
G
La Grande voie, c'est le terrain. Le Grigri qui assure en bas mais qu'on laisse rarement monter. G ouvre le livre et l'espace — ce qu'on est venu chercher.
Gneiss. Roche métamorphique proche du granite pour le grimpeur — grain grossier, prises souvent franches mais parfois mobiles. Présent dans certains massifs alpins. → Ch.31 §31.2
Goujon. Type de scellement d'ancrage par cheville expansive — plus moderne que le spit, plus solide. La plaquette est vissée dessus. → Ch.31 §31.3
Grande voie. Itinéraire d'escalade comportant plusieurs longueurs successives. Implique relais, gestion de cordée, descente organisée, autonomie de la cordée.
Granite. Roche dure à grain grossier — prises franches, adhérence excellente sur dalle, fissures qui acceptent les coinceurs. Mecque mondiale du trad. → Ch.31 §31.2
Grès. Roche sédimentaire tendre au grain fin, fragile après la pluie — prises rondes, friction particulière. En grande voie : Annot, Cap Canaille, et les tours d'Adršpach en Bohème. → Ch.31 §31.2
Grigri. Appareil d'assurage à freinage assisté. Utilisé en couenne, et en grande voie surtout pour assurer le leader quand on grimpe sur corde à simple. Demande une formation spécifique pour usage sécurisé.
Grimpe en flèche. Technique de grimpe en cordée de trois : le leader grimpe devant sur deux brins, et assure les deux seconds qui suivent — chacun encordé sur son brin. → Ch.8 §8.5, Ch.34 §34.3
H
Le Huit comme nœud canonique, comme chiffre récurrent — huit étapes d'une manip, huit longueurs d'une voie ordinaire. H, c'est le seul nœud que tout grimpeur connaît avant même de savoir nouer.
HMS (mousqueton). Mousqueton à grande ouverture en forme de poire, dédié à l'assurage et au demi-cabestan. Symétrique, à vis. La forme garantit la rotation correcte du nœud sans pincement. → Ch.13 §13.3
Horaire-butoir. Heure limite au-delà de laquelle on doit déclencher la descente — pour rentrer avant la nuit, avant l'orage, avant la fermeture du refuge. À fixer avant d'attaquer, à respecter sans négocier. → Ch.32 §32.7
Huit (nœud de). Nœud d'encordement standard. Doit toujours être complété par un nœud d'arrêt. Vérification croisée systématique entre les membres de la cordée (test du « partenaire-check »). → Ch.11 §11.4
I
L'Itinéraire qu'on choisit avant d'attaquer, qu'on ajuste en cours, qu'on accepte parfois de modifier. I, c'est la trace qu'on suit — celle du topo, mais aussi celle qu'on construit longueur après longueur.
Itinéraire. Tracé d'une voie dans la paroi. → Ch.30 §30.2
J
Le Jumar qui mord la corde quand il faut remonter. J est court mais utile — un mot, un outil, une issue.
Jumar. Bloqueur mécanique permettant de remonter sur corde fixe — plus pratique à utiliser qu'un nœud autobloquant. → Ch.20
K
Le Kevlar des cordelettes qui résiste à la coupure et à la chaleur. K est rare dans le métier — un seul mot pour une seule fibre, mais une fibre qui change tout sur certains détails du matériel.
Kevlar. Fibre synthétique très résistante à la coupure et à la chaleur — utilisée pour certaines cordelettes et longes. Plus rigide que le Dyneema. → Ch.5 §5.4
L
Le Leader qui ouvre, la Longueur qui sépare deux relais, la Longe qui retient au vide quand on se déplace. L dit le mouvement et l'attache — les deux à la fois.
Leader. Grimpeur qui monte en premier de cordée — il clippe ou pose les points et prend les décisions tactiques. Voir aussi Second. → Ch.8 §8.4, Ch.26 §26.5
Longe. Sangle ou corde courte attachée au baudrier, terminée par un mousqueton, qui sert à se vacher au relais. Souvent en double pour passer d'un point à l'autre sans se déconnecter. → Ch.5 §5.5
Longueur. Section de voie comprise entre deux relais. Sa longueur dépend de la disposition des relais — c'est la corde qui doit y être adaptée (une traversée consomme plus de corde que sa hauteur).
M
Le Machard qui bloque la corde sous charge, la Manip qu'on a répétée au sol, la Marge qu'on garde toujours en réserve, le Mouflage quand le second n'avance plus. M rassemble les manœuvres — celles qu'on espère ne jamais faire en condition.
Machard. Nœud autobloquant simple, utilisé en sécurité de rappel et en mouflage. Doit être adapté en diamètre à la corde sur laquelle il est utilisé. → Ch.11 §11.4
Magnésie. Carbonate de magnésium en poudre utilisé pour absorber la transpiration des mains et améliorer la friction. À utiliser avec parcimonie en falaise (impact visuel sur le rocher). → Ch.1 §1.3
Maillon rapide. Anneau métallique fermé par une vis (sans gâchette), très solide, souvent posé à demeure sur les relais pour la descente en rappel (ou la moulinette en couenne). À ne pas confondre avec le mousqueton à vis classique.
Manip (manipulation). Geste technique précis : faire un nœud, installer un relais, débuter un mouflage, etc. Le livre rassemble toutes les manips dans la page Manips & nœuds.
Marge. Réserve disponible avant que la situation ne devienne critique. Marge technique (savoir-faire), physique (forme), mentale (lucidité), météo (heures avant dégradation), horaire (heures avant nuit). Principe central du livre. → Ch.27 §27.2
Marinier (mouflage). Technique de mouflage simple ou double qui démultiplie l'effort pour tirer un second bloqué — 3:1 en Marinier simple, 5:1 en double. → Ch.22 §22.4
Micro Traxion. Poulie autobloquante Petzl conçue pour la remontée sur corde, le mouflage et le hissage. Son usage comme assureur du second en mode autobloquant est techniquement possible en dépannage, mais ce n'est pas sa fonction première — la notice Petzl est explicite là-dessus. À ne pas substituer à un Reverso® en usage courant. → Ch.21 §21.3
Mou. Longueur de corde lâche entre l'assureur et le grimpeur. Trop de mou → chute longue. Trop peu → grimpeur tiré en arrière. La gestion du mou est l'art quotidien de l'assureur.
Moulinette. Mode de descente en couenne où le grimpeur reste assuré depuis le bas, la corde passant dans le relais au sommet.
Mouflage. Système de poulies qui démultiplie la force pour aider un grimpeur en difficulté ou hisser un matériel. → Ch.21 §21.5
Mousqueton. Anneau métallique avec gâchette qui sert à connecter les éléments de la chaîne de sécurité. Existe avec gâchette droite, courbe, ou à vis (verrouillable). → Ch.5 §5.3
Mule (nœud de). Nœud de blocage temporaire qui permet de transformer un système d'assurage actif en un système bloqué (par exemple pour libérer ses mains). Toujours complété d'un nœud d'arrêt. → Ch.11 §11.5
N
Le Nœud d'arrêt au bout du brin, le Nœud de jonction sur les deux cordes du rappel. N, c'est le nœud — l'objet le plus simple et le plus engageant du métier.
Nœud d'arrêt. Petit nœud placé en bout d'un brin pour éviter de dépasser le bout de la corde en rappel (risque de chute mortelle) — à faire systématiquement avant tout rappel. Complète aussi les nœuds d'encordement et de jonction. → Ch.11 §11.4, Ch.14 §14.4
Nœud de cœur. Nœud d'assurage autobloquant monté sur deux mousquetons — peut remplacer un reverso en mode autobloquant pour assurer le second. Manip avancée. → Ch.19 §19.3
Nœud de jonction. Nœud reliant les deux brins de rappel. Standard recommandé : nœud simple, complété d'un demi-pêcheur double aux extrémités libres. → Ch.11 §11.7, Ch.14 §14.4
Nœud de pêcheur (double). Nœud servant à fermer une cordelette en anneau et à confectionner les nœuds d'arrêt (demi-pêcheur double). Pour relier les brins de rappel, le livre recommande le nœud simple. Très fiable, mais se desserre difficilement après charge. → Ch.11 §11.4
O
L'Orage qu'on guette dès l'aube, l'Ouvreur qui a tracé la voie qu'on parcourt. O, c'est ce qui nous précède — la météo qu'on ne contrôle pas, et les acteurs invisibles qui ont rendu la voie possible.
Orage. Risque météo majeur en grande voie — foudre, pluie violente, grêle, chute des températures. La règle : descendre AVANT l'arrivée, pas pendant. → Ch.32 §32.5
Ouvreur. Personne qui a gravi une voie pour la première fois, et qui l'a équipée — depuis le bas. Le nom de l'ouvreur et la date d'ouverture figurent généralement sur le topo. → Ch.30 §30.3
P
Le Partenaire-check avant d'attaquer, la Plaquette dorée scellée dans le calcaire, le Point qu'on clippe ou qu'on construit, le Prusik quand tout se complique. P comme préparation et précaution — les deux faces du métier.
Partenaire-check (test partenaire). Vérification croisée par le partenaire avant départ : nœud d'encordement, fermeture du baudrier, mousqueton à vis du système d'assurage. Geste obligatoire à chaque longueur.
Pédale. Sangle ou cordelette nouée formant un anneau pour le pied — utilisée en remontée sur corde, en mouflage, ou pour s'aider à franchir un pas difficile juste au-dessus d'un point. → Ch.21 §21.3
Pied de voie. Zone au bas de la voie, là où la cordée se prépare avant de partir.
Piton. Tige métallique à œillet de mousquetonnage, enfoncée au marteau dans une fissure du rocher. Souvent ancien — sa fiabilité doit être testée (son métallique aigu = bon état ; son mat ou jeu = méfiance). → Ch.28
Placement (d'un coinceur). Action de poser un coinceur (mécanique ou passif) dans une fissure pour créer un point d'assurage. Demande lecture du rocher, choix de la taille, vérification mécanique. → Ch.5 §5.5
Plan B. Itinéraire de secours préparé avant d'attaquer — où aller si la voie ne passe pas, si la météo tourne, si une cordée est plus lente que prévu. À définir au sol, pas en paroi. → Ch.32 §32.8
Plaquette. Pièce métallique à œillet de mousquetonnage, vissée sur un goujon ou une cheville expansive. Standard moderne d'équipement. → Ch.28 §28.4
Point (d'assurage). Élément d'ancrage dans le rocher (broche, plaquette, piton, coinceur). Sert à protéger le grimpeur d'une chute potentielle.
Prise. Aspérité ou creux du rocher qui permet de tenir ou poser le pied. Classée par taille (du bac au gratton), par forme (réglette, trou, aplat, colonnette, cannelure) et par usage (de main ou de pied, en pince, en arquée, en inversée). → Ch.31 §31.2
Prusik. Nœud autobloquant à plusieurs tours, voisin du Machard. Utilisé en sécurité de rappel et en mouflage. → Ch.11
R
Le Relais qui tient tout, le Rappel qu'on installe lentement, la Réchappe qu'on accepte sans honte, le Reverso qui assure et descend selon le sens. R concentre les gestes critiques — ceux dont on ne se relit pas.
Rappel. Descente sur corde fixe à l'aide d'un descendeur. Statistiquement le moment le plus accidentogène d'une sortie. Demande une procédure rigoureuse. → Ch.14 §14.5
Réchappe. Décision et procédure de redescente avant le sommet, quand la voie ne peut plus être grimpée (météo, fatigue, blessure, passage trop dur). Pas un échec — une compétence à part entière. → Ch.15 §15.3
Refuge. Hébergement de montagne accessible à pied. Pertinent pour certaines grandes voies alpines longues où l'approche se fait sur deux jours. À réserver, à respecter (horaires, gardien). → Ch.4 §4.2
Relais. Système d'ancrage construit sur deux ou trois points permettant à la cordée de se regrouper, de manipuler et de partir pour la longueur suivante. → Ch.13 §13.7, Ch.16 §16.2, Ch.17 §17.2, Ch.18 §18.3
Reverso®. Marque Petzl désignant un appareil d'assurage à frein simple. Permet l'assurage en mode classique (depuis le bas) et en mode autobloquant (au relais, pour le second). Appareils du même type : ATC Guide (Black Diamond), Grigri (Petzl, avec frein assisté). Le plus courant en grande voie. → Ch.5 §5.4, Ch.19 §19.4
Rocher. Substrat sur lequel on grimpe. Sa nature (calcaire, granite, gneiss, grès, conglomérat), son état (sain, délité, mouillé) et ses prises conditionnent la difficulté autant que la cotation officielle. → Ch.31 §31.2
S
La Sangle qui ceinture le bloc, le Second qui assure depuis le relais, le Storyboard qu'on a relu la veille. S, c'est ce qui soutient — discrètement, du début à la fin.
Sangle. Bande de tissu cousue formant une boucle. Sert à équilibrer un relais, à allonger une dégaine, à se vacher en secours, ou formée en pédale en remontée sur corde. → Ch.5 §5.5
Sec. Mode d'assurage tendu — peu ou pas de mou, le grimpeur ne peut pas progresser librement. Utilisé en travail de voie ou pour aider un second dans le pas. À distinguer du sec d'urgence (« sec ! ») qui bloque la corde immédiatement.
Second. Grimpeur qui remonte la longueur après le leader, en déséquipant les dégaines et coinceurs. Rôle complémentaire — pas subalterne. → Ch.8 §8.4, Ch.24 §24.3
Sommet. Point haut d'une voie. Souvent confondu avec la « sortie », mais une voie peut sortir sans atteindre le sommet géographique. → Ch.36 §36.1
Sortie de secours. Option de repli identifiée dans le topo ou repérée depuis le bas : rappel équipé, traversée vers une voie voisine plus simple, sentier de descente. À cartographier avant le départ. → Ch.6, Ch.28
Spit. Ancien type de point d'ancrage (cheville auto-foreuse plantée dans le rocher compact) — moins fiable que le goujon moderne. Peut être rouillé ou usé selon l'âge, l'exposition et la nature de la roche. À identifier visuellement avant de s'en servir comme point principal. → Ch.31 §31.3
Stopper. Coinceur passif — pièce métallique conique qu'on coince dans un rétrécissement de fissure. Plus simple qu'un Friend mais moins polyvalent. → Ch.25 §25.2
Storyboard. Présentation pas-à-pas en images d'une manipulation. Format pédagogique récurrent du livre. Présent pour la plupart des relais, rappels et mouflages.
Surplomb. Section de paroi nettement déversante — l'angle dépasse la verticale. Demande de la force et un placement précis. La chute en surplomb laisse pendre le grimpeur dans le vide. → Ch.18 §18.3
T
Le Topo qu'on relit au pied de la voie, le Tirage qu'on essaie de minimiser, le Terrain qu'on apprend à lire au fil des courses. T, c'est l'attention au réel — celui qu'on a sous les yeux, pas celui qu'on imagine.
TECAP. Grille d'évaluation continue d'une cordée : Technique, Énergie, Conditions, Ambiance, Progrès. À se reposer à chaque relais. → Ch.10 §10.3
Terrain. Le rocher, la météo, l'équipement en place, la cordée du jour — tout ce qui n'est pas dans le topo. La lecture du terrain est la compétence qui distingue le grimpeur qui sait faire du grimpeur qui sait quand faire quoi. → Ch.28 §28.7
Terrain d'aventure (TA). Voie peu ou pas équipée — la cordée pose ses propres protections (coinceurs, friends) et construit ses relais. Engagement et savoir-faire spécifiques. → Ch.31 §31.4
Tibloc. Petit bloqueur léger Petzl, utilisé en secours (remontée sur corde, mouflage, autobloquant). Demande de la cordelette ou une dégaine pour l'utiliser correctement. → Ch.21 §21.3
Tirage. Frottement de la corde dans les points, qui rend la progression plus dure pour le leader. Limité par un cheminement sans zigzag, l'usage de dégaines longues, ou la corde à double. → Ch.12 §12.2
Toit. Surplomb très marqué (proche de 90°) qu'il faut franchir en force et en finesse. Configuration impressionnante — la corde du leader pend sous le toit ; le second tire dans le vide si aucune dégaine n'est placée dans le toit.
Topo. Document descriptif de la voie : tracé, cotation, longueur, équipement, descente. Donne une hypothèse — le terrain donne la réalité.
Tronc commun. Sections sans marqueur dans le livre — le socle indispensable pour tout grimpeur abordant les grandes voies.
V
La Voie qu'on a choisie, la Vache qui tient au relais, le Valdôtain qu'on apprend pour les cas où le Machard ne suffit plus. V pour la verticalité — celle qu'on choisit, et celle qu'on accepte.
Vache. Synonyme courant de longe d'auto-assurage au relais. « Se vacher » = se relier au relais.
Valdôtain. Nœud autobloquant à plusieurs tours croisés, plus mordant qu'un Machard, utilisé en remontée sur corde et en sécurité de rappel. → Ch.11 §11.7
Variante. Tracé alternatif d'une voie — souvent un passage plus dur ou plus facile annoncé dans le topo. Choix à faire avant d'attaquer la longueur, pas en cours.
Vire. Plateforme horizontale dans la paroi — assez large pour s'asseoir ou marcher. Souvent un point de regroupement, parfois un endroit où installer un relais confortable. → Ch.14 §14.4
Voie. Itinéraire d'escalade, identifié par son nom (et son site). Sa cotation, sa longueur et son équipement la caractérisent. Décrit dans le topo.
Vol (chute en tête). Chute du leader. La chute fait deux fois la distance au-dessus du dernier point, plus l'élongation de la corde. → Ch.12 §12.3
Acronymes & sigles
CAF. Club Alpin Français — fédération qui organise stages, sorties et formations.
ENSA. École Nationale de Ski et d'Alpinisme — institution française de référence pour la formation des cadres montagne.
FFCAM. Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne — fédération de référence pour la pratique en club et la formation bénévole (initiateur, moniteur grandes voies).
FFME. Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade — fédération de référence pour l'escalade sportive, la compétition et la gestion des falaises.
Pour le détail des ressources publiées par ces organismes, leurs sites de référence et les autres acteurs du milieu (équipeurs, associations, fabricants, topos), voir la page Bibliographie & ressources.
