Thème
Chapitre 21 — Remontées sur corde
→ Partie 6 — Gérer les situations : anticiper et réagir quand le script s'arrête.
La grande voie va vers le haut. Mais certaines situations imposent de remonter sur une corde — rappel trop long, second bloqué, relais manqué. La remontée n'est pas une manœuvre courante, mais c'est une manœuvre qu'on doit connaître avant d'en avoir besoin. Ce chapitre pose les techniques, les priorités et les conditions d'application.
21.1 Quand le sens s'inverse
La grande voie, par nature, va vers le haut. Mais il arrive que l'on doive remonter sur une corde — après un rappel trop long, pour porter secours à un compagnon bloqué, pour regagner un relais manqué. Ce sont des situations qu'on espère ne jamais rencontrer, mais qu'on doit savoir gérer. La remontée sur corde est une manœuvre physiquement exigeante et techniquement précise. Elle repose sur un principe simple : deux points d'appui alternés sur la corde, l'un au niveau du buste (autobloquant ou reverso), l'autre au niveau du pied (pédale), que l'on fait progresser tour à tour vers le haut.
Les techniques décrites ici supposent un entraînement préalable au sol ou en salle. Les tenter pour la première fois en situation réelle, à 200 mètres du sol, fatigué et stressé, est le meilleur moyen de transformer un problème gérable en catastrophe.
⚡ ALERTE — Continuité de sécurité obligatoire
À aucun moment on ne doit se retrouver sans au moins un point autobloquant fonctionnel sur la corde. Si l'autobloquant glisse ou si le reverso est mal orienté, c'est la chute. Si la pédale se décroche, la progression est bloquée mais la sécurité est maintenue — reprendre le réglage avant de continuer.
Avant de remonter : stabiliser, comprendre, choisir.
La remontée sur corde est rarement la première réponse à un problème. Avant de l'engager, on stabilise la situation et on vérifie que c'est bien la bonne option. Est-on trop bas sur un rappel ? Le relais est-il visible ? La corde est-elle libre ? Le grimpeur est-il fatigué mais lucide ? Peut-on plutôt descendre ? Peut-on communiquer avec le partenaire ?
| Situation | Option prioritaire | Remontée pertinente ? |
|---|---|---|
| Relais manqué de quelques mètres en rappel | Remonter sur corde | Oui, si corde saine et système maîtrisé |
| Second bloqué en montée | Aide depuis le haut, mouflage, consignes | Pas forcément |
| Descendeur perdu | Improviser rappel ou attendre aide | Seulement si nécessaire |
| Corde coincée au-dessus | Analyser avant de charger | Oui, mais avec forte prudence |
| Personne blessée ou inconsciente | Appel secours / stabilisation | Non sauf contrainte vitale |
| Rappel coincé (brin bloqué) | Remonter sur corde sur le brin libre | Oui, si corde saine |
| Chute en traversée (pendule) | Remonter sur corde ou se tirer vers la paroi | Oui — attention au pendule |
| Chute au-dessus d'un toit ou en dévers | Remonter en plein vide | Oui — voir §21.4 |
⚡ ALERTE — Remonter n'est pas tirer plus fort
Une remontée sur corde est une progression sur système. Si la corde est abîmée, mal installée, coincée, ou si l'autobloquant n'est pas fiable, l'effort physique ne compensera pas l'absence de sécurité.
FACTEUR HUMAIN
La remontée sur corde déclenche vite une fatigue brutale. Quand les jambes brûlent et que les bras se crispent, les gestes deviennent moins précis. Prévoir des pauses, rester vaché court quand c'est possible, et ne jamais déplacer simultanément les deux points de sécurité.
21.2 Avant et pendant — principes généraux
Quel que soit le système utilisé, la remontée sur corde repose sur trois éléments : un dispositif autobloquant supérieur relié au buste (pontet du baudrier ou longe), un dispositif autobloquant inférieur relié au pied (pédale en sangle), et un mouvement alterné de chenille — on monte le dispositif supérieur, on charge dessus, on remonte le dispositif inférieur, on pousse sur la pédale pour gagner de la hauteur, et on recommence.
Les recommandations générales sont les suivantes. On travaille toujours sur un seul brin de corde si possible, pour réduire les frottements. Exception : en remontée sur rappel, les deux brins sont disponibles — remonter sur les deux offre une redondance de sécurité. Les autobloquants doivent être adaptés au diamètre de la corde — un autobloquant trop lâche glissera sous charge. La pédale doit être réglée pour que le pied arrive à peu près à la hauteur du genou quand le dispositif inférieur est en butée — trop long et on perd de l'amplitude, trop court et on n'a pas assez de course. On garde toujours un nœud d'arrêt en bout de corde.
21.3 Procédures de base — reverso et machards
Contexte : C'est la méthode de référence quand on dispose de tout son matériel. On l'utilise pour remonter sur un rappel (pour aller débloquer quelqu'un ou regagner un relais).
Matériel : Un reverso avec son mousqueton à vis, un ficelou (cordelette autobloquante), un ou deux mousquetons à vis, une sangle de 120 centimètres pour la pédale.
Principe. Reverso au pontet en mode autobloquant ; autobloquant au-dessus avec pédale ; on alterne « pousser sur la pédale » et « ravaler la corde au reverso ». La fiche visuelle et le storyboard photo ci-dessous donnent la séquence pas à pas.
⚡ Vérifier le sens — schéma mental
Le réflexe en couenne est de passer la corde dans le reverso de façon à descendre. En remontée, c'est l'inverse : on remet le reverso en position « assurer un second » mais on l'oriente dans l'axe vertical de la corde du dessous. En pratique, cela revient souvent à faire un demi-tour du reverso par rapport à la position de descente classique. Avant tout transfert de poids, on tire d'abord à blanc sur la corde pour vérifier qu'elle bloque dans le sens attendu. Si elle coulisse librement dans les deux sens, le sens est faux — il faut tout reprendre.
Astuce. Un point de renvoi de la corde sortant du reverso sur le mousqueton haut (celui de l'autobloquant) facilite considérablement la remontée en réduisant l'effort de ravalage.
Points critiques : Vérifier le sens du reverso et de la corde avant de commencer — une erreur de sens et le reverso ne bloque plus. Mettre un mousqueton à vis sur le ficelou pour pouvoir plus facilement déplacer l'autobloquant. Ne jamais lâcher les deux points simultanément.
Remontée sur rappel avec deux machards.
Contexte : On ne dispose pas de reverso, ou on préfère un système purement mécanique avec deux autobloquants. Cette méthode est souvent plus fluide que la précédente sur corde non tendue, car la pédale en bas aide à tendre la corde.
Matériel : Deux cordelettes pour autobloquants (machard), une longe réglable, une sangle pour la pédale, des mousquetons à vis.
Procédure :
On installe un premier nœud autobloquant (machard) en position haute, relié à une longe réglable ajustée au plus court. C'est le point de vachage principal. On installe un second machard en position basse, relié au pontet du baudrier par une longe courte, avec une pédale en sangle pour le pied.
Le mouvement exploite la mise en tension alternée de la corde. On pousse sur la pédale (machard inférieur), ce qui tend la corde et permet de faire coulisser facilement le machard supérieur vers le haut. Puis on charge le machard supérieur via la longe réglable, ce qui tend à son tour la corde et permet de faire coulisser le machard inférieur. Ce balancement alterné crée un rythme efficace une fois qu'on l'a intégré.
Points critiques : Les autobloquants coulissent mieux sur corde tendue — d'où l'importance de la pédale en bas qui permet de mettre le poids sur le machard inférieur. La longe réglable doit être réglée au plus court pour maximiser l'amplitude de progression à chaque cycle.
Variante ⊕ — Poulies autobloquantes. Si la cordée dispose de poulies autobloquantes (Micro Traxion, Tibloc…), elles remplacent avantageusement Machard et/ou Reverso — la progression est significativement plus fluide et les autobloquants coulissent bien mieux sur corde tendue ou détendue.
Pourquoi la pédale en bas — le mécanisme. Le réflexe naturel serait de placer la pédale en haut (sur le machard supérieur) pour pousser et gagner de la hauteur. C'est l'inverse qui fonctionne en remontée à deux machards, et la raison est mécanique : les deux autobloquants coulissent significativement mieux sur une corde tendue. En plaçant la pédale en bas sur le machard inférieur, on transfère son propre poids sur ce machard quand on monte sur la pédale — la corde se tend instantanément sous ce poids, et le machard supérieur, déchargé pendant ce temps, devient libre de coulisser vers le haut. Une main suffit à le faire monter en glissant les spires. À l'inverse, quand on reprend appui sur la longe réglable du machard supérieur, on tend la corde au-dessus et c'est le machard inférieur qui devient libre de coulisser. Ce balancement de tension est la clé du système — pas la force des bras.
Principe
- Remonter sur un rappel, pour aller débloquer quelqu’un ou accéder au relais
- Monter avec un ficelou sur la longe réglable
- Un reverso en autobloquant directement sur le pontet
- Et une pédale sur le point haut
Photo

Points d'attention
- Mettre un mousqueton à vis sur le ficelou pour pouvoir plus facilement déplacer la longe
- Attention au sens reverso et de la corde dedans
- Bonus, point de renvoi de la corde sortant du reverso sur mousqueton haut pour faciliter la remontée
Matériel
- Un ficelou
- 1 ou 2 mousqueton à vis pour la partie haute
- un reverso avec son mousqueton à vis
- Une sangle de 120 cm
🧩 Storyboard — Remonter sur corde rappel (5 étapes)






POUR LES GRIMPEURS QUI DÉCOUVRENT LES GRANDES VOIES
La section §21.5 s'adresse aux leaders expérimentés — elle couvre les variantes avancées de remontée sur corde. On peut passer directement à §21.6 ou au chapitre 31 — Connaître le milieu.
21.4 Remontée en plein vide
La remontée standard suppose un appui sur la paroi pour pousser et se stabiliser. Mais après une chute de leader en dévers, un pendule au-dessus d'un toit, ou un second emporté par une traversée, on se retrouve en plein vide — sans contact mural, suspendu au bout de la corde. C'est une configuration bien plus exigeante, physiquement et mentalement.
Initiation sans appui. Sans paroi, la corde ne se tend pas naturellement sous les pieds. La méthode pour démarrer : replier les genoux vers la poitrine pour rapprocher l'autobloquant bas du buste, puis déployer les jambes vers le bas d'un seul mouvement ferme. Ce « coup de reins » initial crée la tension nécessaire pour faire coulisser l'autobloquant supérieur. Il est épuisant — le faire une fois, franchement, puis stabiliser avant de reprendre le cycle.
Gestion du pendule. Sans paroi, chaque mouvement déclenche une oscillation. Pour la limiter : coller la corde contre soi, bras proches du corps, mouvements lents et symétriques. Un pendule incontrôlé risque de projeter contre la paroi — le gérer dès les premiers mouvements, avant qu'il s'amplifie.
Économie d'effort. En plein vide, l'effort est deux à trois fois supérieur à une remontée en appui. Le rythme de pause est essentiel : 3–4 cycles, puis 30 secondes de récupération en longeant court sur la corde. Ne pas brûler ses réserves dans les premiers mètres.
Cas particulier — au-dessus d'un toit. La corde frotte sur l'arête du toit et crée une résistance supplémentaire, tout en s'abrasant. Avant d'entamer la remontée verticale, chercher à rejoindre latéralement une zone moins déversante par un pendule contrôlé — une progression oblique vers la paroi facilite considérablement la suite.
Les deux grandes situations de remontée — en appui sur la paroi et en plein vide — appellent des montages et des économies d'effort différents.
21.5 Variantes avancées (⊕)
Contexte : En rappel, on a raté le relais intermédiaire et on se retrouve trop bas — ou on arrive au nœud d'arrêt en bout de corde sans avoir atteint la vire ou le sol. Il faut remonter de quelques mètres.
Le problème spécifique est qu'on est en configuration de descente (reverso au pontet en mode rappel, autobloquant en dessous) et qu'il faut basculer en configuration de remontée (reverso en mode autobloquant, autobloquant au-dessus).
RAPPEL
RAPPEL — Autobloquants (→ Ch.11, §11.5) : Vérifier que le mode « blocage » de l'autobloquant (reverso ou cordelette) est bien orienté vers le haut avant de commencer la bascule.
Configuration inverse : pour le transfert de charge dans le sens leader→second (corde tendue, descente contrôlée d'un second en charge), → §22.5.
⚡ ÉTAPE 0 — AVANT TOUTE MANIPULATION
Faire immédiatement un nœud de huit ou de plein poing sur la corde, à quelques mètres en dessous de soi, et le relier au pontet par un mousqueton à vis. Ce nœud est la filet de sécurité absolu : si une manipulation se passe mal pendant la bascule, le grimpeur est retenu par ce nœud et non par le système en cours de transformation.
Procédure :
On prend sa longe réglable et on la place sur le mousqueton libre du reverso, dans l'idée de le basculer en mode autobloquant. On bloque la longe réglable en faisant le tour de la main et on raccourcit progressivement jusqu'à ce que le reverso se positionne en mode autobloquant — le reverso « bascule » et se bloque.
Ensuite, on retire l'autobloquant qui était en dessous et on le refait au-dessus du reverso. On installe une pédale sur le mousqueton de l'autobloquant.
Étape intermédiaire essentielle — la deuxième longe. Avant de tenter la bascule finale du reverso, on remonte d'abord sur la pédale et on installe sa deuxième longe (non réglable) sur le mousqueton de l'autobloquant. Cette deuxième longe est ce qui sécurise la transition : tant que cette longe est en place, on reste tenu par l'autobloquant via la longe non réglable, même si la longe réglable doit ensuite être détachée pour la bascule finale. Sans cette étape intermédiaire, on se retrouve dépendant de la seule longe réglable au moment le plus délicat de la manœuvre — c'est précisément le piège dans lequel tombent ceux qui n'ont pas pratiqué la séquence.
La partie la plus délicate est ensuite de venir, en étant debout sur la pédale et tenu par la deuxième longe, accrocher le mousqueton du reverso à son pontet plutôt qu'à la longe réglable qui a servi à retourner le système. Une fois cette bascule effectuée, on est en configuration de remontée standard et on applique la technique de la section 21.2.
Points critiques : Ne jamais se retrouver sans point autobloquant pendant la transition. La bascule du reverso demande de la pratique — elle doit être fluide et rapide.
🏔️ TERRAIN — Sans sangle : deux solutions de fortune
Si on n'a pas de sangle disponible pour faire la pédale, deux alternatives :
- Enrouler le pied dans la corde : former une boucle avec la corde en dessous de soi et passer le pied dedans. Permet de se hisser pour réaliser la bascule du reverso. Moins confortable mais fonctionnel.
- Utiliser l'extrémité de la corde de rappel : former une boucle à l'extrémité de la corde avec un nœud de plein poing, et la relier à l'autobloquant via un nœud de cabestan et un mousqueton à vis. La boucle sert de pédale improvisée.
Principe
2 cas, en rappel on est descendu trop bas et on a loupé le prochain relais ou on arrive en bout de corde à notre nœud d’arrêt.
Grandes étapes
- Renverser le reverso en mode autobloquant
- Refaire son autobloquant au dessus et installer pédale
- Remettre le reverso au pontet
Points d'attention
Nœud d’arrêt lors de la manip
Matériel
- Longe double (un brin réglable minimum)
- Pédale
- 2 mousquetons à vis
🧩 Storyboard — Remonter après être descendu trop bas sur rappel (6 étapes)






Secours d'une personne bloquée sur rappel (depuis le bas).
Contexte : Le compagnon de cordée est bloqué sur le rappel — panique, blessure, autobloquant coincé, impossibilité de continuer. On se trouve en dessous et on doit monter le rejoindre, puis le descendre en sécurité. C'est la manœuvre de secours la plus complexe décrite dans ce livre.
RAPPEL
RAPPEL — Remontées sur corde (§21.1–§21.3) : Cette manœuvre mobilise les trois premières sections du chapitre. Avant d'aborder la section 21.5, maîtriser les remontées simples avec reverso et cordelette, ou avec deux machards.
Matériel : Un reverso, un ficelou, une pédale, une sangle tubulaire, une sangle de 120 centimètres minimum, une longe double avec au moins un brin réglable, une dizaine de mousquetons.
Procédure :
La manœuvre se décompose en quatre étapes structurées ci-dessous.
Étape 1 — Remonter jusqu'à la victime
On utilise la technique de remontée sur corde (section 21.2) pour remonter jusqu'au niveau de la personne bloquée. Cette première étape est critique : elle demande de la force physique et du contrôle de soi. On doit entretenir le rythme de remontée sans s'épuiser. Si la distance est très importante (plus de 30 mètres), on évalue l'opportunité d'appeler les secours plutôt que de s'engager seul.
Étape 2 — Se sécuriser et se fixer au-dessus de la victime
Une fois au niveau de la victime, il faut que le secouriste établisse un point d'appui stable. On confectionne un nœud simple sur chacun des brins, en dessous de soi, pour former deux grandes « oreilles » à environ 2 mètres de son descendeur. On fixe ces oreilles respectivement aux pontets de la victime et du secouriste avec des mousquetons à vis. On retire le reverso du pontet du secouriste. On grimpe au-dessus en prenant appui sur le baudrier de la victime, et on se vache avec sa longe fixe sur le point bloquant de la victime. On retire ensuite le ficelou (qui était en dessous) et on le réinstalle au-dessus du point bloquant le plus haut, idéalement avec une sangle tubulaire tressée. On s'y assure avec sa longe réglable au plus court. Puis on retire la longe fixe du point bloquant de la victime — le secouriste est maintenant au-dessus du système complet.
Étape 3 — Installer un micro-balancier
C'est l'étape du transfert de charge. On installe un mousqueton sur la sangle tubulaire tressée. On passe une sangle (120 centimètres minimum) dans ce mousqueton et on relie les deux protagonistes par leurs pontets, de façon verrouillée. Le secouriste doit être au plus haut et la sangle la plus tendue possible — on ajuste avec un nœud si nécessaire.
Le secouriste reprend appui sur la victime pour agrandir sa longe réglable au maximum, de manière à ce que la sangle du balancier se tende complètement. Puis on fait l'effet balancier en soulevant la victime pour la remonter au plus haut par contrepoids. On remonte le reverso de la victime au plus haut, on le verrouille avec un nœud de mule et un nœud de sécurité. On retire le ficelou et on se retend sur sa longe réglable. Le secouriste réduit sa longe réglable au plus court — la sangle du balancier se détend et la victime se retrouve fixée sur son reverso bloqué. On retire la sangle du balancier et on fait glisser la sangle tressée à 20 centimètres au-dessus du reverso de la victime. On met la longe de la victime au pontet du secouriste et on retire les nœuds de sécurité des deux pontets.
Étape 4 — Descente secouriste et victime
Avec la charge transférée et le système stabilisé, la descente elle-même devient une opération standard. C'est une descente en rappel classique avec le ficelou tressé (sangle tressée) relié au pontet du secouriste, le reverso sur le pontet du sauveteur, et les deux protagonistes reliés par la longe de la victime. On retire le nœud de mule et on descend doucement, en contrôlant le débit de corde avec le ficelou autobloquant.
⚡ ALERTE — Manœuvre exigeante : entraînement préalable obligatoire
Cette manœuvre mobilise un grand nombre de techniques (remontée, autobloquants, transfert de charge, balancier) et nécessite un sang-froid absolu. Elle doit être pratiquée régulièrement en conditions sécurisées (école d'escalade, salle) avant d'être envisagée en paroi.
Pour aller plus loin — sources de la manip
Le micro-balancier est documenté dans deux ressources accessibles en ligne qui décrivent la séquence avec storyboard et permettent de prolonger l'apprentissage de cette manip rare :
- Le micro-balancier — dégagement du bas vers le bas (Club d'escalade de Saint-Jeoire) — référence pédagogique de la manœuvre transposée du canyon vers l'escalade.
- Fiche technique micro-balancier (publication accessible en libre consultation) — documentation visuelle complémentaire.
Ces ressources ne remplacent pas la pratique au sol mais aident à fixer la chorégraphie en mémoire entre deux séances de pratique.
Principe
- Secours d'une personne bloquée sur rappel depuis le bas
- Etape 1 - Commencer par manip remontée sur corde (REMONT1)
- Etape 2 - Sécuriser et venir se fixer au dessus de la victime
- Etape 3 - Installer un balancier
- Etape 4 - Descente secouriste et victime
Matériel
- un reverso
- un ficelou
- une pedale
- une sangle tubulaire
- une sangle de 120 cm minimum
- 10 mousquetons
- une longe double avec au moins un brin réglable
🧩 Storyboard — Étape 2 — Sécuriser et venir se fixer au-dessus de la victime (6 photos à produire)






🧩 Storyboard — Étape 3 — Installation du micro balancier (8 photos à produire)








🧩 Storyboard — Étape 4 — Redescendre (4 photos à produire)





21.6 En pratique — storyboard, pratique, erreurs
| Phase | Ce que l'on doit voir | Contrôle attendu |
|---|---|---|
| 1. Stabilisation | Grimpeur suspendu, corde identifiée, bout noué | La corde est saine et contrôlée |
| 2. Point haut | Autobloquant ou appareil relié au buste | Il bloque dans le bon sens |
| 3. Point bas | Pédale ou autobloquant de pied | Il permet de pousser, pas de tirer aux bras |
| 4. Cycle de montée | Monter haut, charger, remonter bas, pousser | Un point reste toujours chargé ou prêt à bloquer |
| 5. Pause | Position de repos sécurisée | Le grimpeur peut lâcher une main sans danger |
| 6. Sortie | Arrivée au relais, vachage, démontage | On se vache avant de retirer le système |
Exercice progressif de remontée.
| Niveau | Exercice | Critère de réussite |
|---|---|---|
| 1 | Installer les deux autobloquants au sol | Sens et blocage corrects sans hésitation |
| 2 | Remonter 1 m à 50 cm du sol | Aucun déplacement simultané des deux sécurités |
| 3 | Remonter 3 m sur corde libre | Mouvement économique, sans traction excessive des bras |
| 4 | Sortir au relais fictif | Vachage avant démontage |
| 5 | Simuler fatigue ou erreur | Capacité à s'arrêter et revenir à une position sûre |
DÉTAIL QUI CHANGE LA JOURNÉE
Régler la pédale avant d'être pendu trop longtemps. Une pédale trop longue transforme la remontée en supplice ; une pédale trop courte empêche de pousser efficacement.
Erreurs classiques spécifiques à ce chapitre.
| Erreur | Effet | Correction |
|---|---|---|
| Tirer sur les bras au lieu de pousser sur les jambes | Épuisement rapide | Régler la pédale et pousser verticalement |
| Autobloquant trop lâche | Glissement sous charge | Adapter le nombre de tours et tester |
| Oublier le nœud en bout de corde | Risque majeur en rappel | Nœud avant toute descente ou remontée |
| Sortir du système sans se vacher | Chute possible au relais | Vachage d'abord, démontage ensuite |
| Remonter sur corde douteuse | Rupture ou aggravation du dommage | Inspection préalable, renoncement éventuel |
Exercice progressif de remontée.
| Niveau | Exercice | Critère de réussite |
|---|---|---|
| 1 | Installer les deux autobloquants au sol | Sens et blocage corrects sans hésitation |
| 2 | Remonter 1 m à 50 cm du sol | Aucun déplacement simultané des deux sécurités |
| 3 | Remonter 3 m sur corde libre | Mouvement économique, sans traction excessive des bras |
| 4 | Sortir au relais fictif | Vachage avant démontage |
| 5 | Simuler fatigue ou erreur | Capacité à s'arrêter et revenir à une position sûre |
DÉTAIL QUI CHANGE LA JOURNÉE
Régler la pédale avant d'être pendu trop longtemps. Une pédale trop longue transforme la remontée en supplice ; une pédale trop courte empêche de pousser efficacement.
Erreurs classiques spécifiques à ce chapitre.
| Erreur | Effet | Correction |
|---|---|---|
| Tirer sur les bras au lieu de pousser sur les jambes | Épuisement rapide | Régler la pédale et pousser verticalement |
| Autobloquant trop lâche | Glissement sous charge | Adapter le nombre de tours et tester |
| Oublier le nœud en bout de corde | Risque majeur en rappel | Nœud avant toute descente ou remontée |
| Sortir du système sans se vacher | Chute possible au relais | Vachage d'abord, démontage ensuite |
| Remonter sur corde douteuse | Rupture ou aggravation du dommage | Inspection préalable, renoncement éventuel |
