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P5Maîtriser relais et assurage

Chapitre 17Installer le relais : les configurations

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Chapitre 17 — Installer le relais : les configurations

Partie 5 — Maîtriser relais et assurage : le relais et l'assurage, pivot central de la journée.

Le relais triangulé de base suffit dans la grande majorité des situations. Mais le terrain ne se laisse pas toujours installer simplement — les points sont parfois distants, déportés, ou peu solides. Ce chapitre développe les configurations réelles qu'on rencontre en paroi, comment adapter le montage, et ce qui ne change jamais quelle que soit la situation.

17.1 De la manip de base aux configurations

Au chapitre 13, vous avez appris à installer le relais triangulé simple — la manipulation de référence, celle qui suffit dans la grande majorité des situations de grande voie sportive. Elle a été présentée dans le cadre de la cinématique complète du relais : arriver, se vacher, construire le triangle sur dynaloop, assurer le second, l'accueillir, repartir. C'est la base, et c'est par là qu'il faut commencer (§13.3.2).

Le chapitre 16 a posé la logique qui sous-tend tous les relais : pourquoi deux points minimum, pourquoi un primaire, pourquoi la triangulation réduit les forces sur les ancrages, comment lire la qualité d'un point. Ce chapitre-ci entre dans les configurations — parce que la paroi ne propose pas toujours deux points au même niveau, à bonne distance, dans l'axe de traction idéal.

Chaque type de relais répond à une contrainte de terrain précise. Le grimpeur qui ne connaît que le triangulé simple va bricoler dans les situations non standard, souvent au détriment de la sécurité ou du temps. Le catalogue ci-dessous couvre les six configurations à maîtriser : trois standards, trois approfondissements.

Chaque montage suit la même grammaire : contexte d'usage, prérequis, matériel, objectif, procédure numérotée, points critiques, erreurs fréquentes, variantes, limites. Tous reposent sur deux points d'ancrage minimum, des mousquetons à vis fermés, et un vachage préalable avant de commencer l'installation.


Choisir le bon montage : lecture rapide.

Configuration des pointsRelais à privilégierPourquoi
Deux points proches et au même niveauTriangulé simpleRépartition lisible, primaire central
Deux points à hauteurs différentesDouble chaise / non trianguléÉvite un angle défavorable
Deux points éloignésRelais à l'anglaiseGarde une liaison réglable malgré l'écartement
Direction de charge particulièreSemi-directionnelOriente la charge avec limitation du choc
Relais manqué ou indisponibleRelais improviséSolution de dépannage avec points solides
Relais mal placé pour voir/assurerRelais déportéAméliore la fonctionnalité sans perdre la base solide

⚡ PRINCIPE NON NÉGOCIABLE

Le choix du relais dépend d'abord de la qualité des points et de la direction des forces, pas de l'habitude personnelle. Un montage connu mais mal adapté à la configuration réelle peut devenir dangereux.

17.2 Relais triangulé simple

Ce relais a été introduit au chapitre 13 §13.3.2 dans le cadre de la cinématique complète. On le reprend ici avec sa procédure détaillée, ses variantes et ses pièges — pour servir de référence et de point de comparaison avec les autres configurations.

Contexte d'usage : C'est le relais de référence. On le privilégie chaque fois que les deux points d'ancrage sont à peu près au même niveau et suffisamment proches pour que l'angle de la triangulation reste favorable (inférieur à 60°). C'est la configuration la plus courante en grande voie sportive et alpestre.

Prérequis : Savoir faire un nœud simple sur sangle. Savoir utiliser un reverso en mode autobloquant (relais). Maîtriser le vachage. Avoir expérience de l'installation d'un relais en conditions d'entraînement.

Matériel : Une sangle dynaloop (150 cm recommandé pour absorber les configurations de points équipés courantes en gardant un angle inférieur à 60°), trois mousquetons à vis étroits (pour le relais et la longe molle), un mousqueton à vis large pour le primaire, un reverso avec ses deux mousquetons.

Objectif : Installer un relais solide, redondant, avec un primaire unique et un assurage du second opérationnel en moins de cinq minutes.

Procédure numérotée :

  1. Se vacher (dégaine, longe réglable ou nœud de cabestan sur la corde) dans un des points pour sécuriser la position de travail et éviter toute chute pendant l'installation.

  2. Installer un mousqueton à vis dans chaque point d'ancrage (viroles non encore fermées — la sangle passera librement).

  3. Prendre la sangle dynaloop et la passer dans les deux mousquetons, en adaptant la longueur pour que les deux branches du V remontent sensiblement à la même hauteur sur chaque ancrage. Fermer ensuite les viroles des deux mousquetons.

  4. Confectionner un nœud simple sur la sangle pour créer la triangulation, en positionnant le nœud de sorte que sa boucle inférieure (le point de vachage) soit bien centrée.

  5. Vérifier que l'angle à la pointe du V (point d'ancrage unique) reste inférieur à 60 degrés — si ce n'est pas le cas, reconsidérer le type de relais ou changer la configuration.

  6. Installer un mousqueton à vis large (le primaire) dans la boucle du nœud simple, en passant par les deux brins de sangle simultanément.

  7. Se vacher sur le primaire avec une longe suffisamment longue pour laisser de l'espace aux manœuvres.

  8. Confectionner une longe molle avec la corde : un cabestan réalisé avec les deux brins de corde dans un mousqueton à vis supplémentaire, accroché à l'un des mousquetons du relais (ou à la dynaloop).

  9. Installer le reverso en mode autobloquant sur le primaire (le nœud central où convergent les brins, là où se fait le vachage). La charge est ainsi distribuée sur l'ensemble des ancrages, pas concentrée sur un point individuel. Voir Ch.18 §18.2 pour la justification complète.

  10. Ranger le surplus de corde au relais — sur la longe, sur une vire ou une aspérité disponible — puis installer la corde du second dans le reverso et signaler que le relais est prêt.

Points critiques de sécurité ⚡:

Un relais triangulé comporte un nœud. Les systèmes sans nœud de type Pavlotin sont exclus du choix retenu ici, car une rupture de brin peut entraîner une perte complète du relais.

On vérifie systématiquement la fermeture de tous les mousquetons à vis — virole vers l'extérieur, sans exception. On vérifie que le primaire passe bien dans le nœud de la dynaloop, même si ce n'est pas techniquement indispensable : si le nœud venait à glisser sur lui-même, le mousqueton le retiendrait de toute façon. La longe molle doit rester molle — si elle est tendue, elle ne joue plus son rôle d'amortissement en cas de rupture du primaire et le système perd une ligne de sécurité. Le rangement de la corde doit être soigné pour éviter qu'elle ne s'emmêle au départ de la longueur suivante.

Erreurs fréquentes :

  • Oublier de visser un mousqueton (vérifier deux fois).
  • Créer un angle de triangulation trop ouvert en plaçant les points trop loin l'un de l'autre — mesurer l'espacement et recalculer l'angle si doute.
  • Ne pas passer le primaire dans le nœud de la dynaloop — c'est un point de redondance supplémentaire, à ne pas négliger.
  • Placer le reverso sur un point d'ancrage individuel (point haut ou point bas) au lieu du primaire — la charge est alors concentrée sur ce seul point en cas de chute, ce qui annule l'intérêt de la triangulation. Voir Ch.18 §18.2.
  • Tendre la longe molle entre le relais et le baudrier — elle doit rester molle pour absorber les chocs.

Variantes :

On peut utiliser une cordelette au lieu d'une dynaloop, à condition qu'elle soit en bon état et de diamètre adapté (7 mm minimum en dyneema, 6 mm en kevlar). On peut aussi installer la longe molle avec un nœud de mule bloqué plutôt qu'avec un cabestan, selon les préférences et la configuration disponible.

Limites :

Ce relais ne convient pas si les points sont nettement décalés en hauteur (utiliser alors le relais double chaise) ou si l'espacement rend l’angle défavorable (utiliser le relais à l'anglaise). Il n'est pas recommandé si un des points est clairement plus faible que l'autre — dans ce cas, vérifier la solidité séparément et adapter la configuration.

Nota :

Sur les voies sportives équipées, ce relais peut se simplifier en utilisant directement les chaînes ou plaquettes installées — auquel cas on passe un mousqueton à vis dans le point du bas de la chaîne (maillon rapide) et on procède à la triangulation. Sur les voies alpestres, toujours prendre le temps de vérifier chaque point avant d'installer le relais.

RAPPEL — Chaînes non certifiées

Les chaînes installées informellement (quincaillerie de bricolage) n'ont pas de certification escalade. Vérifier la présence d'un maillon rapide certifié en bas du V avant de se vacher. En cas de doute, utiliser uniquement les plaquettes scellées comme points d'ancrage.

RAPPEL

RAPPEL — Relais triangulé : voir aussi Ch.18 sur l'organisation du relais, particulièrement le placement de l'assurage sur le primaire de la triangulation (et non sur un point haut individuel).

Le relais triangulé couvre la majorité des situations en grande voie sportive. Quand les points ne sont pas au même niveau, une autre configuration s'impose.

⚡ RÈGLES DU RELAIS

Dans ce livre, un relais est construit avec une règle de lisibilité et de redondance : mousquetons orientés vers le bas quand la configuration le permet, virole à l'opposé du rocher, triangulation dans le sens de la charge attendue, nœud impératif dans les systèmes triangulés. Les systèmes sans nœud de type Pavlotin sont proscrits : la rupture d'un brin peut entraîner la perte complète du relais. Le primaire doit rester lisible, accessible et vérifiable.


FACTEUR HUMAIN

Le relais triangulé paraît simple et rassurant. Cette familiarité peut conduire à oublier les détails : angle trop ouvert, mousqueton non vissé, primaire mal placé, longe molle tendue. La vérification finale doit rester indépendante de la confiance dans le geste.

🧩 Schéma — Relais Triangulé

Ce bloc reprend un schéma ou un repère visuel du manuel. Il doit être lu comme complément du texte, pas comme procédure autonome.

Relais Triangulé — fiche signalétique
Principe
Le relais est le point de ralliement de la cordée, où les grimpeurs doivent pouvoir se longer en confiance et assurer leur compagnon sur une base solide. Les points clés du relais : avoir au minimum deux points reliés entre eux et anticiper la possibilité de rupture d’un ancrage. La triangulation permet de répartir la charge entre les ancrages.
Grandes étapes
  • Clipper les mousquetons sur les ancrages de manière à avoir les ouvertures à l’extérieur et vers le bas.
  • Passer la Dynaloop dans chacun des mousquetons et les visser !
  • Faire une queue de vache avec la dynaloop en respectant un angle inférieur à 60°
  • Clipper un mousqueton HMS en guise de primaire, vis à l’opposé du rocher et ouverture vers le bas
Points d'attention
L’angle du relais doit être inférieur à 60° afin de minimiser les forces sur les ancrages
Matériel
  • 2 mousquetons
  • 1 mousqueton HFC
  • 1 Dynaloop (150 cm recommandé)
1. Le relais est le point de ralliement de la cordée, où les grimpeurs doivent pouvoir se longer en confiance et assurer leur compagnon sur une base solide. Les points clés du relais : avoir au minimum deux points reliés entre eux et anticiper la possibilité de rupture d’un ancrage. La triangulation permet de répartir la charge entre les ancrages.
1. Le relais est le point de ralliement de la cordée, où les grimpeurs doivent pouvoir se longer en confiance et assurer leur compagnon sur une base solide. Les points clés du relais : avoir au minimum deux points reliés entre eux et anticiper la possibilité de rupture d’un ancrage. La triangulation permet de répartir la charge entre les ancrages.
2. L’angle du relais doit être inférieur à 60° afin de minimiser les forces sur les ancrages
2. L’angle du relais doit être inférieur à 60° afin de minimiser les forces sur les ancrages

Relais triangulé simple sur dynaloop — fiche signalétique
Principe
  • Type de relais à privilégier quand les points sont au même niveau et avec un espacement pas trop important.
  • cf AUTON2 - Installer un relais simple
Photo
Type de relais à privilégier quand les points sont au même niveau et avec un espacement pas trop important. ; cf AUTON2 - Installer un relais simple
Grandes étapes
  • Mettre les mousquetons à vis en place
  • Installer le primaire sur la sangle dynaloop en mode triangulation
  • Se vacher sur primaire et installer une longe molle
  • Mettre le reverso en mode autobloquant (relais)
  • Ranger le surplus de corde au relais
  • Installer la corde pour l'assurage des seconds
Points d'attention
  • Distance entre les points et fiabilité de ceux ci
  • Fermeture des mousquetons à vis et vers l’extérieur
  • Longue molle sur relais
  • Rangement correct de la corde au relais pour qu'elle ne s'emmêle pas
  • Mettre le reverso au dessus du nœud pour plus de clarté du relais
  • Obligation de mettre un primaire dans le nœud de la dynaloop même si on n'est pas obligé de l’utiliser : La raison est que si le nœud glisse sur lui même il sera retenu par le mousqueton.
Matériel
  • Dynaloop
  • 3 mousquetons à vis étroit (relais + longe molle)
  • 1 mousqueton à vis plus large pour primaire
  • Reverso avec ces 2 mousquetons
🧩 Storyboard — Relais triangulé simple (8 étapes)
1. Après s'être assuré sur dégaine, mettre les 2 mousquetons à vis dans les points de relais
1. Après s'être assuré sur dégaine, mettre les 2 mousquetons à vis dans les points de relais
2. Installer une sangle dynaloop entre les 2 points et faire un nœud simple pour avoir une triangulation avec un bon angle
2. Installer une sangle dynaloop entre les 2 points et faire un nœud simple pour avoir une triangulation avec un bon angle
3. Installer un primaire sur la boucle ainsi constituer et se vacher dessus en vérifiant la fermeture des mousquetons.
3. Installer un primaire sur la boucle ainsi constituer et se vacher dessus en vérifiant la fermeture des mousquetons.
4. Avec sa corde faire une longe molle en faisant un cabestan avec les 2 brins dans un nouveau mousqueton à vis accrocher à l un des mousquetons du relais
4. Avec sa corde faire une longe molle en faisant un cabestan avec les 2 brins dans un nouveau mousqueton à vis accrocher à l un des mousquetons du relais
5. Positionner le reverso en mode autobloquant sur les 2 brins de la triangulation (le mettre ainsi plutôt que sur le primaire permet d’avoir plus de recul pour faire les manoeuvres
5. Positionner le reverso en mode autobloquant sur les 2 brins de la triangulation (le mettre ainsi plutôt que sur le primaire permet d’avoir plus de recul pour faire les manoeuvres
6. Ranger le surplus de corde sur sa longe ou mieux en fabricant un déversoir à corde (cf)
6. Ranger le surplus de corde sur sa longe ou mieux en fabricant un déversoir à corde (cf)
7. Installer la corde des seconds dans le reverso
7. Installer la corde des seconds dans le reverso
8. Signaler que le relais est prêt
8. Signaler que le relais est prêt

17.3 Relais double chaise — points à hauteurs différentes

Quand les deux points ne sont pas au même niveau ou trop espacés pour que la triangulation soit favorable, le relais triangulé de §17.2 n'est plus adapté. Le double chaise y répond.

RAPPEL — Préférer le relais sur point fixe quand il existe

Quand un relais en place existe (chaîne scellée ou plaquettes reliées par une chaîne et des maillons en bon état), on l'utilise directement plutôt que de construire un chaise double. Le chaise double n'est pas un mode standard à privilégier : c'est une solution pour les configurations particulières (points décalés en hauteur, angle défavorable pour la triangulation classique).

Contexte d'usage : Les deux points ne sont pas à la même hauteur, ou leur espacement rend l'angle d'un relais triangulé défavorable (plus de 60 degrés). On installe alors la sangle sur chaque point séparément, sans triangulation. C'est une configuration fréquente sur les parois avec un équipement irrégulier ou en alpinisme sur le terrain.

Prérequis : Savoir faire un nœud de chaise double sur sangle. Savoir faire un cabestan sur sangle.

Matériel : Identique au relais triangulé : dynaloop, trois mousquetons à vis étroits, un mousqueton à vis large pour le primaire, un reverso avec ses deux mousquetons.

Objectif : Installer un relais solide sans triangulation, adapté aux points à hauteur inégale, capable de partager la charge entre les deux ancrages.

Procédure numérotée :

  1. Se vacher (dégaine, longe réglable ou nœud de cabestan sur la corde) sur l'un des points (de préférence le point le plus solide) pour assurer la sécurité pendant l'installation.

  2. Installer des mousquetons à vis dans chaque point d'ancrage, en privilégiant le point du bas pour la liaison principale.

  3. Confectionner un nœud de chaise double sur la dynaloop, en travaillant sur une boucle de sangle de taille adéquate (environ 30 centimètres).

  4. Installer ce nœud de chaise sur le point du bas, en veillant à ce que la boucle soit bien serrée et que le nœud ne puisse pas glisser.

  5. Prendre l'extrémité libre de la sangle et la diriger vers le point du haut en la tendant proprement entre les deux points — la liaison entre les deux ancrages doit être tendue, sans excès : pas de mou flottant, pas non plus de surcharge artificielle qui mettrait le système sous traction permanente. La tension correcte se vérifie au toucher : la sangle ne pendouille pas, mais elle ne « chante » pas non plus quand on la pince.

  6. Faire un cabestan sur la sangle au niveau du mousqueton du point haut, en passant la sangle dans le mousqueton de manière à créer un angle favorable pour retenir une charge.

  7. Repasser l'extrémité libre de la dynaloop dans le mousqueton du cabestan et fermer — c'est une sécurité supplémentaire en cas de glissement du nœud.

  8. Le primaire se place dans la boucle du nœud de chaise, sur le point bas — c'est le point de vachage principal et le point d'assurage.

  9. Installer le reste du système de manière identique au relais triangulé : longe molle, reverso sur le primaire, rangement de la corde.

  10. Vérifier une dernière fois que la sangle entre les deux points est tendue (sans excès) et que tous les mousquetons sont bien fermés.

⚡ ALERTE — Tension de la dynaloop entre les deux points

La dynaloop entre les deux points doit être tendue — pas molle. Une dynaloop molle laisse un point porter 100 % de la charge en utilisation normale ; le glissement brutal qui suit une rupture peut alors être plus violent qu'une charge partagée. Dynaloop tendue, charge partagée dès le départ. La triangulation reste préférée chaque fois que possible ; le chaise double est une solution de configuration, pas un mode de référence.

Points critiques de sécurité ⚡:

La dynaloop doit être tendue proprement entre les deux points — pas flottante. La charge se partage ainsi entre les deux ancrages dès l'utilisation normale. On vérifie aussi à toujours repasser l'extrémité de la sangle dans le mousqueton du point haut — c'est une sécurité supplémentaire en cas de glissement du cabestan. Les nœuds doivent être correctement formés, sinon le système risque de se défaire sous charge.

Erreurs fréquentes :

  • Laisser la dynaloop flottante entre les deux points en croyant qu'elle absorbera un choc — voir alerte §17.3 ci-dessus, ce n'est pas le rôle de la sangle entre les ancrages.
  • Sur-tendre la dynaloop au point de mettre le système sous traction permanente — la tension doit rester légère.
  • Ne pas repasser le brin libre dans le mousqueton du haut, ce qui diminue la redondance.
  • Utiliser un nœud simple au lieu d'un nœud de chaise double sur le point bas — cela peut glisser sous charge.

Variantes :

On peut utiliser des nœuds de chaise simples si la configuration l'impose, mais c'est moins recommandé. On peut aussi installer le primaire sur un mousqueton dédié plutôt que directement dans le nœud de chaise, pour augmenter le confort.

Limites :

Ce relais nécessite plus d'espace qu'un relais triangulé, car il faut laisser du mou. Il n'est pas adapté aux configurations où les points sont trop éloignés (trop éloignés pour ce montage) — dans ce cas, utiliser le relais à l'anglaise. La présence de sangle molle entre les points complique aussi le rangement de la corde si l'espace est compté.

Nota :

C'est le relais par défaut quand on s'éloigne des conditions standard. En alpinisme, c'est souvent le seul type de relais possible en raison de la géométrie du terrain.

RAPPEL

RAPPEL — Relais double chaise : la clé de ce relais est la gestion de la tension molle. Voir le chapitre 13.3 pour la compréhension théorique.


À PRATIQUER AU SOL

Exercice : installer deux points artificiels à des hauteurs différentes et comparer triangulation classique / double chaise.
Critère de réussite : comprendre visuellement pourquoi la triangulation devient mauvaise quand les points sont trop décalés.

Relais double chaise sur dynaloop — fiche signalétique
Principe
Si les 2 points ne sont pas à la même hauteur, ou trop espacé, le relais triangulé n’est pas recommandé (mauvais travail)
Photo
Si les 2 points ne sont pas à la même hauteur, ou trop espacé, le relais triangulé n’est pas recommandé (mauvais travail)
Grandes étapes
  • Installer les 2 mousquetons sur points relais
  • Faire un nœud de chaise sur dynaloop et s’installe sur le point bas
  • Relier le point haut sans excès de tension en faisant un nœud de cabestan sur la sangle et repasser l'extrémité dans le mousqueton
  • La suite idem que relais triangulé avec primaire dans nœud de chaise
Points d'attention
  • Toujours mettre le bout de la sangle dans le deuxième point !
  • Sangle tendue proprement entre les deux points (voir [§17.3](/installer-le-relais#sec-17-3) alerte)
Matériel
  • Dynaloop
  • 3 mousquetons à vis étroit (relais + longe molle)
  • 1 mousqueton à vis plus large pour primaire
  • Reverso avec ces 2 mousquetons
🧩 Storyboard — Relais double chaise sur dynaloop (10 étapes)
1. Après s'être assuré sur dégaine, mettre les 2 mousquetons à vis dans les points de relais
1. Après s'être assuré sur dégaine, mettre les 2 mousquetons à vis dans les points de relais
2. Faire un nœud de chaise double (NOEUD8 - Le nœud de chaise double) et l’installer sur le point du bas
2. Faire un nœud de chaise double (NOEUD8 - Le nœud de chaise double) et l’installer sur le point du bas
3. Relier la dynaloop au point haut en faisant cabestan. Tendre proprement la dynaloop entre les deux points (voir alerte [§17.3](/installer-le-relais#sec-17-3)).
3. Relier la dynaloop au point haut en faisant cabestan. Tendre proprement la dynaloop entre les deux points (voir alerte [§17.3](/installer-le-relais#sec-17-3)).
4. Repasser l’extrémité de la dynaloop dans le mousqueton à vis du cabestan et fermer le mousqueton
4. Repasser l’extrémité de la dynaloop dans le mousqueton à vis du cabestan et fermer le mousqueton
5. Installer un primaire sur la boucle du nœud de chaise et se vacher dessus en vérifiant la fermeture des mousquetons. Retirer la dégaine
5. Installer un primaire sur la boucle du nœud de chaise et se vacher dessus en vérifiant la fermeture des mousquetons. Retirer la dégaine
6. Avec sa corde faire une longe molle en faisant un cabestan avec les 2 brins dans un nouveau mousqueton à vis accrocher à l autre mousqueton du relais
6. Avec sa corde faire une longe molle en faisant un cabestan avec les 2 brins dans un nouveau mousqueton à vis accrocher à l autre mousqueton du relais
7. Positionner le reverso en mode autobloquant sur le primaire ou on est vaché
7. Positionner le reverso en mode autobloquant sur le primaire ou on est vaché
8. Ranger le surplus de corde sur sa longe ou mieux en fabricant un déversoir à corde (cf)
8. Ranger le surplus de corde sur sa longe ou mieux en fabricant un déversoir à corde (cf)
9. Installer la corde des seconds dans le reverso
9. Installer la corde des seconds dans le reverso
10. Signaler que le relais est prêt
10. Signaler que le relais est prêt

17.4 Relais à l'anglaise — points trop éloignés

Quand l'espacement dépasse 80-100 cm et que ni le triangulé (§17.2) ni le double chaise (§17.3) ne permettent un angle favorable, le relais à l'anglaise est la solution.

Contexte d'usage : Les deux points d'ancrage sont fiables mais trop éloignés pour une triangulation correcte (espacement supérieur à 80-100 centimètres). L'angle formé par la sangle serait supérieur à 60 degrés, rendant la répartition des forces défavorable. On fabrique alors un relais dont la charge résultante est dirigée dans l'axe souhaité.

Prérequis : Savoir évaluer l'angle de triangulation. Comprendre la direction des forces et calculer la force résultante. Savoir faire un nœud simple sur sangle.

Matériel : Une dynaloop ou une cordelette de 120 centimètres minimum, des mousquetons à vis.

Objectif : Construire un relais répartissant les charges sur deux points très écartés, avec une direction de force optimisée.

Procédure numérotée :

  1. Se vacher sur l'un des points d'ancrage pour assurer la sécurité pendant l'installation.

  2. Installer des mousquetons à vis dans chaque point d'ancrage.

  3. Passer la sangle dans les deux mousquetons en créant une ligne entre les deux points, sans créer de nœud pour le moment — ajuster la tension pour visualiser le tracé sans laisser de mou excessif.

  4. Repérer le point où devrait se faire l'ancrage du primaire (généralement au milieu, ou légèrement décalé selon la direction de traction attendue).

  5. Confectionner un nœud simple à ce point, sans le serrer tout de suite — c'est ce nœud qui va diriger la force résultante.

  6. Ajuster la position du nœud en observant la direction dans laquelle il s'alignerait sous charge — généralement vers le bas si on retient un second.

  7. Une fois le réglage satisfaisant, serrer fermement le nœud simple pour le bloquer dans cette position.

  8. Installer un mousqueton large dans le nœud simple — ce sera le primaire — en passant par les deux brins de sangle de part et d'autre du nœud.

  9. Vérifier que les deux brins de sangle encadrent bien le nœud, puis installer le reverso et procéder à l'assurage.

Points critiques de sécurité ⚡:

Le nœud ne se serre qu'après avoir bien positionné la sangle — c'est la clé de ce relais. Si on serre trop tôt, on risque de devoir recommencer toute l'opération. Le primaire doit impérativement passer dans les deux brins de part et d'autre du nœud, pas dans un seul — sinon en cas de rupture d'un point, le système ne fonctionne plus correctement. L'ancienne méthode consistant à faire une simple vrille (sans nœud) est à proscrire : en cas de rupture d'un point, la sangle file à travers le mousqueton du primaire.

Erreurs fréquentes :

  • Serrer le nœud avant d'avoir ajusté sa position — perdre du temps et devoir défaire le nœud.
  • Mettre le primaire d'un seul côté du nœud simple — cela élimine la redondance du relais.
  • Ne pas orienter le nœud correctement par rapport à la direction de traction attendue.
  • Oublier que ce relais est moins efficace qu'un triangulé si l'angle est vraiment très grand (au-delà de 100 degrés).

Variantes :

On peut créer plusieurs nœuds simples si on souhaite une configuration très directive, mais un seul suffit généralement. On peut aussi positionner les deux extrémités de la sangle vers le bas si c'est plus pratique.

Limites :

Ce relais n'améliore la situation que jusqu'à environ 120 degrés d'angle. Au-delà, il est plus efficace d'installer deux relais indépendants ou de reconsidérer la géométrie. Il est aussi moins intuitif visuellement qu'un triangulé, ce qui augmente le risque d'erreur.

Nota :

Ce relais est très utilisé en alpinisme, où les points d'ancrage naturels sont rarement « idéalement » espacés.


⚡ POINT CRITIQUE

Le nœud du relais à l'anglaise se serre après réglage, pas avant. S'il est serré trop tôt, le relais risque de travailler dans une mauvaise direction. Le primaire doit prendre les deux brins de part et d'autre du nœud.

Relais à l’anglaise — fiche signalétique
Principe
Pour deux points éloignés qui entraîne qu’installer un relais en triangulation créé un angle défavorable pour l’équilibrage des forces
Grandes étapes
  • Nœud simple à peu près au milieu, que l ‘on ne sert pas afin de le régler une fois le relais installé
  • Accrocher la sangle avec 2 mousquetons aux points
  • Régler le nœud pour un bon équilibrage des forces ( force dans l’axe de la traction vers le bas)
  • Installation d’un primaire , en prenant les 2 brins de part et d’autre du nœud.
  • Puis après idem que les autres relais
Points d'attention
  • Serrer le nœud qu’après l’avoir bien positionné par rapport aux forces
  • Primaire en prenant les 2 brins de part et d’autre du nœud
  • Ancienne méthode en faisant juste une vrille est à proscrire
Matériel
Dynalloop ou cordelette de 120
> **Storyboard photo à produire.** Le manuel monitorat ne fournit pas de séquence photo exploitable pour ce relais — à réaliser en stage d'entraînement avec prises de vue, ou à remplacer par un schéma vectoriel illustrant les 4 étapes clés (sangle dans les 2 points, nœud simple au milieu non serré, réglage de la position, primaire prenant les deux brins). En attendant, la procédure numérotée ci-dessus et la fiche visuelle synthétique suffisent à pratiquer le geste au sol.
Aiguille calcaire en contre-jour
Chaque paroi impose sa configuration. Le relais s'adapte — pas l'inverse.

Le relais à l'anglaise résout l'écartement. Quand c'est la direction de la charge qui pose problème, c'est le semi-directionnel qui répond.

Choisir sa configuration de relais selon la géométrie des points disponibles.

POUR LES GRIMPEURS QUI DÉCOUVRENT LES GRANDES VOIES

Les sections suivantes s'adressent aux leaders expérimentés — elles couvrent trois configurations rarement nécessaires en grande voie sportive : relais semi-directionnel, relais improvisé sur deux points de voie, et relais déporté. Tu peux passer directement au chapitre 31 — Connaître le milieu.

17.5 Relais semi-directionnel (⊕)

⚡ ALERTE — Relais directionnel classique : PROSCRIT

L'ancien « relais directionnel classique » (sangle reliée aux deux points avec une simple vrille) ne doit PLUS être réalisé. Si l'un des deux points casse, la sangle libère brutalement toute sa longueur et l'ensemble des grimpeurs reliés au primaire chute sur la distance totale du relais, avec un risque de rupture catastrophique des autres éléments par force-choc. Ce relais a été remplacé par le relais semi-directionnel (deux nœuds simples espacés de 20 cm), qui limite la chute en cas de rupture d'un point. Si vous lisez ailleurs des indications sur le relais directionnel à vrille simple, c'est un montage périmé — ne pas le reproduire.

Contexte d'usage : On souhaite un relais qui oriente les forces dans une direction privilégiée tout en conservant une sécurité en cas de rupture d'un point. C'est un relais plus technique, adapté aux configurations où la traction n'est pas strictement verticale, par exemple sur des parois avec des surplombs ou des lignes diagonales.

Pourquoi le semi-directionnel et pas l'ancien relais directionnel classique. Le « relais directionnel classique » (simple vrille sur la sangle) présentait un défaut majeur de sécurité : si l'un des deux points cassait, la sangle libérait brutalement toute sa longueur (voir alerte ci-dessus). Le semi-directionnel résout ce problème en introduisant deux nœuds simples espacés de 20 cm : si un point casse, la chute est limitée à la distance entre les deux nœuds (vingtaine de centimètres au lieu de la longueur de la sangle), et la force-choc reste dans une plage acceptable pour le point restant.

Prérequis : Maîtriser les relais triangulé et à l'anglaise. Comprendre les directions de force et savoir calculer les angles. Avoir pratiqué ce relais en conditions d'entraînement.

Matériel : Une dynaloop, des mousquetons à vis, une compréhension claire de la géométrie attendue.

Objectif : Construire un relais offrant directionnalité et sécurité combinées, limitant la chute en cas de rupture d'un point tout en gardant une direction de charge cohérente.

Procédure numérotée :

  1. Analyser la configuration des points et la direction probable de traction (vers le bas, latérale, diagonale, etc.).

  2. Se vacher sur l'un des points pour sécuriser le travail.

  3. Passer la sangle dans les deux mousquetons d'ancrage, comme pour un relais à l'anglaise.

  4. Identifier le point médian de la sangle et confectionner un premier nœud simple à cet endroit — ne pas le serrer encore.

  5. Mesurer environ 20 centimètres à partir du premier nœud, vers le point opposé, et confectionner un second nœud simple. L'écartement final entre les deux nœuds est d'environ 20 cm.

  6. Prendre l'un des brins de la sangle et le faire vriller entre les deux nœuds (vrille simple, environ 2 à 3 tours) — c'est cette vrille qui va orienter la force.

  7. Ajuster la position des deux nœuds pour optimiser la direction de force résultante.

  8. Serrer fermement les deux nœuds pour les bloquer dans cette configuration.

  9. Installer un mousqueton large dans les deux brins, entre les nœuds — c'est le primaire.

  10. Vérifier que la vrille est bien en place et que les nœuds sont fermement serrés avant de se vacher et d'installer l'assurage.

Points critiques de sécurité ⚡:

Ce relais offre un compromis entre directionnalité et sécurité : la vrille oriente la force, les nœuds limitent la chute en cas de rupture. Mais il est plus complexe à installer et à vérifier qu'un relais triangulé ou à l'anglaise. Les nœuds doivent être correctement serrés — sinon le système peut bouger sous charge. L'espacement de 20 centimètres entre les deux nœuds peut être ajusté selon le niveau de sécurité recherché (moins d'espacement = plus de sécurité contre les chutes, plus d'espacement = plus de flexibilité).

Erreurs fréquentes :

  • Ne pas assez serrer les nœuds — le système peut glisser sous charge.
  • Vriller le mauvais brin, ou vriller dans la mauvaise direction — cela inverse l'orientation attendue.
  • Oublier de vriller du tout — dans ce cas, le relais redevient un simple relais à l'anglaise sans avantage de sécurité.
  • Mal évaluer la direction de traction et positionner les nœuds de manière inadéquate.

Variantes :

On peut augmenter le nombre de tours de vrille pour plus de directionnalité, ou en diminuer pour plus de flexibilité. On peut aussi ajuster l'espacement entre les deux nœuds selon le contexte.

Avantages :

Sécurité nettement améliorée par rapport à l'ancien relais directionnel (vrille simple, aujourd'hui proscrit). Amortissement des forces par les nœuds et la vrille. Installation relativement simple une fois le principe compris. Permet de gérer des directions de traction non verticales.

Limites :

Plus long à installer qu'un relais triangulé. Moins intuitif à vérifier visuellement. Exige une compréhension claire de la géométrie des forces. Non recommandé pour les cordées débutantes — à réserver aux grimpeurs confirmés et entraînés à cette technique.

Nota :

Ce relais est particulièrement utile en alpinisme et sur les grandes voies sportives avec des sections de traversée.


NOTE TECHNIQUE À VALIDER

Le relais semi-directionnel est une technique avancée. Sa présentation doit être relue par un formateur ou professionnel, car les écoles de pratique peuvent varier et les conséquences d'une mauvaise compréhension sont importantes.

Paroi calcaire avec ressaut et arbres au pied
Quand la paroi propose deux points éloignés — il faut savoir relier sans forcer.

Ces quatre configurations couvrent les terrains équipés ou semi-équipés. Il arrive qu'on se retrouve sans aucun relais devant soi — c'est là qu'on improvise.

17.6 Relais improvisé sur deux points de la voie (⊕)

Contexte d'usage : On se retrouve en milieu de longueur et on doit installer un relais là où il n'y en a pas. Cela arrive quand on a dépassé le relais prévu sans assez de corde pour atteindre le suivant, quand le relais est déjà occupé par une autre cordée, ou quand il est dégradé. On utilise alors deux points solides de la longueur courante (broches, pitons, plaquettes, voire coinceurs posés) pour improviser un relais avec la corde elle-même plutôt qu'avec une sangle. Le terme « points de la voie » distingue cette configuration du relais à l'anglaise (§17.4, deux points équipés de relais distants) : ici, on travaille sur des points de protection qu'on transforme en relais.

Prérequis : Savoir construire un relais classique. Savoir redescendre en moulinette pour atteindre un point inférieur. Maîtriser les nœuds simples sur corde. Avoir une bonne compréhension de la géométrie des forces.

Matériel : Trois mousquetons à vis minimum (plus si possible), la corde d'assurage elle-même qui sert de sangle.

Objectif : Improviser rapidement un relais fonctionnel en utilisant les éléments disponibles, sans équipement supplémentaire.

Procédure numérotée :

  1. Identifier deux points d'ancrage fiables distants d'environ 1 à 2 mètres, et s'auto-assurer sur le point le plus accessible.

  2. Installer un mousqueton à vis sur le point du haut.

  3. Passer les deux brins de la corde d'assurage dans ce mousqueton — les deux brins doivent être présents et bien distincts.

  4. Redescendre en moulinette (contrôler la corde avec un mousqueton en demi-cabestan si nécessaire) jusqu'au point inférieur.

  5. S'y vacher temporairement avec une dégaine pour assurer sa position de travail.

  6. Installer un mousqueton à vis sur ce point inférieur.

  7. Depuis le point inférieur, ramener vers soi les deux brins de corde en tirant du mou depuis le point haut — travailler avec les boucles ainsi créées à hauteur du baudrier. Confectionner un nœud simple avec les deux brins sur la boucle côté baudrier.

  8. Sur la boucle opposée (côté où la corde part vers l'assureur), confectionner un second nœud simple avec les deux brins. Tendre au maximum la corde entre les deux points avant de serrer ce nœud.

  9. Passer les deux boucles créées par ces nœuds dans le mousqueton inférieur — c'est ce mousqueton qui devient le primaire du relais.

  10. Se vacher sur ce primaire, installer le reverso en mode autobloquant sur les brins au-dessus de la première boucle, et préparer l'assurage du second.

Points critiques de sécurité ⚡:

Les mousquetons sont toujours à vis, toujours fermés. Les nœuds doivent être confectionnés avec la corde bien tendue entre les deux points — un relais mou ne retient rien. Vérifier après installation que chaque boucle est bien engagée dans le mousqueton inférieur. Le second doit arriver et se vacher sur un mousqueton indépendant du relais lui-même — ce mousqueton peut être accroché à l'un des points du haut ou du bas, selon la configuration.

Erreurs fréquentes :

  • Oublier de visser un mousqueton (les vérifier deux fois chacun).
  • Faire des nœuds trop faibles qui peuvent glisser ou casser sous charge.
  • Ne pas tendre suffisamment les brins entre les deux points.
  • Positionner le second n'importe où au relais sans vachage clair.
  • Oublier que ce relais utilise une partie de la corde d'assurage — la corde disponible pour la longueur suivante en est réduite.

Variantes :

On peut utiliser un nœud de chaise au lieu d'un nœud simple si c'est plus confortable. On peut aussi ajuster le nombre de nœuds selon la configuration disponible (trois nœuds si on souhaite plus de sécurité, un seul si c'est très temporaire).

Limites :

Ce relais est moins efficace et moins confortable qu'un relais construit avec de la sangle. Il utilise la corde, ce qui peut la fatiguer. Il est visible de loin, ce qui peut attirer l'attention (ce qui n'est pas nécessairement mauvais, mais à considérer). Il exige de bien maîtriser les manipulations pour être installé rapidement.

Conseil terrain :

Mettre en place un relais improvisé demande de l'anticipation. Il est parfois plus simple — et moins anxiogène pour le second — de ne pas annoncer le problème et de donner l'impression que l'on continue à progresser. On descend au point inférieur comme si on avançait, on prend le temps de construire le relais calmement, et on ne signale le changement de plan que quand tout est en place.

Arrivée du second au relais improvisé. À l'arrivée du second sur un relais improvisé, la séquence diffère un peu d'un relais classique parce que le système n'a pas de primaire « propre » : on revient au système standard pour repartir. La séquence à respecter :

  1. Vacher le second sur le mousqueton du point inférieur (le point sur lequel le leader était vaché pendant la construction).
  2. Défaire le descendeur (le système d'assurage du second).
  3. Changer les encordements si nécessaire — en mode réversible (alternance des leaders), aucun changement requis : le second devient leader directement. Seulement si la configuration de grimpe l'impose (corde à réenfiler, disposition spéciale).
  4. Donner la corde au second pour qu'il prenne le matériel et organise sa position.
  5. Installer le reverso sur la corde du second (qui devient leader ou non, selon décision).
  6. Mettre une dégaine de renvoi depuis le point haut du relais improvisé — c'est cette dégaine qui devient le « premier point » de la longueur suivante, et elle permet au nouveau leader (s'il y en a un) de repartir avec un appui immédiat sans avoir à remonter à hauteur du point haut.

Cette séquence permet de revenir à un système d'assurage standard depuis un relais qui était transitoire par construction.

RAPPEL

RAPPEL — Relais improvisé : voir le Ch.18 sur les situations d'improvisation pour d'autres techniques de dépannage.


FACTEUR HUMAIN

Un relais improvisé se construit souvent dans un moment de stress : erreur d'itinéraire, corde trop courte, relais occupé. Le risque principal est d'aller trop vite pour « réparer » la situation. Le premier objectif n'est pas d'être élégant, mais de retrouver une situation stable et lisible.

Parfois, même improviser n'est pas possible à l'endroit où on se trouve — un relais déporté permet alors de créer un poste de travail fonctionnel à partir d'un relais existant trop inconfortable.

Relais sur deux points de dégaine — fiche signalétique
Principe
  • Effectuer un relais en milieu d’une voie lorsque la corde est trop courte pour arriver au relais suivant.
  • Le principe reste le même qu’un relais classique : avoir au minimum deux points reliés entre eux et anticiper la possibilité de rupture d’un ancrage.
Grandes étapes
  • relier deux points de la voie
  • installer un mousquetons à vis sur le point supérieur
  • installer un mousquetons à vis sur le point inférieur
  • faire un nœud (avec les deux cordes) simple à 1,5m du baudrier.
  • faire un nœud (avec les deux cordes) simple du côté de l’assureur.
  • Passer les deux boucles dans le mousqueton inférieur.
  • le mousqueton inférieur est le mousqueton primaire du relais.
Points d'attention
  • toujours visser les mousquetons
  • tendre au mieux les cordes avant de faire le deuxième nœud.
  • vacher le second sur le mousquetons indépendant du relais
Matériel
3 mousquetons
Effectuer un relais en milieu d’une voie lorsque la corde est trop courte pour arriver au relais suivant. Le principe reste le même qu’un relais classique : avoir au minimum deux points reliés entre eux et anticiper la possibilité de rupture d’un ancrage.
Effectuer un relais en milieu d’une voie lorsque la corde est trop courte pour arriver au relais suivant. Le principe reste le même qu’un relais classique : avoir au minimum deux points reliés entre eux et anticiper la possibilité de rupture d’un ancrage.
Effectuer un relais en milieu d’une voie lorsque la corde est trop courte pour arriver au relais suivant. Le principe reste le même qu’un relais classique : avoir au minimum deux points reliés entre eux et anticiper la possibilité de rupture d’un ancrage.
Effectuer un relais en milieu d’une voie lorsque la corde est trop courte pour arriver au relais suivant. Le principe reste le même qu’un relais classique : avoir au minimum deux points reliés entre eux et anticiper la possibilité de rupture d’un ancrage.

🧩 Storyboard — Relais sur deux points de dégaine (8 étapes)
1. Mettre un mousqueton à vis sur le point du haut ; passer les 2 cordes dedans, et le fermer.
1. Mettre un mousqueton à vis sur le point du haut ; passer les 2 cordes dedans, et le fermer.
2. Redescendre en moule au précédent point. Se vacher dans le mousqueton supérieur de la dégaine.
2. Redescendre en moule au précédent point. Se vacher dans le mousqueton supérieur de la dégaine.
3. Mettre un mousqueton sur le même point que la dégaine, au-dessus de la dégaine.
3. Mettre un mousqueton sur le même point que la dégaine, au-dessus de la dégaine.
4. Tirer (du côté de son baudrier) les deux cordes afin d’avoir l'équivalent de quoi faire une vache molle. (1.5m) ; Faire une petite boucle avec un nœud simple (avec les deux cordes) et le mettre dans le mousqueton.
4. Tirer (du côté de son baudrier) les deux cordes afin d’avoir l'équivalent de quoi faire une vache molle. (1.5m) ; Faire une petite boucle avec un nœud simple (avec les deux cordes) et le mettre dans le mousqueton.
5. Faire une boucle avec un nœud simple sur le retour des cordes pour fermer les deux points. Le plus tendu possible avec le mousqueton vers le bas. Passer la boucle dans le mousqueton à vis et le fermer.
5. Faire une boucle avec un nœud simple sur le retour des cordes pour fermer les deux points. Le plus tendu possible avec le mousqueton vers le bas. Passer la boucle dans le mousqueton à vis et le fermer.
6. Ce mousqueton fait office de primaire du relais. Se vacher dans le primaire du relais.
6. Ce mousqueton fait office de primaire du relais. Se vacher dans le primaire du relais.
7. Retirer la dégaine. La remplacer par un deuxième mousqueton à vis. Le fermer. Le relais est prêt.
7. Retirer la dégaine. La remplacer par un deuxième mousqueton à vis. Le fermer. Le relais est prêt.
8. Avec la deuxième longe, se vacher dans le deuxième mousqueton. Retirer la vache du primaire et installer le descendeur en mode autobloquant.
8. Avec la deuxième longe, se vacher dans le deuxième mousqueton. Retirer la vache du primaire et installer le descendeur en mode autobloquant.
Paroi calcaire avec dièdre et structure verticale
Toutes les configurations ne tiennent pas dans le triangulé — il faut savoir le dépasser.

17.7 Relais déporté (⊕)

Contexte d'usage : On a atteint un relais classique équipé sur deux points solides et fiables (chaîne + maillon rapide, ou plaquettes + anneau de rappel — la configuration de référence d'un relais sportif en place), mais sa position ne convient pas — manque de visibilité sur la suite, impossibilité de gérer correctement les seconds, configuration inconfortable pour l'assurage, ou absence de place pour manœuvrer. On construit alors un relais « déporté » plus bas, relié au relais principal par une longe, ce qui permet d'optimiser le confort et la fonctionnalité sans créer de dépendance envers de nouveaux points d'ancrage.

Condition cardinale du relais déporté : la solidité du relais principal. Le relais déporté ne s'envisage que si le relais principal est composé de deux points équipés solides et fiables. La technique repose entièrement sur la confiance qu'on accorde aux points d'origine. Sur un relais bricolé, un piton incertain ou un coinceur posé, le déport est à proscrire — on perd la redondance des ancrages au profit d'un seul point résultant.

Prérequis : Maîtriser l'installation d'un relais classique. Savoir construire une longe avec la corde. Comprendre la fonction du relais déporté — c'est un aménagement, pas une amélioration de la sécurité.

Matériel : Privilégier un brin de corde (récupéré ou prélevé sur l'un des brins de la cordée) plutôt qu'une cordelette statique — la corde est dynamique, elle peut amortir un choc imprévu pendant la transition. Mousquetons à vis, sangle ou cordelette en complément possible mais non principal.

Objectif : Créer un poste de travail optimisé tout en conservant l'intégralité de la sécurité du relais principal.

Procédure numérotée :

  1. Installer d'abord un relais classique sur les deux points solides — triangulé, double chaise, ou autre selon la configuration (voir §17.2§17.4).

  2. Bien vérifier que ce relais principal est totalement fonctionnel avant de procéder.

  3. Confectionner une queue de vache sur un brin de corde récupérée (à privilégier — la corde est dynamique). Si aucun brin de corde n'est disponible (corde entièrement engagée dans l'assurage), on peut utiliser une cordelette dédiée, mais avec la conscience que le système devient plus statique.

  4. Attacher cette queue de vache au primaire du relais via un mousqueton à vis — ce mousqueton est la ligne de connexion du relais déporté.

  5. Étendre cette liaison vers le bas de la paroi, en la laissant pendre le long de la paroi jusqu'au point où l'on souhaite installer le relais déporté.

  6. Au point souhaité (généralement 3 à 5 mètres plus bas), faire une seconde queue de vache : c'est le primaire déporté.

  7. Se vacher sur ce primaire déporté avec une longe suffisamment longue pour permettre les manœuvres (assurage, transition, mouvements).

  8. Vérifier que la longe de connexion entre le relais principal et le relais déporté est bien sous tension mais pas excessive.

  9. Installer l'assurage et les éléments du relais déporté de manière identique à un relais classique (reverso, longe molle, etc.).

  10. Rappeler à l'équipe que le relais principal, en haut, reste le véritable ancrage — le relais déporté n'est qu'un prolongement fonctionnel.

Points critiques de sécurité ⚡:

Le relais déporté ne crée pas de points d'ancrage supplémentaires. Toute la solidité du système repose ENTIÈREMENT sur les points d'ancrage du haut. Si les points du haut lâchent, tout le système lâche — il n'y a aucune redondance au niveau inférieur. Cette compréhension est fondamentale pour accepter les limites du relais déporté. La longe de connexion doit être vérifiée régulièrement, car elle peut se coincer ou s'user au contact de la paroi. Le vachage sur le relais déporté doit être aussi sécurisé que sur un relais classique.

Erreurs fréquentes :

  • Croire que le relais déporté améliore la sécurité — c'est un aménagement de confort, rien de plus.
  • Placer le relais déporté trop loin du relais principal — la longe devient trop longue et perd en efficacité.
  • Oublier de vérifier que le relais principal est fonctionnel avant de se déplacer au relais déporté.

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