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P9La grande voie en terrain d'aventure

Chapitre 39Construire un relais sur protections mobiles

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Chapitre 39 — Construire un relais sur protections mobiles ​

→ Partie 9 — La grande voie en terrain d'aventure : en grande voie équipée, on hérite d'une chaîne de sécurité ; en terrain d'aventure, on la fabrique.

En grande voie équipée, le relais existe déjà : deux points reliés par une chaîne, parfois un anneau. En terrain d'aventure, il est à construire, avec ce qu'on porte et ce que le rocher offre. C'est la seule partie du système qui doit tenir à coup sûr, parce qu'elle porte les deux grimpeurs à la fois. Un point intermédiaire qui saute rallonge une chute. Un relais qui saute, c'est la cordée entière qui tombe.

La cinématique ne change pas : s'installer, assurer le second, l'accueillir, repartir, dans l'ordre du Ch.13. Les principes non plus : au moins deux points reliés entre eux, un primaire, un angle de triangulation inférieur à 60° (Ch.16, Ch.17). Ce qui change, c'est qu'il faut fabriquer les points, puis les relier sans savoir ce que chacun vaut vraiment. La pose des pièces est traitée au Ch.38 ; la vie de la cordée au relais (vachage, assurage, changement de leader) au Ch.40.

Rack de coinceurs mécaniques et de câblés alignés devant une fissure de grès rouge
Au relais, ces pièces cessent d'être des points de progression : elles deviennent l'ancrage de toute la cordée.

⚡ ALERTE

Ce chapitre décrit des montages qui engagent directement la sécurité de la cordée. La lecture ne remplace pas l'apprentissage encadré et la pratique supervisée sous la direction d'un guide de haute montagne, d'un moniteur breveté ou d'un grimpeur expérimenté reconnu compétent. Les montages les plus délicats se répètent au sol avant d'être utilisés en paroi.


39.1 Ce qui change quand on fabrique le relais ​

Les manuels anglo-saxons résument les principes par des acronymes (RENE, SERENE, ERNEST). Ils disent tous la même chose : ce qui compte, c'est ce que chaque principe protège.

PrincipeCe qu'il faut obtenirPourquoi
SolideChaque point dans un rocher sain, orienté dans la direction de la chargeTrois friends dans une écaille qui bouge forment un seul mauvais point
RedondantAu moins deux points indépendants, des brins indépendants, aucun élément unique dont la rupture fait tout tomberOn ne connaît jamais vraiment la résistance d'un placement : on construit en supposant qu'un point va lâcher
RépartiLa charge partagée entre les points, surtout s'ils sont moyensDeux points moyens qui travaillent ensemble tiennent plus qu'un seul qui prend tout
Sans extensionSi un point lâche, le point central ne descend pas, ou de quelques centimètresUn point central qui glisse de 30 cm choque le point restant au pire moment
Simple et rapideUn montage rapide, contrôlable d'un coup d'œil, qui laisse du matériel pour la suiteUn relais complexe cache ses erreurs, fait perdre du temps et refroidit la cordée

L'arbitrage central. Répartition et absence d'extension tirent en sens opposés. Un point central mobile (sangle coulissante) suit la charge mais s'allonge si un point casse ; un point central fixe (nœud) ne s'allonge pas, mais la charge se concentre sur un brin dès que la traction devient latérale. On parle de relais semi-directionnel (point central mobile) et mono-directionnel (point central fixe). L'enseignement actuel place la redondance et l'absence d'extension d'abord : le relais noué est le montage par défaut, le coulissant, toujours limité par des nœuds, sert quand la direction de charge va varier. C'est la logique du Ch.17 : les montages sans nœud sont écartés.

Le plan de relais. Avant de poser quoi que ce soit, cinq questions, dans l'ordre : comment relier et répartir les points ? où se tenir pendant l'assurage ? comment se relier au relais ? comment assurer le second ? où ranger la corde qui remonte ? Une minute de réflexion évite de démonter un relais dont le point central se retrouve dans le dos de l'assureur ou trop bas pour la plaquette d'assurage.

RAPPEL

Construire comme si un point allait lâcher. Si la réponse à « que se passe-t-il quand ce point saute ? » est « le relais descend d'un mètre » ou « tout tombe », le relais est à refaire.


39.2 Choisir l'emplacement ​

L'emplacement se décide avant d'y arriver, tant qu'il reste du matériel et des bras.

  1. Repérer à l'avance, dans les dix derniers mètres : vire, fissure saine, arbre, vieux point. Le second annonce la corde restante (Ch.9).
  2. Garder du matériel : réserver dès le départ de la longueur deux ou trois tailles moyennes de friends, quelques coinceurs, la cordelette ou la sangle, trois mousquetons à vis (Ch.37). Ne pas poser en route la dernière pièce de la taille qu'offre la fissure du relais.
  3. Le rocher avant le confort : une vire confortable sous un rocher pourri est un mauvais relais. Un son creux signale une écaille.
  4. Deux zones distinctes : deux fissures, ou deux endroits espacés d'au moins 30 à 50 cm sur la même. Une fissure qui s'ouvre peut faire sortir tous les points.
  5. Points à hauteur d'épaule ou au-dessus, pour un point central à hauteur de poitrine.
  6. Penser à la longueur suivante : repérer où sera le premier point du leader.
  7. Se mettre hors des chutes de pierres, décalé de l'axe de la longueur suivante si possible.
  8. Mousquetonner la corde dans le premier point posé : tant que le relais n'est pas fini, il protège le leader s'il glisse en manipulant.
ErreurConséquenceCorrection
Tout poser dans la longueurRelais bricolé sur des points médiocresRéserver le matériel du relais au départ
Tous les points derrière la même écaille ou dans la même fissureUne seule faiblesse emporte toutÉléments et structures distincts
Relais au pied d'un ressaut, sans point au-dessusChute du leader suivant directement sur le relaisRemonter de quelques mètres ou prévoir un renvoi (§39.13)
S'arrêter en bout de corde par obligationRelais posé n'importe oùS'arrêter 5 m plus tôt sur un bon emplacement

FACTEUR HUMAIN

Deux erreurs guettent la fin de longueur : s'arrêter en bout de corde par obligation, et crier « relais » avant d'avoir fini. La première se prévient en décidant l'emplacement dans les dix derniers mètres ; la seconde, en annonçant d'abord au second qu'on est vaché, avec les codes convenus (Ch.9), et « relais » seulement après la check-list (§39.16).


39.3 Combien de points, et quelle confiance ​

  • Trois points posés : le standard sur coinceurs et friends de taille moyenne. Redondance réelle même si l'un est médiocre.
  • Deux points : s'ils sont excellents (friends moyens ou gros en fissure parfaite, gros coinceur bien assis, piton sain plus friend parfait, deux spits sains).
  • Un seul point : uniquement un ancrage naturel indiscutable (§39.9) ou un relais équipé moderne en parfait état. Même alors, redondance du matériel : sangle doublée ou deux mousquetons à vis opposés. Un friend parfait ou un piton récent ne sont jamais des relais à un seul point.

Raisonner en points de confiance. En France, aucun barème chiffré n'est enseigné : on raisonne « au moins deux points solides, reliés ». Un barème indicatif oblige pourtant à se poser la question pour chaque pièce.

AncrageValeur indicative
Gros arbre vivant bien enraciné, gros becquet solidaire de la paroi10
Friend moyen ou gros, fissure parfaite, rocher sain5
Coinceur moyen bien assis dans un étranglement5
Piton sain, bien enfoncé, qui sonne clair4 à 6
Petit friend ou petit coinceur2 à 3
Vieux spit ou piton douteux, sangle en place décolorée0 à 2

Un usage répandu consiste à viser au moins 12 à 15 pour un relais d'assurage, avec au moins deux ancrages indépendants. C'est un garde-fou, pas une certification.

🏔️ TERRAIN — La règle des 6 britannique

Les écoles britanniques comptent plus simplement : goujon récent ou gros arbre sain 3, protection bien posée 2, micro-coinceur ou micro-friend 1, point douteux 0 ; le relais doit totaliser au moins 6. Les deux barèmes ne s'additionnent pas : choisir l'un ou l'autre comme garde-fou, pas comme vérité.


39.4 L'angle et la répartition ​

Plus les brins s'écartent, plus chaque point reçoit de charge ; au-delà d'un certain angle, chaque point reçoit plus que la charge totale. Comme pour le relais triangulé (Ch.13 §13.3.2), on vise un angle inférieur à 60°. Au-delà, la charge sur chaque point monte vite : à 90°, elle atteint environ 71 %, c'est la limite à ne pas dépasser.

Quatre relais à deux points avec des angles de 30, 60, 90 et 120 degrés et la part de charge sur chaque point
Figure 39.1 — Part de la charge sur chaque point selon l'angle entre les brins.
Angle au point centralCharge sur chaque point
30 à 60°Un peu plus de la moitié : bon
90°Environ 71 % : limite à ne pas dépasser
Vers 120°100 % : la répartition ne sert plus à rien
Au-delàPlus que la charge totale : dangereux

Pour corriger : allonger les brins, rapprocher les points, ou ajouter un point intermédiaire. Un « V » étroit est bon ; un « T » ou une ligne plate est à refaire.

Ce qui fausse la répartition, même avec un bon angle.

Charge décalée sur le côté : avec un nœud fixe le point aligné prend environ 90 % et l'autre 10 %, avec un X coulissant chacun prend environ 50 %
Figure 39.2 — Charge décalée : nœud fixe contre X coulissant.
FacteurCe qui se passeCe qu'on fait
Direction de chargeSecond qui arrive en oblique sur un nœud fait pour la verticale : un point peut prendre de l'ordre de 90 %Nouer dans l'axe réel de traction ; si l'axe va varier, montage coulissant (§39.7)
Longueur des brinsLe brin le plus court prend davantageRapprocher les longueurs ; jamais le plus court sur le point le plus faible
Brin doubléIl s'allonge moins et prend plusNe doubler que le brin du meilleur point

Aucun mou nulle part. Un brin détendu ne travaille pas : si le point tendu lâche, la charge tombe d'un coup sur le point au brin mou, et le choc peut l'arracher. Test : tirer fort dans l'axe de charge, tous les brins doivent se tendre ensemble. Sur des points indiscutables, la répartition imparfaite du nœud importe peu ; sur des points médiocres, elle fait la différence.


39.5 Choisir son montage ​

Situation au relaisMontage
Ancrage naturel indiscutableArbre, becquet, lunule (§39.9)
Point en place présentSain et moderne : l'utiliser plus au moins un point posé ; douteux : bonus seulement (§39.10)
Trois bons points ou plusCordelette nouée sur 3 points (§39.6)
Deux excellents points, traction vers le basCordelette nouée sur 2 points (§39.6)
Deux points, traction qui va varierX coulissant ou quad (§39.7, §39.8)
Réversible, peu de sanglesRelais sur la corde (§39.11)
Plus de cordeletteHuit égalisateur ou sangles restantes (§39.14, §39.15)
Moins de deux bons pointsChercher ailleurs ou continuer à grimper
Le leader peut tirer vers le hautAjouter un point vers le haut (§39.12)

39.6 Cordelette, point central noué (2 ou 3 points) ​

Relais à la cordelette sur trois points, deux friends et un coinceur, nœud de huit central et mousqueton à vis dans toutes les boucles
Figure 39.3 — Cordelette nouée sur trois points (deux friends, un coinceur).

Contexte d'usage. Le relais de base en terrain d'aventure. Une cordelette relie tous les points, un nœud forme un point central fixe, où l'on clippe le primaire (le mousqueton à vis large du Ch.13 §13.3.2) ; chaque brin est indépendant, et si un point lâche le point central ne bouge presque pas. Traction prévisible vers le bas, 2 à 4 points.

Prérequis. Nœud de huit et cabestan (Ch.11), cinématique du relais (Ch.13).

Matériel. Cordelette de 5 à 6 m, en bon état, d'un diamètre adapté à sa matière (voir Ch.17 §17.2), nouée en anneau par un double nœud de pêcheur. Un mousqueton par point, à vis de préférence ; trois mousquetons à vis au point central (usage répandu). Une corde dynamique d'attache peut remplacer la cordelette.

Objectif. Un point central unique, sans extension, redondant, où se vachent les grimpeurs et s'installe l'assurage.

Procédure.

  1. Poser les points dans des structures distinctes, orientés vers le futur point central ; un mousqueton sur chacun.
  2. Se vacher tout de suite sur le meilleur point, par un cabestan de la corde. Annoncer au second qu'on est vaché, avec les codes convenus (Ch.9), mais pas encore « relais ».
  3. Clipper la cordelette dans les mousquetons, puis tirer vers le bas les brins situés entre les points : une boucle par point.
  4. Rassembler les boucles et tirer l'ensemble dans la direction réelle de charge : tous les brins également tendus.
  5. Nouer par un nœud de huit (ou un nœud simple si la cordelette est épaisse) sans relâcher la traction.
  6. Vérifier que le double pêcheur est dans un brin libre, ni dans un mousqueton ni dans le nœud.
  7. Clipper le primaire, à vis, dans toutes les boucles sous le nœud.
  8. Se vacher sur le primaire, retirer le vachage initial, compléter comme au Ch.13 §13.3.2 avec un nœud par mousqueton ; plaquette en mode guide (assurage autobloquant sur le relais, Ch.13 §13.4) sur le primaire, check-list (§39.16), « relais ».

Points critiques ⚡. Nœud fait en tirant vers la charge réelle. Primaire dans toutes les boucles, recomptées. Jamais tous les points dans la même fissure.

Erreurs fréquentes.

ErreurConséquenceCorrection
Nouer sans tirer vers la charge réelleUn seul brin prend toutTirer vers le second pendant le nœud
Primaire dans une partie des bouclesPerte de redondanceClipper toutes les boucles, recompter
Double pêcheur dans le nœud ou un mousquetonNœud chargé en flexion, réglage impossibleLe placer dans un brin libre
Cordelette ancienne, effilochée, ou trop fine pour sa matièreRupture possible d'un brinChanger la cordelette (Ch.17 §17.2)

Variantes.

Relais à la cordelette sur deux points, nœud central et deux boucles clippées dans le mousqueton à vis
Figure 39.4 — Version deux points : une boucle tirée entre les points, deux boucles au point central.
  • Deux points : une seule boucle entre les points, deux boucles au point central ; cordelette trop longue : la doubler ou nouer plus haut.
  • Raccourcir : remonter le nœud, doubler le brin du meilleur point, ou passer à un huit ou un neuf. Rallonger : prolonger le point le plus éloigné par une sangle.
  • Deux points proches, un éloigné : relier la paire par une sangle nouée, puis ce premier point central au point éloigné (cascade).
  • Étage supérieur : quand le primaire sature, clipper un mousqueton à vis dans chaque brin individuellement au-dessus du nœud, primaire laissé en place. Clippé autour des brins, il peut se décrocher si un point casse.

Limites. Répartition perdue si la traction change de direction ; nœud long à défaire après charge ; une cordelette de plus à porter.

Nota. Point central entre la tête et la poitrine : le poste de travail le plus confortable pour la plaquette et pour se vacher.


39.7 X coulissant avec nœuds de limitation ​

Séquence du X coulissant en quatre vignettes : sangle clippée, brin du haut tiré vers le bas, demi-torsion d'un seul brin, mousqueton dans la boucle et nœuds de limitation
Figure 39.5 — Fabrication du X coulissant, étape par étape.

Contexte d'usage. Une sangle dont le point central coulisse : la charge reste partagée même si la traction se décale. Même principe que le relais semi-directionnel du Ch.17 §17.5 (un point central qui coulisse entre des nœuds de limitation), monté ici sur points posés avec une seule demi-torsion. Deux bons points, traction variable, besoin de rapidité. C'est aussi le meilleur montage pour relier deux points médiocres : avec un nœud fixe, l'un prend plus que sa part, lâche, puis l'autre reçoit tout ; avec le X coulissant, chacun prend à peu près la moitié et les deux peuvent tenir.

Prérequis. Cordelette nouée (§39.6), lecture de la direction de charge (§39.4).

Matériel. Une sangle de 120 cm, un mousqueton à vis central, un mousqueton par point.

Objectif. Un primaire qui suit la charge, avec une extension limitée par les nœuds.

Procédure.

  1. Deux points proches, de même niveau ; se vacher sur le meilleur.
  2. Clipper la sangle dans les deux mousquetons, tirer vers le bas le brin entre les points.
  3. Faire une demi-torsion sur l'un des deux brins du bas : la boucle qui croise forme le « X ».
  4. Clipper le mousqueton central dans la boucle formée par la torsion, pas autour des deux brins.
  5. Test du « point retiré » : tirer sur le mousqueton et retirer un ancrage en pensée ; si le mousqueton sortirait de la sangle, la torsion est mal faite.
  6. Faire un nœud simple sur chaque brin, juste au-dessus du point central (déclipper la sangle d'un point, nouer, reclipper, puis l'autre côté). Place pour un seul nœud : côté du point le plus faible. Couture loin des nœuds et du mousqueton.
  7. Se vacher au point central, vérifier la répartition en tirant dans plusieurs directions.
X coulissant sur un friend et un coinceur, demi-torsion, mousqueton à vis dans la boucle croisée et nœuds simples de limitation
Figure 39.6 — X coulissant : demi-torsion, mousqueton dans la boucle, nœuds de limitation.

Points critiques ⚡. Jamais sans nœuds de limitation : sans eux, le point central glisse jusqu'au bout de la sangle et choque le point restant (c'est l'ancien relais directionnel proscrit au Ch.17 §17.5). Sans torsion, le mousqueton sort de la sangle et tout tombe.

Erreurs fréquentes.

ErreurConséquenceCorrection
Oublier la demi-torsionUn point lâche : tout tombeTest du point retiré avant de charger
Pas de nœuds de limitationExtension et choc sur le point restantUn nœud par brin, au moins côté faible
Une seule sangle pour tout le relaisSa rupture ou sa découpe fait tout tomberDoubler la sangle ou ajouter un brin indépendant sur le meilleur point
Sangle courte, points écartésAngle très ouvertSangle longue, quad ou cordelette

Variantes. Vaut aussi en cours de longueur, pour faire de deux points douteux un point de progression. Sur trois points, avec une sangle de 240 cm (cabestan sur le point bas d'un côté, sangle passée dans le point haut du même côté, nœuds, point de l'autre côté, torsion au centre) : montage délicat à contrôler.

Limites. Ajouter des mousquetons dans un X chargé est difficile : pour un vrai poste de travail, le quad est plus pratique.

Nota. Le test du point retiré se fait avant chaque mise en charge, pas seulement à l'apprentissage.

À PRATIQUER AU SOL

La variante trois points se réserve à ceux qui l'ont répétée au sol. Sur la version deux points, répéter le test du point retiré : tirer sur le mousqueton central, retirer un mousqueton d'ancrage en pensée. Si le mousqueton central glisse hors de la sangle, la torsion est mal faite.


39.8 Le quad ​

Fabrication du quad : cordelette en anneau, pliée en deux, deux nœuds simples à 25-30 cm, un mousqueton par paire de brins
Figure 39.7 — Fabrication du quad, étape par étape.

Contexte d'usage. Une version renforcée du X coulissant : une cordelette pliée en deux, deux nœuds, des brins parallèles au centre. Deux points espacés, traction qui va varier (départ en traversée, second qui arrive de côté).

Prérequis. Cordelette nouée et X coulissant (§39.6, §39.7).

Matériel. Cordelette de 5 à 6 m en anneau, mousquetons à vis.

Objectif. Répartition qui suit la traction, extension limitée à l'écart des nœuds, redondance des brins, deux points centraux.

Procédure.

  1. Plier la cordelette en anneau sur elle-même : quatre brins.
  2. Un nœud simple de chaque côté, à 25 à 30 cm l'un de l'autre au centre ; double pêcheur vers une extrémité.
  3. Clipper chaque boucle de bout dans un ancrage.
  4. Séparer les quatre brins en deux paires : un mousqueton à vis sur l'une pour le vachage, la plaquette en mode guide sur l'autre. À défaut, un mousqueton sur trois des quatre brins.
  5. Tirer à gauche et à droite : le mousqueton glisse entre les nœuds ; régler pour des nœuds symétriques sous charge.
Clippage du quad : correct avec un mousqueton par paire de brins, à éviter avec les quatre brins dans un seul mousqueton
Figure 39.8 — Clippage du quad : par paires, jamais les quatre brins ensemble.

Points critiques ⚡. Jamais les quatre brins dans un seul mousqueton : si un point cède, il peut se retrouver hors du système.

Erreurs fréquentes.

ErreurConséquenceCorrection
Nœuds trop écartésExtension importante25 à 30 cm suffisent
Quad sur trois points sans réajusterUn point mal répartiRefaire les nœuds, ou cordelette nouée
Vachage et plaquette sur la même paireMousqueton surchargéUne paire chacun
Croire la répartition parfaiteLes frottements la réduisent« Mieux réparti », pas « parfaitement »

Variantes. Un huit se défait mieux après charge, un nœud simple consomme moins. Nœuds rapprochés : moins de choc, moins de débattement. Trois ou quatre points : ouvrir une boucle de bout et clipper chacun de ses brins dans un point, puis réajuster ; ou regrouper deux points proches par une sangle.

Limites. Deux points dans sa forme simple ; frottements ; longueur de cordelette.

Nota. Les deux paires remplacent un primaire unique : vachages d'un côté, plaquette de l'autre, sans embouteillage.

DÉTAIL QUI CHANGE LA JOURNÉE

Sur des relais à deux goujons d'écartement semblable, le quad peut rester monté d'un relais à l'autre : on le clippe, il est prêt.


39.9 Ancrages naturels : arbre, becquet, lunule ​

Relais sur arbre, sur becquet et sur lunule, chacun relié à un mousqueton à vis central, avec leurs critères d'acceptation
Figure 39.9 — Ancrages naturels : arbre, becquet, lunule, et leurs critères.

Contexte d'usage. Souvent les ancrages les plus solides d'un itinéraire, et ceux qui demandent le jugement le plus fin. Indiscutable, il porte seul le relais ; moyen, il se combine à un point posé.

Prérequis. Savoir tester : taper, pousser, regarder le pied.

Matériel. Sangles de 120 cm ou plus ; cordelette ou sangle fine en Kevlar ou Dyneema pour une lunule étroite ; mousquetons à vis. Sangle obligatoire : jamais la corde directement autour (abrasion, corde bloquée, écorce brûlée). Seule exception : le gros arbre indiscutable ceinturé par la corde (Variantes).

Objectif. Un ancrage dont la sangle ne peut ni glisser, ni remonter, ni être sciée.

AncrageAccepté seul siRefusé ou combiné si
ArbreVivant, bien enraciné dans une fente profonde ou un sol épais, au moins l'épaisseur d'une cuisseÉpaisseur d'une jambe : combiner ; racines en surface, terre qui bouge, arbre mort, arbuste : refus
BecquetSolidaire de la paroi, sans fissure à sa base, arêtes franchesProfil arrondi ; bloc plus petit qu'un cercueil
LunuleAu moins l'épaisseur d'un bras au point le plus faible, sans fissure ni terre cachéeRoche tendre ou délitée ; lunule moyenne : doubler

Procédure.

  1. Tester : pousser, tirer, donner un coup de pied à l'arbre ; taper et pousser le becquet dans toutes les directions ; inspecter les deux côtés de la lunule.
  2. Arbre : sangle au pied du tronc, fermée par une tête d'alouette (elle ne remonte pas), ou tour complet et deux bouts dans un mousqueton à vis (plus solide, mais la sangle peut monter).
  3. Becquet : sangle le plus bas possible et bien derrière la tête ; en panier plutôt qu'en tête d'alouette sur un profil arrondi ; lestée ou bloquée contre le soulèvement (poids, coinceur au-dessus, traction vers le bas par un autre point).
  4. Lunule : anneau fermé dans un mousqueton, sans tête d'alouette, qui scie et concentre l'effort.
  5. Orienter le mousqueton dans la direction de charge, doubler ou ajouter un brin vers un second point, relier au point central.

Points critiques ⚡. Sangle au plus bas, jamais la corde nue. Un becquet non lesté perd sa sangle quand la corde bouge.

Erreurs fréquentes.

ErreurConséquenceCorrection
Sangle haute sur le troncLevier qui peut déraciner un arbre moyenSangle au pied
Bloc posé non testéLe bloc part avec la cordéeTest du cercueil, frapper, pousser
Tête d'alouette dans une lunule fineLa lunule casseAnneau simple dans un mousqueton

Variantes. Gros arbre indiscutable : faire le tour du tronc avec la corde, au pied, refermée par un huit sur boucle ou un cabestan clippé dans un mousqueton à vis sur la boucle d'encordement. Rapide, sans matériel ; la résine encrasse la corde.

Limites. Jugement délicat ; sangle qui peut glisser ou être sciée.

Nota. Ancrage unique indiscutable ou non, la redondance du matériel reste due (§39.3).


39.10 Relais mixte avec un point en place douteux ​

Relais mixte : vieux piton douteux sur un brin un peu plus lâche, friend et coinceur sur des brins tendus, nœud de huit central
Figure 39.10 — Relais mixte : le piton douteux n'est qu'un bonus.

Contexte d'usage. Vieux spit, piton ou sangle abandonnée, fréquents dans les voies partiellement équipées (Ch.36). Un point en place de résistance inconnue compte comme un bonus : le relais doit tenir sans lui.

Prérequis. Lire un point en place. Spit : plaquette fissurée, rouillée, tournante, écrou desserré, rocher fissuré autour. Piton : rouille profonde, piton qui bouge, sonne creux, tête déformée, enfoncé à moitié ; si le visible est rouillé, la partie cachée est pire. Sangle abandonnée : décolorée, raide, effilochée, brûlée.

Matériel. Celui de la cordelette nouée, plus un mousqueton pour le point en place.

Objectif. Un relais qui tient sur les points posés, le point en place n'intervenant que si un autre lâche.

Procédure.

  1. Clipper le point en place dès l'arrivée, et se vacher aussi sur un point posé.
  2. Poser au moins deux points sûrs (un excellent si le point en place est sain et moderne).
  3. Relier le tout à la cordelette, nœud dans la direction de charge (§39.6).
  4. Point en place très douteux : lui donner un brin un peu plus lâche (usage répandu), jamais le plus tendu.
  5. Test mental : sans le point en place, le relais tient-il ? Sinon, un point de plus.

Points critiques ⚡. Un vieux spit n'est pas un relais « équipé ». Jamais de corde ou de sangle directement dans une plaquette.

Erreurs fréquentes.

ErreurConséquenceCorrection
Vieux spit traité en relais équipéRelais sur un point de résistance inconnueBonus, construire à côté
Se fier à une sangle abandonnéeRupture d'une sangle dégradée par les UVLa remplacer par la sienne
Brin le plus tendu au point douteuxIl prend toute la chargePoints posés tendus en premier

Variantes. Point en place sain et moderne : l'utiliser, plus au moins un point posé.

Limites. Le point en place a une résistance inconnue.

Nota. Le brin plus lâche ne vaut que pour le point très douteux ; ailleurs, la règle reste « aucun mou nulle part » (§39.4).


39.11 Relais sur la corde par cabestans ​

Relais sur la corde : cabestan sur le point le plus éloigné, retour au mousqueton à vis du pontet, cabestan sur le deuxième point
Figure 39.11 — Relais sur la corde d'escalade par cabestans successifs.

Contexte d'usage. Le relais fait avec la corde, sans cordelette ni sangle : un cabestan par point, le grimpeur relié à tous. Mono-directionnel et dynamique. Uniquement en réversible (le grimpeur arrivé repart en tête, il n'a pas à se détacher). Utile quand les sangles manquent ou que les points sont éloignés.

Prérequis. Cabestan fait « en l'air » et vérifié avant de clipper (Ch.11) ; cordée en réversible (Ch.40).

Matériel. Un mousqueton à vis par point, un au pontet, un point d'assurage dédié.

Objectif. Un relais réglé brin par brin, sans matériel en plus.

Procédure (corde à simple).

  1. Un mousqueton à vis sur chaque point.
  2. Commencer par le point le plus éloigné : cabestan, réglé, verrouillé.
  3. Revenir au baudrier : corde dans un mousqueton à vis du pontet (ou boucle en huit), puis second cabestan sur le deuxième point, à la même tension. Troisième point : même chose.
  4. En appui, régler pour que tous les brins soient tendus à la fois ; verrouiller chaque mousqueton.
  5. Assurer le second sur un point central fiable : un mousqueton à vis relié à deux ancrages.

Points critiques ⚡. Le grimpeur est « captif » de son relais : une manœuvre de secours devient difficile (Ch.22). Pas de vrai point central, donc pas de mode guide sur ce relais lui-même.

Erreurs fréquentes.

ErreurConséquenceCorrection
L'utiliser quand l'autre repart en têteTout refaire, phase non assuréeRéversible seulement
Un seul brin tenduLe point le plus court prend toutRégler chaque cabestan en appui
Cabestan à une main, une seule boucleLe nœud ne bloque pasCabestan « en l'air », vérifié
Second hésitant, longueur engagéeSecours compliquéPréférer une cordelette

Variantes. Corde à double : un brin par point, chacun en cabestan, très lisible. Gros arbre : §39.9.

Limites. Pas de point central, échappement difficile.

Nota. En France et en montagne, la norme reste le relais sur cordelette ou sangle avec point central et l'assurage du second en plaquette autobloquante sur le relais ; le relais à la corde garde sa place pour des points éloignés, sans sangle, en réversible.

🏔️ TERRAIN — La pratique britannique

Au Royaume-Uni, le relais à la corde est le montage le plus courant, et le second est alors assuré au baudrier. Deux détails sont contre-intuitifs : on bloque en tirant le brin frein vers le haut, et en assurage renvoyé le système se place à au moins un pas et demi du point central pour ne pas y être aspiré. Ces méthodes ne se pratiquent qu'après avoir été apprises encadré ; le livre retient la plaquette sur le relais (Ch.13).


39.12 Relais multidirectionnel ​

Relais multidirectionnel : deux points vers le bas et un coinceur à l'envers relié au point central par une sangle tendue
Figure 39.12 — Relais multidirectionnel : un point bas tient la traction vers le haut.

Contexte d'usage. Un relais est d'abord construit vers le bas (le second). Dès que le leader part, il peut le tirer vers le haut : renvoi dans le relais, chute après son premier point, assureur projeté. Des coinceurs posés pour le bas sortent d'une simple traction vers le haut, et un relais qui saute vers le haut ne sera plus là pour la chute suivante. À prévoir toujours, sauf si un point tient déjà dans toutes les directions (friend bien orienté, arbre, lunule, spit sain, piton horizontal sain).

Prérequis. Poser un coinceur à l'envers (Ch.38).

Matériel. Un point de plus, une sangle ou une dégaine.

Objectif. Un relais qui tient vers le bas et vers le haut.

Procédure.

  1. Construire le relais vers le bas (§39.6 à §39.10).
  2. Sous le point central, poser un coinceur à l'envers dans un étranglement qui se resserre vers le haut, ou un friend orienté vers le haut.
  3. Le relier au point central par une sangle ou une dégaine tendue : tirer le point central vers le bas en clippant.
  4. Variante : deux coinceurs en opposition reliés par un cabestan ou une sangle tendue.
  5. Préparer le renvoi et le premier point du leader (§39.13).

Points critiques ⚡. Sans mou : une sangle lâche laisse le relais remonter avant que le point bas travaille.

Erreurs fréquentes.

ErreurConséquenceCorrection
Relais construit seulement vers le basLes coinceurs sortent au départ du leaderPoint vers le haut, systématiquement
Aucun point au départ de la longueur suivanteChute de facteur proche de 2 sur le relaisPoint dès les premiers mètres, renvoi

Variantes. En pied de voie exposé (vire, pente), le relais de l'assureur tient vers le bas et vers le haut : un point contre sa chute, un autre au sol qui l'empêche d'être soulevé.

Limites. Un point de plus à poser.

Nota. Le renvoi du leader fait partie de ce qui tire le relais vers le haut : il suppose ce point.


39.13 Le point de renvoi au départ de la longueur ​

Leader qui repart du relais avec un premier point posé juste au-dessus, assureur vaché au relais
Figure 39.13 — Premier point posé juste au-dessus du relais : il évite une chute de facteur 2 sur le relais.

Contexte d'usage. Les premiers mètres d'une longueur sont les plus dangereux : peu de corde, facteur de chute élevé, effort maximal sur le relais. Le principe et la séquence de départ sont ceux du Ch.13 §13.7 ; ce qui change, c'est où l'on renvoie et la vitesse du premier point.

Prérequis. Relais multidirectionnel (§39.12).

Matériel. Un mousqueton à vis ou une dégaine de renvoi.

Objectif. Qu'aucune chute du leader ne tombe directement sur le relais ni sur l'assureur.

Procédure.

  1. L'assureur, vaché, assure le leader au pontet (Ch.40).
  2. Le leader mousquetonne le renvoi avant son premier pas, sur le point le plus haut du relais. Si les ancrages sont douteux, on le place plutôt sur le point central.
  3. Il pose sa première protection au plus vite, idéalement dans les deux mètres, de préférence multidirectionnelle.
  4. L'assureur se place pour ne pas être projeté contre le relais ou la roche.
  5. Relais précaire ou départ difficile : « point fantôme ». Le leader clippe le premier bon point de la longueur, redescend au relais et repart ; une chute directe sur le relais devient impossible.

Points critiques ⚡. Partir sans renvoi expose à une chute de facteur proche de 2 directement sur l'assureur. Un renvoi sur un point douteux isolé le charge plus que la chute elle-même : par effet poulie, il reçoit la tension des deux brins.

Erreurs fréquentes.

ErreurConséquenceCorrection
Renvoi sur un point qui ne tient que vers le basArrachement par effet pouliePoint multidirectionnel ou point central
Assureur trop près du relais en départ en traverséeProjection contre la paroiSe placer en dessous et en retrait

Variantes. Point fantôme (étape 5).

Limites. Le renvoi tire le relais vers le haut : il suppose un relais multidirectionnel et un premier point posé très tôt.

Nota. Le départ de la longueur se prépare dès le choix de l'emplacement (§39.2).

Aiguille calcaire en contre-jour
Chaque relais posé se décide : quoi poser, comment relier, dans quelle direction.

POUR LES GRIMPEURS QUI DÉCOUVRENT LE TERRAIN D'AVENTURE

Les deux sections suivantes traitent de montages de dépannage : la seule corde avec point central, et le relais quand il ne reste presque plus de matériel. On peut passer directement à la check-list avant de crier « relais ».


39.14 Le huit égalisateur (⊕) ​

Huit égalisateur en trois étapes : huit sur très grande boucle, boucle repassée pour obtenir trois boucles, boucles clippées et huit de point central
Figure 39.14 — Fabrication du huit égalisateur.

Contexte d'usage. Avec la seule corde, un relais doté d'un vrai point central, ce que les cabestans n'offrent pas : mode guide possible, échappement plus facile. Rarement : plus de sangle ni de cordelette, points indiscutables (goujons sains, gros friends en fissure parfaite) et assez proches.

Prérequis. Huit double (Ch.11).

Matériel. La corde, un mousqueton à vis par point, un central.

Objectif. Un point central sur la corde, sans matériel supplémentaire.

Procédure.

  1. Un mousqueton à vis sur chaque point ; se vacher sur le meilleur.
  2. À environ un mètre du nœud d'encordement, un huit sur une très grande boucle.
  3. Repasser le sommet de la boucle à travers le huit, comme pour un huit double : trois boucles (deux pour deux points).
  4. Clipper une boucle par point ; régler en faisant coulisser la corde jusqu'à ce que tous les brins se tendent ensemble dans la direction de charge ; puis serrer.
  5. Sous le nœud, une boucle en huit sur le brin qui descend : le point central, avec un mousqueton à vis verrouillé ; s'y vacher, plaquette dessus.

Points critiques ⚡. Aucune redondance : un seul nœud, une seule corde ; si un point lâche, tout le relais bouge.

Erreurs fréquentes.

ErreurConséquenceCorrection
Points moyensRelais sans redondance sur des points qui peuvent lâcherPoints indiscutables seulement, sinon cabestans
Serrer avant de réglerUn seul point prend la chargeRégler en charge, puis serrer
Boucle qui frotte sur une arêteUne boucle peut être coupéeBoucles hors du rocher

Variantes. Deux points : deux boucles.

Limites. Peu réglable une fois serré ; difficile si les points sont éloignés.

Nota. Avant de charger : boucles tendues, nœud serré, point central noué, mousqueton verrouillé, points indiscutables.


39.15 Le relais avec peu de matériel (⊕) ​

Relais minimal : sangle de 240 cm en V nouée sur deux coinceurs, troisième point relié par une sangle de 60 cm raccourcie par un nœud, mousqueton à vis commun
Figure 39.15 — V sur une sangle longue, troisième point raccourci par un nœud.

Contexte d'usage. Fin de longueur, plus de cordelette, presque plus de corde, deux ou trois sangles. L'objectif devient : relier tous les points, sans mou, avec le moins d'extension possible. Un relais imparfait sur trois points vaut mieux qu'un relais sur un seul.

Prérequis. Nœud simple sur sangle, lecture de l'axe de charge (§39.4).

Matériel. Les sangles restantes, un mousqueton à vis central.

Objectif. Faire participer tous les points.

ConfigurationMontage
V plus un pointSangle de 240 cm nouée en V sur deux points ; le troisième relié au même mousqueton par une sangle courte raccourcie d'un nœud
Deux points superposésUne sangle longue dans les trois points ; un nœud juste au-dessus du point bas l'intègre
V haut et point basLes deux points hauts reliés par une sangle longue, un nœud placé pour que le point bas participe
Friends chaînésLa sangle d'un friend passe dans celle d'un autre ; peu satisfaisant, mieux qu'un point unique

Procédure.

  1. Poser les points, clipper la corde dans le premier, se vacher sur le meilleur.
  2. Choisir la configuration et régler chaque brin dans l'axe de charge : nœud simple pour raccourcir beaucoup, quelques tours serrés autour du mousqueton, côté dos, pour raccourcir un peu.
  3. Tout réunir dans un seul mousqueton à vis central, verrouillé.
  4. Tirer dans l'axe : tous les brins doivent se tendre.

Points critiques ⚡. Un brin mou ne sert à rien tant qu'un autre point n'a pas lâché.

Erreurs fréquentes.

ErreurConséquenceCorrection
Se contenter du meilleur point faute de sanglesPoint unique de résistance inconnueChaîner, raccourcir, nouer
Tours de sangle sur le doigt du mousquetonDoigt qui s'ouvre, sangle qui glisseTours côté dos
Pas de point vers le hautLes points sortent au départ du leaderPoint dès le départ (§39.12)

Variantes. Points indiscutables : huit égalisateur (§39.14).

Limites. Répartition imparfaite, montage à réfléchir.

Nota. Réserver le matériel du relais au départ de la longueur (§39.2) évite d'en arriver là.


39.16 Check-list avant de crier « relais » ​

Elle s'ajoute à celles du Ch.13 et porte sur ce que le relais posé ajoute. À dire à voix basse, dans l'ordre, à chaque relais.

Check-list

  1. Vaché au point central (ou au meilleur point si le relais n'est pas fini).
  2. Rocher : chaque ancrage dans un rocher sain, testé.
  3. Placements orientés dans la direction de charge ; friends bien rétractés, coinceurs assis.
  4. Au moins deux structures distinctes, sauf ancrage naturel indiscutable.
  5. Redondance : si n'importe quel point saute, le relais tient.
  6. Pas d'extension : nœud central, ou nœuds de limitation sur le coulissant.
  7. Angle : « V » étroit, sous 60° visé, jamais au-delà de 90°.
  8. Point central : mousqueton à vis dans toutes les boucles, verrouillé.
  9. Vers le haut : un point tient la traction vers le haut, ou le leader pourra se protéger tout de suite.
  10. Matériel restant pour la longueur suivante.
  11. Vachage par la corde ou une longe adaptée, sans mou, cabestan sur mousqueton à vis, un nœud par mousqueton.
  12. Assurage : plaquette en mode guide sur le point central, sens vérifié par une traction.
  13. Alors seulement : « Relais ! »

⚡ ALERTE — Vachage en sangle

Une sangle n'absorbe presque rien. Une chute de quelques dizaines de centimètres au-dessus du point, sur une sangle tendue, peut blesser le grimpeur et casser la sangle ou le relais. On ne se relie par une sangle que si l'on reste sous le point, sans mou ; dès qu'on risque de passer au-dessus, on se relie avec la corde. Une daisy chain n'est pas une longe.

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