Skip to content
P5Maîtriser relais et assurage

Chapitre 16Comprendre les relais

(⊕)

Chapitre 16 — Comprendre les relais

Partie 5 — Maîtriser relais et assurage : le relais et l'assurage, pivot central de la journée.

Le relais est le nœud de toute la grande voie : c'est là que la cordée s'arrête, s'organise et repart. Comprendre sa logique — pourquoi deux points, pourquoi un primaire, pourquoi triangler — c'est comprendre ce qui sépare une cordée qui gère d'une cordée qui subit. Ce chapitre pose les fondations ; les manips concrètes suivront au chapitre 17.

Paroi calcaire blanche en contre-plongée, lumière douce
Le relais — point fixe dans la verticalité, où tout converge avant de repartir.

⚡ ALERTE

Ce chapitre décrit des techniques qui engagent la sécurité. La lecture ne remplace pas l'apprentissage encadré et la pratique supervisée.

16.1 Le relais — pivot de toute la grande voie

Si la grande voie était une partition musicale, le relais en serait la mesure — le point de repère autour duquel tout s'organise. C'est au relais que l'on s'arrête, que l'on s'assure, que l'on change de rôle, que l'on évalue la suite. C'est au relais que la cordée se retrouve, reprend son souffle, vérifie son matériel et prend des décisions. C'est aussi au relais que se concentrent les manœuvres les plus techniques et les plus critiques en matière de sécurité.

Comprendre la logique d'un relais, c'est comprendre le fonctionnement même de la grande voie. Chaque relais répond à une triple exigence : solidité (il doit pouvoir encaisser les forces engendrées par une chute), fiabilité (il ne doit pas dépendre d'un seul point susceptible de lâcher), et fonctionnalité (il doit permettre toutes les manœuvres nécessaires — assurage, transition, mouflage éventuel — de manière fluide et organisée).

On distingue les relais équipés (chaînes, plaquettes, anneaux de rappel installés sur les parois sportives) et les relais à construire soi-même à partir des points d'ancrage disponibles (pitons, plaquettes, lunules, coinceurs). Les premiers simplifient considérablement la tâche. Les seconds exigent une compréhension approfondie de ce chapitre.


Cinq questions à se poser à chaque relais — l'aide-mémoire SEREN.

La FFME et les écoles d'escalade francophones utilisent un mot-clé pour vérifier rapidement un relais : SEREN. Cinq lettres, cinq questions à se poser en quelques secondes une fois le relais construit :

  • S — Solide : chaque point tient-il bien tout seul ?
  • E — Équilibré : la charge est-elle répartie entre les points, sans qu'un seul porte tout ?
  • R — Redondant : si un point lâche, le relais tient encore ?
  • E — Efficace : peut-on construire et défaire le relais sans s'embrouiller ?
  • N — Non-extensible : si un point lâche, le relais ne s'allonge pas d'un coup ?

Ce n'est pas une recette à appliquer, plutôt une grille mentale rapide. Si une réponse est non, il y a quelque chose à corriger avant d'assurer le second.

Comparatif des types de relais

Type de relaisConditions d'usagePoints fortsLimites
Triangulé sur dynaloop2 points équipés espacésÉquilibré, réglable, fiableNœud difficile sous charge
Double chaise sur 2 points2 points proches, spitsRapide, simplePeu équilibré si points asymétriques
Relais sur 1 point + coinceur1 point fixe sainFlexible, adaptableExige un coinceur solide
Relais naturel (arbre, becquet)Terrain non équipéTrès solide si ancrage sainVérification critique obligatoire
Relais en opposition2 points opposés (fissures)Efficace quand pas d'autre choixPlus complexe à construire
Relais équipé (chaîne / maillon)Voies sportives équipéesTrès rapideDépend de l'entretien de la voie

Le schéma résume la logique de choix : chaque configuration de relais répond à une configuration d'ancrage — la bonne lecture du terrain dicte l'option.

Logique du relais : pourquoi, comment, quels critères.

Un relais sert à créer un point d'ancrage solide et fiable pour toute la cordée. Il doit remplir quatre fonctions simultanément : retenir une chute du leader (vers le haut si un point est clipé dans la longueur, vers le bas en facteur 2), retenir une chute du second (vers le bas), permettre le vachage de tous les membres de la cordée, et servir de support à l'assurage dans les deux sens.

Pour cela, un relais doit toujours réunir au minimum deux points d'ancrage reliés entre eux. Un seul point, aussi solide soit-il en apparence, ne constitue jamais un relais — c'est la règle fondamentale de la redondance, évoquée au Ch.4.

Les critères d'un bon relais sont les suivants. La solidité des points d'ancrage individuels : chaque point doit être évalué séparément (broche scellée, piton en bon état, plaquette boulonnée, coinceur bien posé). La qualité de la liaison entre les points : la manière dont on relie les points détermine la répartition des forces et le comportement du relais en cas de rupture d'un point. La position du relais : il doit être installé dans un endroit où l'on peut s'organiser (place suffisante pour les manœuvres), et si possible avec une bonne visibilité sur la longueur suivante. La direction des forces attendues : on construit le relais en fonction de la direction dans laquelle les contraintes vont s'exercer — vers le bas pour retenir un second, mais vers le haut pour retenir un leader qui a au moins un point clipé, et vers le bas (facteur 2) si le leader chute sans avoir clipé le moindre point.

INFO

Alerte — Un relais n'est jamais « à peu près bon ». Chaque point d'ancrage doit être vérifié individuellement : visser les mousquetons, vérifier la solidité de la broche, contrôler l'état du piton, tester le coinceur. Puis la liaison entre les points doit être vérifiée : angles corrects, tension adaptée, pas de frottement dangereux sur une arête.

RAPPEL

Règles du relais (rappel court — ancre canonique en Ch.17 §17.2) : mousquetons vers le bas, virole opposée au rocher, triangulation dans l'axe de charge, nœud impératif, Pavlotin proscrit.


Vue plongeante depuis le sommet d'une longueur — cordes pelotonnées rouge et bleue au premier plan, gorges du Verdon en arrière-plan
Un relais propre se voit avant même qu'on s'y attache : cordes rangées, primaire identifiable, espace dégagé.

Cette logique de système s'applique concrètement au moment d'analyser les points disponibles — c'est là que se joue le choix du montage.

16.2 Analyse des points et choix de configuration

Avant de construire un relais, on analyse les points disponibles. Cette analyse porte sur trois dimensions.

La solidité de chaque point. Une broche scellée dans du rocher sain est en général solide. Une broche rouillée, tordue, qui bouge au toucher ou visiblement mal posée doit être considérée comme suspecte. Un piton qui bouge quand on le secoue ne l'est pas. Une plaquette boulonnée dont la tige est rouillée inspire la prudence. Un coinceur posé par soi-même n'a que la solidité qu'on lui a donnée. On teste chaque point avant de l'utiliser — en le chargeant progressivement, en vérifiant visuellement l'état du support, en évaluant le rocher environnant.

⚡ ALERTE — Ce qu'on ne voit pas toujours

L'UIAA (fédération internationale, document 2020 sur les ancrages d'escalade) attire l'attention sur un risque peu connu : un type de corrosion qui se développe à l'intérieur du métal, sans laisser de trace visible à l'extérieur. Un spit qui paraît neuf peut donc avoir été fragilisé. Ce risque touche surtout les sites en bord de mer et en climat chaud humide, là où le sel et l'humidité attaquent le métal. Pas de panique sur tout ancrage un peu rouillé — l'idée est plutôt de retenir que regarder ne suffit pas toujours. Sur un site sensible, on privilégie les voies récemment équipées par un équipeur connu.

La direction de résistance. Un point d'ancrage ne résiste pas de la même manière dans toutes les directions. Un piton résiste bien à une traction vers le bas mais peut sortir si la traction est vers le haut. Un coinceur résiste dans un sens mais peut glisser dans l'autre. Cette analyse conditionne le choix du type de relais et l'orientation de la liaison entre les points.

L'espacement entre les points. L'écart entre les points d'ancrage détermine le type de relais réalisable et l'angle que va former la liaison. Plus les points sont éloignés, plus l'angle est ouvert, et plus les forces sur chaque point augmentent. Petzl et les écoles de guides anglo-saxonnes (AMGA) donnent quelques repères simples :

Angle au sommetForce sur chaque pointVerdict
60°un peu plus de la moitié de la chargezone à viser
90°environ trois quarts de la chargeacceptable, limite haute
120°autant que la charge totalela triangulation ne sert plus à rien
> 120°plus que la charge totalele relais devient pire qu'un seul point

La règle pratique : on cherche un V dont l'angle au sommet est inférieur à 60° — plus les deux branches du V s'ouvrent, plus les forces sur chaque ancrage augmentent. Si le V paraît plat ou ouvert, on raccourcit la sangle pour rapprocher le primaire, ou on change de configuration.

Vue depuis le pied d'une longueur — cordes multiples qui partent d'un relais en paroi
Les cordes qui partent d'un relais — vue d'en bas, on lit la cordée d'au-dessus.

Le relais doit tenir dans les deux sens. D'habitude, on pense le relais pour retenir une charge vers le bas : c'est le second qui pend, ou le second qui chute. Mais il y a un autre cas qu'on oublie facilement : le leader qui repart en tête. Dès qu'il a clipé son premier point dans la longueur, une chute tire le relais vers le haut — la corde fait un renvoi sur ce point. En revanche, si le leader chute avant d'avoir clipé le moindre point, le choc est un facteur 2 et tire le relais vers le bas. Un bon relais doit donc tenir dans les deux directions. Sur les relais équipés en voie sportive (chaîne + maillon rapide), c'est déjà le cas par construction. Sur les relais qu'on construit soi-même, il faut y penser au moment de choisir les points — éviter par exemple un piton qui ne tient que vers le bas.

⚡ ALERTE — Facteur 2 : le choc tire vers le bas

Le leader qui chute avant d'avoir clipé son premier point génère un facteur 2 — le choc tire le relais vers le bas. C'est la chute la plus violente possible en grande voie. Dès qu'un point est clipé dans la longueur, la direction du choc s'inverse et tire le relais vers le haut. Clipper rapidement le premier point en repartant en tête est donc une priorité de sécurité.

⚡ ALERTE — Axe de la triangulation = axe du second (pas axe de la suite de voie)

Quand on installe un relais avec une triangulation, l'axe sur lequel la triangulation joue doit pointer vers le second (vers le point où la corde redescend), pas vers la suite de la voie (où on repartira en tête). Ce détail est particulièrement important si une traversée a précédé l'arrivée au relais ou si l'on prévoit de moufler (→ Ch.22).

Une triangulation orientée par rapport à la suite de la voie peut produire deux conséquences néfastes au moment où l'on en a le plus besoin : (1) un mouflage devient mécaniquement plus difficile parce que la résultante des forces sort de l'axe optimal du relais ; (2) la sécurité du second et la stabilité du relais elles-mêmes peuvent être compromises sous traction latérale imprévue, en particulier sur des points dont la direction de résistance est mal alignée. C'est un détail qui se règle au moment de choisir les points et orienter la sangle — quasi gratuit à l'installation, impossible à corriger après coup quand le second pend déjà dessus.


Relais relié vs relais non relié — la distinction de base.

Avant d'entrer dans les différents types de relais (triangulé, double chaise, anglaise…), il faut bien distinguer deux familles :

  • Le relais relié : on connecte soi-même les deux ancrages avec une sangle, une dynaloop ou une cordelette — ce terme désigne la liaison créée par le grimpeur, pas les équipements fixes installés par les équipeurs. On se vache sur cette liaison (le primaire). C'est la configuration par défaut en grande voie : elle permet la répartition des charges entre les deux points (un seul peut subir une chute du second et tenir, mais c'est mieux quand les deux travaillent ensemble) et garantit la redondance (si un point lâche, l'autre prend immédiatement la charge via la liaison).
  • Le relais non relié (= vachage indépendant sur chaque point, sans liaison entre eux). On se vache séparément sur chaque point, l'un après l'autre. Aucune répartition de charge possible, aucune redondance fonctionnelle pour l'assurage du second (la fonction de relais n'existe que par la conjonction des vachages — il n'y a pas de « primaire » sur lequel monter l'autobloquant). C'est une configuration transitoire, à n'utiliser que quelques secondes le temps de finaliser une triangulation, ou en dépannage extrême.

En grande voie, on travaille presque toujours en relais relié. Les différents types (triangulé, double chaise, anglaise, semi-directionnel) qui suivent sont des variantes du relais relié — ils diffèrent par la géométrie de la liaison, pas par le principe.

RAPPEL — Préférence doctrinale

Quand un relais en place (chaîne scellée ou plaquettes reliées par une chaîne et des maillons) est disponible et inspecté en bon état, on l'utilise tel quel — c'est le cas le plus simple et le plus sûr. Construire un relais relié sur dynaloop est utile quand les points ne sont pas reliés mécaniquement entre eux (plaquettes seules) ou quand on veut renforcer une chaîne douteuse.

⚡ ALERTE

Le relais directionnel classique (vachage sur un seul point avec report des forces) n'est plus recommandé. Préférer systématiquement le relais triangulé ou le relais non relié sur deux points indépendants.


Une fois la distinction relié/non relié posée, on entre dans les variantes concrètes — chacune répond à une configuration de terrain particulière.

Triangulation, semi-directionnel, relais non relié : principes et choix.

Il existe plusieurs manières de relier deux points d'ancrage pour former un relais. Le choix dépend de la configuration des points (hauteur, espacement, solidité relative) et de la direction des forces attendues.

Le relais triangulé est le plus courant. On relie les deux points avec une sangle (dynaloop) en formant un triangle dont le sommet inférieur constitue le point de vachage (le « primaire »). Si un point lâche, le triangle se réorganise autour du point restant. Pour que ce relais fonctionne correctement, les deux points doivent être à peu près à la même hauteur et suffisamment proches pour que l'angle au sommet reste inférieur à 60 degrés. C'est le relais à privilégier en première intention.

Le relais non triangulé (double chaise) s'impose quand les deux points ne sont pas à la même hauteur ou sont trop espacés pour un angle correct. On fixe la sangle sur chaque point séparément (avec un nœud de chaise sur le point bas et un cabestan sur le point haut), et on se vache sur le point bas. La sangle entre les deux points est tendue proprement : une dynaloop tendue partage activement la charge dès l'utilisation normale. Voir Ch.17 §17.3 pour la procédure pas-à-pas.

Le relais à l'anglaise est utilisé quand les points sont trop éloignés pour une triangulation classique mais qu'on souhaite malgré tout répartir les charges. On passe la sangle dans les deux points et on fait un nœud simple au milieu, qu'on positionne de manière à diriger la force résultante dans l'axe souhaité. Le primaire se place sur les deux brins de part et d'autre du nœud.

Le relais semi-directionnel combine répartition des charges et orientation préférentielle. On confectionne deux nœuds simples espacés de 20 centimètres au milieu de la sangle, puis on fait vriller un des brins entre les deux nœuds. Ce montage limite la chute en cas de rupture d'un point à la distance entre les deux nœuds, tout en orientant la force dans une direction privilégiée. C'est un relais plus avancé, recommandé quand la direction de traction n'est pas strictement vers le bas.

Le relais non relié (vachage indépendant sur chaque point) consiste à se vacher sur chaque point séparément, l'un après l'autre, sans liaison entre eux. Ce n'est pas une configuration recommandée : aucune répartition des charges (chaque point peut donc être seul à reprendre tout le choc), pas de redondance fonctionnelle (la fonction de relais n'existe que par la conjonction des vachages — il n'y a pas de « primaire » sur lequel monter l'assurage du second). On peut s'en servir à titre strictement transitoire (quelques secondes, le temps de finir d'installer une vraie triangulation), mais on ne s'y attarde pas. En cas d'urgence, mieux vaut une triangulation rapide même imparfaite qu'un vachage en série.

INFO

Tableau de décision — Quel type de relais selon la configuration

Points proches, à hauteur comparable → relais triangulé. Points à hauteurs différentes ou éloignés → relais double chaise (non triangulé). Points très éloignés, angle défavorable → relais à l'anglaise. Direction de traction variable ou latérale → relais semi-directionnel. (Vachage indépendant : à éviter — configuration transitoire seulement.)



16.3 Le relais comme espace de décision

Le relais n'est pas seulement un ancrage.

Un relais peut être solide et pourtant mal exploité. En grande voie, le relais doit être compris comme un poste de travail temporaire : on s'y sécurise, on y assure, on y communique, on y trie le matériel, on y prépare la longueur suivante, on y prend parfois une décision de renoncement. Sa qualité ne se mesure donc pas seulement à sa résistance théorique, mais aussi à sa lisibilité et à sa fonctionnalité.

Fonction du relaisQuestion à se poserConséquence pratique
SécuriserEst-ce que chaque membre de la cordée est relié clairement ?Vachage immédiat et vérifiable
AssurerL'assurage travaille-t-il dans le bon axe ?Orientation du système avant mise en charge
OrganiserLes cordes et le matériel sont-ils lisibles ?Séparation des lignes, matériel trié
DéciderLa suite est-elle claire ?Lecture topo, TECAP, décision continuer/adapter
IntervenirPeut-on moufler, descendre ou aider ?Garder une ligne de manœuvre disponible

FACTEUR HUMAIN

Les erreurs au relais viennent souvent d'une illusion de pause : on croit être “arrivé”, donc l'attention baisse. En réalité, le relais est l'un des moments les plus denses cognitivement : plusieurs systèmes coexistent, plusieurs personnes bougent, plusieurs décisions s'enchaînent. Il faut ralentir mentalement, ne pas relâcher l'attention.

Vue depuis le relais en pleine paroi du Verdon — corde rouge tendue, perspective verticale sur la longueur précédente
Le relais comme poste de travail. On y arrive, on y respire, on y construit la suite.

16.4 Storyboard et logique de choix

PlanMomentObservation / actionObjectif pédagogique
1ArrivéeLe leader se vache immédiatementPriorité à la sécurité personnelle
2LectureIl observe les points disponiblesNe pas construire avant d'avoir analysé
3Test visuelIl regarde rocher, plaquettes, broches, pitons, sanglesÉvaluer chaque point séparément
4DirectionIl identifie d'où viendra la charge : second, leader, traverséeConstruire pour la force réelle, pas pour un schéma abstrait
5EspaceIl observe la place disponible pour deux ou trois personnesPrévenir l'encombrement
6ChoixIl choisit le type de relais adaptéRelier configuration et technique
7InstallationIl construit sans mélanger lignes de sécurité et lignes de manœuvreMaintenir la lisibilité
8VérificationIl contrôle mousquetons, nœuds, angles, frottementsTransformer la vérification en réflexe
9Mise en serviceIl installe l'assurage du secondLe relais devient fonctionnel
10Préparation suiteIl anticipe départ, matériel, corde, topoLe relais prépare la longueur suivante

RENVOIS COMPLÉMENTAIRES

Pour les communications de relais (signaux, CORDE, appels) → Ch.9 §9.2. Pour la séquence ravaler corde / installer assurage du second → Ch.13 §13.4. Pendant l'assurage du second, utiliser le temps pour lire la longueur suivante — topo, voie naturelle, prochaine protection.

Choisir le type de relais : logique simplifiée.

Configuration observéeRelais à privilégierNiveauPoint de vigilance
Deux points proches, même hauteurTriangulé simpletronc communAngle inférieur à 60°
Deux points décalés en hauteurDouble chaise ou système non triangulé(⊕)Éviter une fausse répartition
Points éloignésRelais à l'anglaise ou solution spécifique(⊕)Gérer l'angle et l'allongement potentiel
Direction de charge latéraleRelais orienté / semi-directionnel(⊕)Construire dans l'axe du second ou de la traversée
Relais équipé chaîneUtilisation du point du bas (maillon rapide) si saintronc communVérifier usure, corrosion, maillon
Point douteuxRenforcer ou changer de stratégie(⊕)Ne pas compenser un mauvais point par un beau montage

DÉTAIL QUI CHANGE LA JOURNÉE

Au relais, garder une zone “propre” pour le système d'assurage et une zone “vivante” pour le matériel en circulation. Quand tout est accroché sur le même mousqueton, chaque action impose de démêler avant d'agir.

La logique de choix établie, il reste à identifier les pièges les plus fréquents — ceux qui rendent un relais dangereux malgré une construction apparemment correcte.

16.5 Erreurs à corriger

ErreurPourquoi elle est dangereuseCorrection pédagogique
Penser qu'un relais est bon parce qu'il a deux pointsDeux mauvais points ne font pas un bon relaisÉvaluer chaque point séparément
Confondre triangulation et magieUne mauvaise triangulation peut aggraver les forcesExpliquer angles, direction, allongement
Installer l'assurage n'importe oùLe système peut mal travailler ou devenir illisiblePlacer l'assurage dans l'axe utile
Ignorer la position du secondTraversée, pendule ou arrivée compliquéeConstruire pour la trajectoire réelle du second
Tout centraliser sur un mousquetonConfusion, frottements, erreur de manipulationSéparer sécurité, assurage et manœuvre

Ces erreurs se diagnostiquent bien au sol, avant d'être sous charge. L'exercice suivant permet de les reconnaître en situation réelle.

POUR LES GRIMPEURS QUI DÉCOUVRENT LES GRANDES VOIES

La section suivante est un exercice pratique avancé — il demande d'avoir assimilé les cinq facteurs de qualité d'un relais et de pouvoir les mobiliser sous contrainte terrain. Tu peux passer directement au chapitre 31 — Connaître le milieu.

16.6 Exercice au sol — cinq relais, cinq décisions (⊕)

Créer cinq configurations au pied d'une falaise, sur un mur école ou avec des points fictifs. Pour chaque configuration, le grimpeur doit expliquer son choix avant de construire.

ConfigurationQuestion attendueCritère de réussite
Deux points prochesPeut-on trianguler simplement ?Angle favorable, primaire clair
Points décalésComment éviter une fausse égalisation ?Relais adapté, pas de tension artificielle
Traversée arrivant de gaucheDans quel axe travaille l'assurage ?Relais orienté vers le second
Relais avec chaîne uséeLe point du bas (maillon rapide) est-il acceptable ?Inspection et renforcement si doute
Relais encombré à troisOù vont les personnes et les cordes ?Organisation lisible avant assurage

Contenu sous licence Creative Commons BY-NC-SA 4.0