Skip to content
Rack de coinceurs mécaniques et de câblés aligné au pied d'une fissure
Chaque pièce du rack est un point qui n'existe pas encore. C'est le grimpeur qui le fera exister.

Partie 9 — La grande voie en terrain d'aventure ​

Le chapitre 35 a ouvert plusieurs horizons au-delà de l'autonomie de cordée. L'un d'eux, le terrain d'aventure, demande plus qu'une ouverture : il demande des gestes, des montages, des décisions qu'aucune des parties précédentes ne détaille. Cette partie les rassemble. Elle s'adresse aux cordées qui pratiquent déjà régulièrement la grande voie équipée et qui veulent aller là où les points se font rares — voies partiellement équipées, relais à compléter ou à construire, longueurs où rien n'est en place.

En grande voie équipée, on hérite d'une chaîne de sécurité. En terrain d'aventure, on la fabrique. Les points, les relais, l'entretien : sur une voie équipée, quelqu'un a pris ces maillons à sa charge avant le passage de la cordée. En terrain d'aventure, ce contrat disparaît. Un point en place n'est plus une preuve, seulement un indice qui se vérifie et se double. La cotation ne suffit plus à juger une voie. Et la décision — poser un point de plus, désescalader, renoncer — redevient un geste technique à part entière.

Coup de cœur

Cet encart accueillera le témoignage d'un grimpeur ou d'une grimpeuse pratiquant la grande voie en terrain d'aventure — le passage de la grande voie équipée aux protections posées, la première longueur menée sur ses propres points, ce que cette pratique a changé dans la lecture du rocher.

Format attendu : deux ou trois paragraphes dans la voix de la personne, à partir d'une voie ou d'un moment précis.

Vous grimpez en terrain d'aventure et souhaitez en témoigner ? Écrivez-nous via la [page Contact](/contact).

Témoignage à venir
Témoignage à venirUn(e) grimpeur(se) de terrain d'aventure — à recueillir

Ce qui change, ce qui ne change pas ​

Le terrain d'aventure ne remplace pas ce que le livre a construit jusqu'ici. Il s'appuie dessus. Les nœuds, l'assurage, le rappel, la communication, la marge restent les mêmes ; ce qui change, c'est tout ce que la voie équipée fournissait sans qu'on y pense.

DomaineCe qui ne change pasCe qui change en terrain d'aventure
Points de progressionOn protège la longueur pour limiter la chutePersonne ne garantit les points : chaque point en place se juge, les autres se posent
RelaisPoints solides, redondance, répartition des charges (Ch.16)Le relais est à contrôler, à compléter ou à construire sur ses propres protections
CordéeRôles et annonces (Ch.8, Ch.9)Le second nettoie la longueur ; le matériel s'échange à chaque relais
Nœuds et assurageLes mêmes gestes (Ch.11, Ch.19)L'assurage du leader tient compte de points dont on ignore la résistance réelle
ChuteToujours à anticiperÀ juger section par section ; certaines longueurs se grimpent sans droit à la chute
RetraiteRappel, réchappe (Ch.14, Ch.15)Elle s'organise, souvent en abandonnant du matériel
TempsHeure limite, marge horaire (Ch.28)Poser, nettoyer, construire les relais : chaque longueur prend nettement plus de temps
Compétence cléGrimper avec margeJuger : le rocher, la protection, l'engagement

Cette partie ne remplace pas une formation encadrée. Plus encore qu'ailleurs dans le livre, la lecture prépare l'apprentissage ; elle ne le remplace pas. La pose d'une protection, la construction d'un relais, la retraite sur matériel abandonné s'apprennent d'abord sans risque — en second derrière un grimpeur expérimenté, au sol, en moulinette — avant d'être menées en tête.

Les chapitres ​

Grande paroi vue depuis le bas, en perspective
Lire la paroi pour savoir où elle se laisse protéger — c'est le premier geste du terrain d'aventure.

Chapitre 36 — Par où commencer ​

Tout commence avant la première longueur. Ch.36 — Lire et choisir une voie de terrain d'aventure apprend à lire un topo comme une fiche de risque plutôt que comme une fiche de difficulté : la cote obligatoire plutôt que la cote maximale, l'état des relais, le matériel conseillé, l'exposition entre les points, les échappatoires et la descente. Il présente les cotations d'engagement, la préparation de la sortie et les questions à se poser avant de partir. Il apprend ensuite à lire le rocher — tester une prise, progresser en rocher instable, se protéger des chutes de pierres —, à savoir quand ne pas chuter, à respecter les règles du jeu propres au terrain d'aventure, et il trace un parcours de progression vers l'autonomie, étape par étape. La règle qui en sort est simple : on commence nettement sous son niveau sportif, sur une cote obligatoire basse, avec une heure limite de demi-tour.

Chapitre 37 — Le rack ​

Ch.37 — Le rack présente les familles de protections — coinceurs câblés, excentriques, tricams, friends — et ce qui les distingue. Il explique comment composer un rack selon le rocher et la voie, comment l'organiser sur le baudrier pour trouver la bonne pièce sans chercher, quel rôle jouent les sangles et les dégaines extensibles, et ce que le terrain d'aventure change pour la corde à double et le casque. Il rappelle aussi qu'un rack complet acheté trop tôt donne un faux sentiment de compétence : on commence petit, et on apprend à poser avant d'acheter.

Chapitre 38 — Poser ses protections ​

C'est le cœur du terrain d'aventure. Ch.38 — Poser ses protections part de la lecture du rocher, avant toute pose, puis détaille le choix de la protection, la pose et le retrait de chaque famille, l'usage des protections naturelles, l'orientation et l'opposition, la gestion du tirage par les rallonges, et la question de savoir où et quand protéger. Il traite enfin l'évaluation des points déjà en place — vieux pitons, vieux spits, sangles abandonnées — qui sont des indices, jamais des garanties, et le pitonnage, réservé à certaines voies anciennes quand le règlement du site le permet.

Chapitre 39 — Construire un relais sur protections mobiles ​

Le relais est la seule partie du système qui doit tenir à coup sûr, parce qu'il porte les deux grimpeurs à la fois. Ch.39 — Construire un relais sur protections mobiles prolonge la logique du relais posée au Ch.16 et l'applique à des points posés soi-même, autour de cinq principes — solide, redondant, réparti, sans extension, simple et rapide : choix de l'emplacement, nombre de points, angle entre les brins, puis les montages — cordelette à point central noué, X coulissant, quad, relais sur la corde par cabestans —, les ancrages naturels, le relais mixte avec un point en place douteux, le relais multidirectionnel et le point de renvoi au départ de la longueur. Une idée le traverse : construire comme si un point allait lâcher, et ne crier « relais » qu'après la check-list.

Chapitre 40 — La cordée en terrain d'aventure ​

Ch.40 — La cordée en terrain d'aventure regarde ce que le terrain d'aventure change à la vie de la cordée, où chaque longueur prend nettement plus de temps qu'en voie équipée : repartir du relais et assurer un leader sur des points posés, gérer la double corde, protéger le second en traversée, nettoyer la longueur, échanger le rack au relais, économiser le matériel. Il traite aussi le renoncement et la descente sur matériel abandonné, ce que le terrain d'aventure change à l'autosecours, puis, en approfondissement, la retraite du leader en milieu de longueur, les ancrages de rappel douteux et la corde tendue. Les fondamentaux de la cordée (Partie 3) restent valables ; ce chapitre ne détaille que ce qui s'y ajoute.

Chapitre 41 — Grimper les fissures ​

Une grande partie des voies de terrain d'aventure suit des fissures. Ch.41 — Grimper les fissures présente les coincements — doigts, main, poing, pied — selon la largeur de la fissure, et la logique qui les relie aux protections : les rétrécissements sont les meilleurs endroits à la fois pour se coincer et pour protéger. On se coince d'abord, on pose le point ensuite. Il traite aussi le Dülfer et l'opposition, la façon d'aborder une longueur en fissure sans s'y épuiser et la fabrication des gants de strap. Ses dernières sections, en approfondissement, donnent trois techniques de corde : traversée en tension et pendule, artif improvisé pour franchir un pas, hissage du sac. Ce chapitre ferme la partie sur le geste lui-même.

La suite — la Partie 10 ​

Après ces six chapitres, le livre change une dernière fois de registre. La Partie 10 — Ce que les voies nous apprennent en est la conclusion : elle ne cherche plus à enseigner des gestes, mais à nommer ce que la pratique des grandes voies — équipées ou non — fait à ceux qui la vivent.

Contenu sous licence Creative Commons BY-NC-SA 4.0