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Vue plongeante depuis une paroi, corde rose tendue vers le bas et vallée végétale au fond
Descendre seul, sans personne pour tenir la corde en bas : c'est là que l'autobloquant prend son sens.

Le machard

Un autobloquant est un anneau de cordelette enroulé autour de la corde d'escalade, qui coulisse tant qu'on l'accompagne et mord dès qu'on le lâche. Le machard est celui qu'on utilise le plus en grande voie, et son domaine principal est le rappel — là où le grimpeur descend seul, sans partenaire pour bloquer la corde en cas de problème.

Il coûte quelques dizaines de grammes et trente secondes d'installation. C'est le meilleur rapport sécurité sur effort de tout le matériel de grande voie.

En un coup d\'œil

1

Il remplace le partenaire absent

En rappel, personne ne tient la corde en bas. L'autobloquant est le seul dispositif qui arrête la descente si la main lâche.

2

Il exige une main qui l'accompagne

On le pousse vers le bas à mesure qu'on descend. Trop serré dans la main, il ne mord plus.

3

La cordelette est du matériel systématique

Pré-nouée en anneau, elle fait partie du baudrier au même titre que les mousquetons.

⚡ ALERTE

L'autobloquant est le dispositif de dernier recours d'une descente en rappel. Lire une page ne remplace ni l'apprentissage encadré, ni la pratique supervisée.

Le principe, et son point faible

Un machard tient parce que les spires de cordelette se resserrent sur la corde quand on tire dessus dans l'axe. Plus la charge augmente, plus il mord — c'est un système qui se renforce sous contrainte, ce qui est exactement la propriété qu'on cherche.

Son point faible tient dans la même mécanique : il ne mord que si rien ne l'empêche de se resserrer. Une main crispée dessus, un doigt qui reste passé dans une spire, un autobloquant qu'on tient au lieu de l'accompagner — et le nœud reste ouvert, glissant sans jamais bloquer. Le grimpeur descend alors avec une sécurité qu'il croit active et qui ne l'est pas.

D'où la formule qui résume tout : la main pousse, elle ne serre pas. On accompagne le machard vers le bas au fil de la descente, en le poussant du plat de la main, et on le lâche complètement au moindre problème.

Gros plan sur une paroi calcaire avec une branche d'arbre en haut et une corde rose qui descend
Une descente en rappel dure quelques minutes. Le relâchement d'attention arrive avant la fin.

Choisir sa cordelette, et l'avoir sur soi

Le machard se confectionne sur un anneau de cordelette pré-noué — pas sur une sangle, pas sur un bout de corde improvisé. Le diamètre compte : trop gros, l'anneau ne mord pas sur la corde ; trop fin, il s'use vite et peut fondre sous une charge glissante.

Le vrai sujet n'est pas technique, il est logistique. La cordelette autobloquante fait partie du matériel systématique, au même titre que le casque ou les mousquetons à vis. Oubliée au sol, elle oblige soit à remonter la chercher, soit à improviser un autre autobloquant — ce qui prend nettement plus de temps et suppose de connaître les variantes.

Le machard a des cousins qu'il vaut la peine de connaître : le prusik, symétrique, qui bloque dans les deux sens ; le machard tressé, plus mordant, utilisé en mouflage ; le valdotain, qui se confectionne sans anneau pré-noué et dépanne quand la cordelette est restée en bas.

Confection d'un machard sur la corde d'escalade, spires régulières autour du brin
Des spires régulières, bien alignées : un machard qui mord proprement se reconnaît à sa netteté.

L'erreur qui revient tout le temps

Elle ne concerne pas la confection, qui s'apprend en une séance. Elle concerne l'attention après l'installation.

Le schéma est toujours le même. On confectionne le machard au relais, on tire dessus pour vérifier qu'il bloque, on constate qu'il bloque — et à partir de cet instant, on considère le problème comme réglé. La descente commence, la main se referme sur le nœud pour le faire coulisser, et le machard passe silencieusement du statut de sécurité active à celui de décoration.

La parade tient en une habitude : relâcher volontairement le machard une fois pendant la descente, à un moment choisi, pour vérifier qu'il mord toujours. Trois secondes, une fois par rappel. C'est ce qui transforme une vérification faite au départ en vérification qui vaut encore à l'arrivée.

🏔️ TERRAIN

Un machard trop long remonte contre l'appareil de freinage et se retrouve écrasé, donc inopérant. La longueur de l'anneau se règle une fois pour toutes au sol, avec le baudrier et l'appareil qu'on utilise réellement — pas au relais, avec des gants.

À retenir

  • La main pousse, elle ne serre pas — un autobloquant tenu dans le poing ne peut pas se resserrer, donc ne bloque rien.
  • Vérifier en cours de descente, pas seulement au départ — trois secondes de relâchement volontaire suffisent.
  • La cordelette est du matériel systématique — oubliée au sol, elle coûte une remontée ou une improvisation.
  • La longueur se règle au sol — un anneau trop long vient s'écraser contre l'appareil de freinage.
  • Connaître au moins une variante — valdotain ou prusik dépannent le jour où la cordelette manque.

FACTEUR HUMAIN

L'autobloquant appartient à la catégorie des sécurités passives — celles qui ne servent que quand tout le reste a échoué. C'est précisément ce qui les rend faciles à négliger : pendant des centaines de rappels, ne pas en mettre n'aura aucune conséquence visible. La statistique se rattrape d'un coup.

Pour aller plus loin

Cette page traite du machard et de son usage en rappel. Le chapitre couvre les autobloquants spécialisés — prusik, machard tressé, valdotain — leur confection, leurs domaines respectifs, et la préparation des cordelettes et des sangles.

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