Thème
Chapitre 13 — Le relais en grande voie
→ Partie 4 — Fondamentaux techniques : les cinq gestes fondamentaux — de l'encordement à la réchappe.
Le relais est le pivot de chaque longueur — le moment où la cordée reprend souffle, inverse les rôles et repart. Bien géré, il fluidifie toute la journée. Mal géré, il crée de la tension là où il n'en faut pas. Ce chapitre décrit la cinématique complète en six phases, dans l'ordre, pour que chaque geste soit posé au bon moment.

⚡ ALERTE
Ce chapitre décrit des techniques qui engagent directement la sécurité de la cordée. La lecture ne remplace pas l'apprentissage encadré et la pratique supervisée sous la direction d'un guide de haute montagne, d'un moniteur breveté ou d'un grimpeur expérimenté reconnu compétent.
13.1 Pourquoi un relais
Imagine la scène : tu arrives au bout de ta première longueur. Trente mètres de paroi sous les pieds, la corde qui remonte jusqu'à toi depuis le sol. Les bras un peu lourds, le souffle court. Et devant toi, deux pitons scellés dans le calcaire, avec une chaîne entre eux.
C'est ici que tout commence. Le relais, ce n'est pas un arrêt. C'est un pivot — le moment où la cordée se transforme, où les rôles s'inversent, où la longueur suivante se prépare.
Un relais remplit trois fonctions qui ne se négocient pas.
La première : te tenir, toi. Une fois arrivé, tu dois être en sécurité les deux mains libres, quelle que soit ta fatigue, quelle que soit la configuration de la paroi. C'est la priorité absolue, avant tout le reste.
La deuxième : tenir le second. Quand ton compagnon de cordée grimpe vers toi, c'est toi qui assures depuis le haut. Si il chute, c'est le relais qui l'arrête — via ton dispositif d'assurage, via la corde, via le relais. La qualité de ton installation détermine la fiabilité de cette chaîne.
La troisième : organiser la suite. Qui repart en tête ? Quel matériel part avec lui ? La corde est-elle rangée proprement ? La longueur suivante est-elle visible ? Un relais bien géré rend la journée fluide. Un relais bâclé crée de la friction à chaque transition — et la friction, en montagne, coûte du temps et de l'énergie.
Ce chapitre te donne la cinématique complète : six phases, dans l'ordre, avec les gestes à poser à chaque étape.
13.2 La cinématique en six temps
Le relais n'est pas une manipulation unique. C'est une séquence de six phases distinctes, chacune avec son état de cordée, ses gestes et ses vérifications. Voir l'ensemble avant de détailler chaque partie.
Phase 1Installer le relais
Phase 2Assurer le second
Phase 3Accueillir le second
Phase 4Organiser le départ
Phase 5Assurer le leader
Phase 6Se préparer et remonter
| Phase | État de la cordée | Action principale |
|---|---|---|
| 1. Installer le relais | Leader seul au relais, second encore en bas | Se vacher, construire le triangle dynaloop, installer la longe molle |
| 2. Assurer le second au relais | Leader installé, second en montée | Ravaler le mou, installer le Reverso, gérer la corde pendant toute la montée |
| 3. Accueillir le second au relais | Second en approche du relais | Préparer l'accueil, gérer l'arrivée, vacher le second sur le primaire |
| 4. Organiser le départ du leader | Cordée regroupée au relais | Passer matériel et corde selon qui repart, vérification mutuelle |
| 5. Assurer le leader à partir du relais | Leader en départ de longueur | Installer renvoi + assurage, leader retire longe molle et se dévache |
| 6. Se préparer et remonter | Leader à mi-longueur puis relais suivant | Second finit d'assurer, désinstalle le relais, grimpe |
Les six phases suivent une logique de séquence stricte : on ne passe à la suivante que quand la précédente est achevée et vérifiée.
FACTEUR HUMAIN
Le danger ne vient pas que de la chute. Il vient de l'instant banal où on arrive au relais, fatigué, et où on veut faire "vite" — parler au second, chercher le topo, manipuler du matériel — avant d'être vaché. Ces quelques secondes où personne ne tient personne, c'est là que les accidents arrivent. La règle est simple : le premier geste est toujours le vachage. Sans exception.

13.3 Phase 1 — Installer le relais
13.3.1 Le premier réflexe : se vacher
Tu arrives au relais. Peu importe ce qui se passe, peu importe l'état de tes bras, peu importe ce que tu vois au-dessus ou en dessous : le premier geste est de te relier au relais.
Pas de regarder le panorama. Pas de crier au second. Pas de chercher le topo. Se vacher, d'abord. Tout le reste après.
La technique de vachage de référence au relais, c'est le cabestan sur la corde d'escalade, passé dans le mousqueton HMS primaire du relais. Le cabestan est réglable à la volée — en tirant sur le brin libre, on ajuste la longueur jusqu'à avoir une tension légère, sans être trop court (inconfort, pas de liberté de mouvement) ni trop long (facteur de chute élevé si le relais cède). Une vingtaine de centimètres de mou entre le baudrier et le point d'ancrage, c'est la bonne zone.
⚡ ALERTE — Vachage
On ne se vache jamais sur un seul point douteux (piton isolé rouillé, coinceur unique dans une fissure friable). Sur un relais à deux points équipés — chaîne, doubles plaquettes scellées — les deux points constituent ensemble une sécurité fiable. On s'y relie via le primaire du système triangulé (voir §13.3.2 ci-dessous).
Une fois vaché, on annonce au second. La communication entre les deux grimpeurs est traitée en détail dans Ch.9 — on applique ici les codes convenus ensemble.
13.3.2 Construire le relais triangulé
Le relais de référence en grande voie sur points équipés, c'est le triangle sur dynaloop. Pas de variantes ici — c'est la méthode. Simple, fiable, efficace. Le relais est complet quand le vachage principal ET la longe molle sont en place : les deux font partie de la même installation.
La construction détaillée avec photos et fiches signalétiques complètes est traitée en Ch.17 §17.2. Ce que ce chapitre donne : le schéma exécutable et les étapes dans l'ordre.
Le principe : une sangle dynaloop relie les deux points d'ancrage, forme un triangle grâce à un nœud, et crée un point primaire commun sur lequel se vache la cordée et se monte l'assurage.
Ce montage triangulé est la forme de base du relais équipé — le schéma en montre la géométrie et les points de contrôle.
Matériel nécessaire :
- 2 mousquetons à vis fins (un par point)
- 1 dynaloop 120–150 cm
- 1 mousqueton HMS à vis (le primaire)
- Corde d'escalade (pour cabestan vachage + longe molle)
- 1 Reverso + 1 mousqueton à vis pour l'assurage du second (phase 2)
Principe
Relier deux points d'ancrage par une dynaloop, former un triangle par un nœud (queue de vache), créer un HMS primaire commun. Sur ce primaire : vachage cabestan + longe molle cabestan deux brins (sur dynaloop ou second point). Le relais est complet et opérationnel quand les deux sont en place. Voir Ch.17 §17.2 pour la construction détaillée avec photos.
Photo

Grandes étapes
- Clipper un mousqueton à vis sur chaque point (ouverture vers le bas et l'extérieur, virole à l'opposé du rocher)
- Passer la dynaloop dans les deux mousquetons — visser les viroles
- Former la queue de vache : attraper la pointe du V et un brin intermédiaire → le nœud monte, l'angle reste <60°
- Clipper le HMS primaire dans la boucle de la queue de vache (virole opposée au rocher, ouverture vers le bas)
- Se vacher sur le primaire avec un cabestan sur la corde — régler en tension légère (~20 cm de mou)
- Installer la longe molle : cabestan deux brins de la corde dans un second mousqueton à vis sur la dynaloop — laisser 20–30 cm de mou, vérifier qu'elle ne se tend pas aux mouvements normaux
Points d'attention
- ⚡ Angle de triangulation <60° — si les points sont trop écartés, saisir la sangle plus haut (queue de vache large)
- ⚡ La dynaloop doit être tendue entre les deux points — aucun mou résiduel. Un relais avec sangle détendue ne distribue pas correctement les forces.
- ⚡ Viroles vissées sur tous les mousquetons, à chaque étape
- ⚡ Longe molle toujours molle — une longe tendue n'amortit rien et annule sa fonction de redondance
- Vérifier visuellement l'état des points (corrosion, déformation) avant de faire confiance
- Le relais n'est pas complet tant que la longe molle n'est pas posée
Matériel
- Dynaloop 120–150 cm
- 2 mousquetons à vis fins (un par point)
- 1 mousqueton HMS à vis (primaire)
- 1 mousqueton à vis supplémentaire (longe molle)
- Corde d'escalade (cabestan vachage + cabestan longe molle)
🧩 Storyboard — Installer le relais triangulé (4 étapes)




13.4 Phase 2 — Assurer le second au relais
Installer l'assurage
Relais complet — vaché, longe molle posée, mains libres. On peut maintenant préparer l'assurage du second. La première étape : ravaler la corde.
On attend que le second ait libéré la corde de son côté (il a dégagé les dégaines et renvoyé la corde) — il nous fait le signe convenu (→ Ch.9). On ravale alors calmement, de façon régulière, jusqu'à sentir une légère résistance côté second. Pas d'arrachement. On ravale.
Ravaler tout le mou une fois que le second a répondu « libre » — avant d'installer le Reverso.
Corde ravalée, on installe le Reverso en mode guide sur le primaire HMS. L'appareil est sur le relais, jamais sur le baudrier — c'est la différence fondamentale avec l'assurage depuis le bas. Test de blocage, vérification complète, signal au second.
Principe
Assurage autobloquant depuis le haut : le Reverso en mode guide est installé sur le primaire HMS du relais (jamais sur le baudrier). En cas de lâcher, la corde coince automatiquement. Le leader reprend le mou au rythme de la montée du second — régulièrement, sans mou qui pend, sans tirer non plus.
Photo

Grandes étapes
- Attendre le signal convenu du second (corde libérée)
- Ravaler tout le mou jusqu'à légère résistance
- Passer la corde dans le Reverso — vérifier le sens (brin du second tire vers le bas en mode guide)
- Clipper le Reverso sur le HMS primaire avec un mousqueton à vis — visser
- Tirer sec sur la corde du second → tester le blocage
- Check-list complète (voir ci-dessous)
- Donner le signal convenu au second
Gérer la corde pendant la montée
- Reprendre le mou en continu, au rythme de la progression du second
- Ne jamais laisser de mou qui pend en contrebas — risque d'emmêlement dans les points
- Ne pas tirer non plus si la corde est coincée dans un point — attendre que le second la libère
- Ranger la corde ravalée proprement côté relais (en vrac organisé, pas en tas qui glisse)
- Rester attentif : le second peut signaler un problème à tout moment
Points d'attention
- ⚡ Le Reverso est sur le primaire HMS, jamais sur le baudrier
- ⚡ Sens de passage correct — un sens inversé annule le blocage
- ⚡ Virole du mousqueton vissée avant tout
- ⚡ Signal donné seulement après la check-list complète
Matériel
- Reverso ou équivalent (ATC Guide, Grigri en top-rope)
- Mousqueton à vis (pour clipper le Reverso sur le primaire)
- Corde d'escalade
- Alternative sans appareil : demi-cabestan sur HMS (→ Ch.11 §11.3)
🧩 Storyboard — Installer et gérer l'assurage du second (5 photos à produire)





CHECK-LIST — Avant de lancer le second
- Suis-je vaché correctement (tension légère, point fiable) ? ✓
- La longe molle est-elle en place et molle ? ✓
- Le mou est-il intégralement ravalé ? ✓
- Le Reverso est-il sur le primaire du relais — pas sur mon baudrier ? ✓
- La corde est-elle passée dans le bon sens ? ✓
- La virole du mousqueton est-elle vissée ? ✓
- Le test de blocage est-il positif ? ✓
13.5 Phase 3 — Accueillir le second au relais
Préparer l'arrivée
Le second est encore à quelques mètres. Avant qu'il arrive à hauteur du relais, on anticipe. Deux questions à régler mentalement :
Où va-t-il se vacher ? Le relais est déjà occupé par le leader — vachage cabestan, longe molle, Reverso. Il faut identifier maintenant un point libre pour clipper le second : généralement un mousqueton à vis supplémentaire sur la dynaloop ou directement sur l'un des points du relais. On ne le cherche pas quand il est là, fatigué et suspendu.
Par où va-t-il passer ? Selon la configuration de la paroi — une vire, un dièdre, une sortie de longueur en dalle — le second aborde le relais d'un côté ou de l'autre. On lui laisse de la place. Si la corde passe côté gauche, on ne se met pas exactement là. On s'organise à l'avance.
L'arrivée
⚡ ALERTE — Deux au relais
Quand deux grimpeurs se retrouvent au même endroit sur la paroi, la densité de matériel et de cordes augmente brutalement. C'est le moment où la confusion crée des risques. Règle : le second se vache immédiatement en arrivant au relais, sur le primaire ou sur un point identifié à l'avance, avant toute autre chose.
Le leader continue de reprendre le mou jusqu'à ce que le second soit à portée. Le second se vache. Le leader confirme le vachage. Seulement alors, il peut désinstaller le Reverso.
Une fois les deux grimpeurs réunis et vachetés, on entre dans la phase d'organisation : qui repart, avec quoi, dans quel ordre.
Principe
Transitionner sans perte de sécurité du système « second montant / leader assurant depuis le relais » vers le système « leader repartant / second assurant ». On anticipe avant l'arrivée, on confirme le vachage avant de désinstaller l'assurage. Un seul point de sécurité doit être actif à tout moment pour chaque grimpeur.
Photo

Grandes étapes
- Avant l'arrivée : identifier le point de vachage du second et l'espace qu'il va occuper
- Second en approche : reprendre les derniers mètres de mou, lui faire de la place
- Second à hauteur du relais : il se vache immédiatement sur le point identifié
- Leader confirme le vachage du second (visuel ou verbal)
- Seulement là : désinstaller le Reverso (débloquer, retirer la corde)
- Second récupère sa partie de corde, la range proprement côté relais
Points d'attention
- ⚡ Ne jamais désinstaller l'assurage avant confirmation visuelle du vachage du second
- ⚡ Éviter la confusion matériel — une chose à la fois
- Anticiper la place et le chemin du second avant son arrivée
- Ranger la corde proprement — les emmêlements se paient au départ de la longueur suivante
Matériel
- Point de vachage supplémentaire pour le second (mousqueton à vis sur dynaloop ou sur un point)
- Espace organisé pour ranger la corde ravalée
🧩 Storyboard — Accueil du second au relais (4 photos à produire)




13.6 Phase 4 — Organiser le départ du leader
Cordée regroupée au relais. Tout le monde vaché. C'est là qu'on décide de la suite et qu'on l'organise — pas au milieu de la transition, pas en partant.
Qui repart en tête ? La réponse dépend de l'organisation de la cordée :
- Si la cordée est en flèche (le même leader grimpe toutes les longueurs), rien ne change de côté des rôles. Le second passe les dégaines et le matériel récupéré sur la longueur au leader, qui les redistribue à son baudrier. La corde part côté leader.
- Si la cordée alterne les longueurs, c'est le second qui repart en tête. Les rôles s'inversent : il récupère le matériel, prépare son baudrier de leader pendant que l'autre se prépare à assurer depuis le relais.
Passer le matériel. Les dégaines usées, les friends, les sangles récupérées sur la longueur passent du second au leader (ou inversement si alternance). Le baudrier du leader doit être lisible avant le départ : dégaines courtes au milieu, longues sur les côtés, matériel dans le bon ordre selon les clés de la longueur suivante. Si la cordée est réversible (les deux alternent en tête) : le second récupère les dégaines usées que le leader lui passe.
Passer la corde. La corde doit partir proprement du relais. Si elle a été rangée en vrac pendant la montée du second, on vérifie qu'elle s'enchaîne dans le bon ordre — le brin qui part vers le leader sort en premier. Un emmêlement au départ de la longueur suivante est une perte de temps au mauvais moment.
CHECK-LIST — Avant le départ du leader
- Le leader est-il encordé côté brin actif ? ✓
- Le matériel est-il réparti et lisible au baudrier du leader ? ✓
- La corde part-elle proprement dans le bon ordre depuis le relais ? ✓
- Le second est-il vaché et prêt à assurer ? ✓
- L'assurage du leader est-il installé (voir phase 5 ci-dessous) ? ✓
- Vérification mutuelle effectuée ? ✓
Matériel redistribué, corde vérifiée — il reste à installer l'assurage du leader avant qu'il ne se dévache.
13.7 Phase 5 — Assurer le leader à partir du relais
Ce qui est différent depuis le relais
Assurer le leader depuis le relais, c'est différent de l'assurer depuis le bas. Depuis le sol, une chute du leader tire l'assureur vers la paroi — c'est gérable, naturel. Depuis le relais, la géométrie change : si le leader chute peu après son départ, la traction est violente et tire l'assureur vers le haut, puis le choc descend. Sans point de renvoi, c'est inconfortable et déstabilisant.
La méthode de référence : un point de renvoi sur le relais. La corde part vers le leader, passe dans un mousqueton clippé sur le relais, et revient vers le dispositif d'assurage. En cas de chute, le renvoi redistribue la force — l'assureur est stabilisé, le choc amorti.
La présence ou l'absence de renvoi change profondément la dynamique du choc sur l'assureur — le schéma compare les deux configurations.
La séquence de départ du leader
Le départ du leader suit une séquence précise. L'assureur installe d'abord le système — renvoi puis assurage — avant que le leader ne touche à sa sécurité. Le leader ne retire sa longe molle que quand il est certain que l'assureur l'a vraiment.
- L'assureur installe le point de renvoi (mousqueton à vis sur le primaire HMS)
- L'assureur installe son dispositif d'assurage côté baudrier
- L'assureur signale : « Je t'ai » (ou le signal convenu)
- Le leader vérifie visuellement le montage
- Le leader retire sa longe molle seulement là — une main sur le relais
- Le leader défait son cabestan de vachage, s'extrait du relais
- Le leader grimpe
⚡ ALERTE — Longe molle et dévachage
La longe molle se retire après que l'assureur a confirmé. Le vachage principal se défait en dernier, une main en appui sur la paroi. Ce n'est jamais l'inverse. Un leader qui se dévache avant que l'assurage soit en place n'est tenu par rien.
Principe
La corde du leader passe dans un point de renvoi sur le relais avant d'arriver au dispositif d'assurage sur le baudrier de l'assureur. En cas de chute, le renvoi redistribue la traction et stabilise l'assureur. L'assureur reste vaché au relais pendant toute la longueur.
Photo

Grandes étapes — côté assureur
- Clipper un mousqueton à vis sur le primaire HMS — c'est le point de renvoi
- Passer la corde du leader dans ce mousqueton
- Installer le dispositif d'assurage (tube, demi-cabestan HMS) sur son propre baudrier — brin mort côté assureur
- Vérifier le sens, visser les viroles
- Signaler au leader : « Je t'ai »
- Rester vaché pendant toute la longueur, gérer le mou au rythme du leader
Grandes étapes — côté leader
- Vérifier visuellement que l'assurage est en place
- Retirer la longe molle (cabestan deux brins sur dynaloop) — une main en appui
- Défaire le cabestan de vachage principal sur le HMS primaire
- S'extraire du relais, partir
Points d'attention
- ⚡ L'assureur reste vaché pendant toute la longueur — le renvoi le tirera vers le haut en cas de chute
- ⚡ Leader : longe molle retirée après confirmation, vachage défait en dernier
- Donner du mou dynamiquement quand le leader clippe (pas bloquer la corde)
- Le point de renvoi doit être sur un ancrage fiable du relais
Matériel
- Mousqueton à vis pour le point de renvoi
- Dispositif d'assurage sur baudrier (tube, Reverso en mode normal, demi-cabestan HMS)
- Corde d'escalade
🧩 Storyboard — Assurer le leader depuis le relais (5 photos à produire)





13.8 Phase 6 — Se préparer et remonter
Le leader est parti. Le second assure depuis le relais — régulièrement, attentivement, en gérant le mou au rythme de la progression. Pendant ce temps, il peut aussi anticiper ce qui vient.
Quand le leader arrive à son relais, il signale. Le second peut alors :
1. Confirmer que le leader est en sécurité. La corde ne bouge plus, le signal est arrivé. Le second n'est plus en train d'assurer activement — mais il tient encore la corde.
2. Désinstaller le relais. Dans l'ordre inverse de l'installation :
- Retirer le point de renvoi (mousqueton sur le HMS primaire)
- Retirer le dispositif d'assurage de son baudrier
- Défaire sa longe molle (cabestan deux brins sur la dynaloop)
- Retirer le HMS primaire de la queue de vache
- Défaire la queue de vache sur la dynaloop
- Dégager la dynaloop des deux points
- Récupérer ses mousquetons
3. Ranger et préparer. La corde est rangée pour partir proprement. Le matériel du relais est redistribué au baudrier. On vérifie l'encordement.
4. Défaire son vachage principal et grimper. En dernier : le cabestan de vachage sur le HMS primaire. On part seulement quand tout le reste est prêt. La corde est désormais tenue depuis le relais au-dessus — on grimpe en second, assuré depuis le haut.
RAPPEL — Ordre de désinstallation
Le vachage principal se défait en dernier, quand on est prêt à partir et que la corde est correctement tenue depuis le haut. Ne jamais se retrouver sans point de sécurité : si on hésite sur l'ordre, on garde le vachage.

Les six phases forment un cycle complet. La maîtrise de cette cinématique est le point de départ — mais il reste beaucoup à comprendre sur les forces en jeu, les configurations de points et l'organisation avancée.
13.9 Pour aller plus loin
Ce chapitre t'a donné la cinématique complète du relais — ce qu'il faut faire, dans quel ordre, avec quels gestes. C'est le socle. Mais le relais est aussi un terrain de physique, de choix techniques et d'organisation avancée que ce chapitre n'explore pas volontairement.
Quand tu seras à l'aise avec les six phases, voici ce que la Partie 5 t'apportera :
Ch.16 — Les points d'ancrage : pourquoi l'angle de triangulation <60° compte, comment lire la résistance d'un point, que faire quand les ancrages sont médiocres ou en nombre insuffisant.
Ch.17 — Les systèmes de relais : la construction détaillée du triangle dynaloop avec photos et fiches complètes, les cinq types de montage (triangulé, double chaise, semi-directionnel, relais sur équipement en place, relais naturel), et la longe molle — physique, réglage, erreurs fréquentes.
Ch.18 — Organisation du relais : la grimpe en flèche, les transitions complexes avec inversion des rôles, la gestion du matériel à deux sur un relais chargé, la queue de vache dans les transitions.
