Skip to content
Grimpeuse en tête sur un mur calcaire gris, aiguilles rocheuses et vallée en contrebas© Guillaume Broust
« Ces lignes de fuite immenses, que tu ne verras jamais sur une falaise de type école d'escalade. »

Un voyage suspendu ​

Guillaume Broust est réalisateur, photographe, monteur et graphiste. Plus de vingt ans d'expérience, quelque deux cents films — escalade, parapente, ski, alpinisme — tournés dans des endroits parmi les plus inaccessibles, avec un regard décalé sur la montagne où le storytelling, l'humour et la musique tiennent une place centrale. Réalisateur officiel de Petzl de 2001 à 2018, il a signé notamment tous les films des Petzl RocTrip ; il produit aujourd'hui en indépendant. Une grande partie de son métier se passe à côté des cordées, suspendu dans le même vide qu'elles. Ce qu'il en rapporte tient en trois mots — le gaz, le voyage, la cordée.
Award Winner — Banff Mountain Film and Book FestivalBest Short Film — International Air Film Festival El Yelmo 2018Grand Prix Aventura — FIFAM Montréal 2007Best Sport Film — Horsky Film Poprad 2010Public Prize — Coupe Icare 2008

I · Le gaz

J'ai passé des années à filmer et documenter des grandes voies. Et pour moi la grande voie, c'est d'abord le gaz… Sujets au vertige, s'abstenir. Ce sont ces lignes de fuite immenses, que tu ne verras jamais sur une falaise de type « école d'escalade ». C'est ce vide qui s'accentue doucement au fur et à mesure des longueurs, pour devenir omniprésent à la fin, peu importe l'inclinaison ou la difficulté de la voie.

« Ce vide qui s'accentue doucement au fur et à mesure des longueurs, pour devenir omniprésent à la fin. »

II · Le voyage

La grande voie, c'est aussi un voyage : une fois qu'on l'a commencé, il est impératif de sortir par le haut. Les rappels sont souvent compliqués, voire carrément impossibles. Il faut donc appréhender la grande voie avec sagesse et humilité. On se prépare mentalement à ce voyage avec sa cordée — un voyage suspendu, perdu dans le vide.

« Il faut appréhender la grande voie avec sagesse et humilité. »

III · La cordée

Et ce voyage tisse des liens très forts avec ses compagnons, beaucoup plus qu'une « simple » journée en falaise. Ce qu'il se passe dans la paroi, les souvenirs, les odeurs du buis et du calcaire, les moments de doute mais aussi l'excitation, les lumières, le gaz, les passages « frissons », cette longue journée ensemble… tout ce mélange crée des souvenirs qui te restent ancrés à vie.

Je me rappelle de chacune de mes grandes voies.


Le carnet en images ​

Les mots de Guillaume Broust disent le gaz. Ses images le montrent. Un réalisateur ne témoigne pas seulement avec des phrases : il témoigne avec un cadre, une lumière, un point de vue que le grimpeur n'a jamais sur lui-même. La suite de ce témoignage se lit donc en images — une journée de paroi, de l'approche à la sortie, avec Katherine Choong et Eline Le Menestrel, la cordée dont on retrouve le récit de Zahir en fin de Partie 7. Chaque légende reprend ses propres mots.

L'approche

Deux grimpeuses sac au dos sur le sentier d'approche, paroi dans les nuagesCordée remontant une pente herbeuse raide au pied d'une grande paroi

« On se prépare mentalement à ce voyage avec sa cordée. » Le voyage commence bien avant la première longueur. © Guillaume Broust

Le vide s'installe

Grimpeuse en tête sur une dalle calcaire, sa seconde au relais en contrebas, brume dans le vide© Guillaume Broust
« Ce vide qui s'accentue doucement au fur et à mesure des longueurs… »
Vue plongeante sur une grimpeuse en tête, prairie très loin en contrebasCordée minuscule sur un grand mur vertical, aiguilles rocheuses et brume

« …pour devenir omniprésent à la fin, peu importe l'inclinaison ou la difficulté de la voie. » © Guillaume Broust

Au relais

Le réalisateur et les deux grimpeuses réunis au relais, mer de nuages en arrière-plan© Guillaume Broust
« Ce voyage tisse des liens très forts avec ses compagnons. » Au relais, le réalisateur rejoint la cordée le temps d'une image.

Les passages « frissons »

Grimpeuse concentrée sur une dalle grise, vue de hautGrimpeuse vue d'au-dessus dans un passage raide, prairie floue loin en dessous

« Les moments de doute, mais aussi l'excitation. » © Guillaume Broust

Sortir par le haut

Grimpeuse franchissant l'ouverture lumineuse d'une grotte en paroi, ciel bleu derrière© Guillaume Broust
« Une fois qu'on l'a commencé, il est impératif de sortir par le haut. »

Ailleurs, le même gaz — Swissway to Heaven, Oberland bernois

Deux grimpeurs blottis au relais dans le brouillard, face nord de l'EigerGrimpeur sur une paroi calcaire au-dessus de la vallée de Lauterbrunnen

Au relais dans le brouillard de l'Eiger · au-dessus de la vallée de Lauterbrunnen. « Les lumières, le gaz… cette longue journée ensemble. » © Guillaume Broust / Petzl


Ce que le livre en retient ​

Guillaume Broust ne donne pas de leçon. Il décrit ce que des années derrière la caméra lui ont montré. Trois de ses observations rejoignent directement des chapitres du livre.

Le gaz ne se décrète pas. Le vide s'installe longueur après longueur, quelle que soit la cotation. Une voie facile peut être très aérienne : c'est un critère de choix à part entière, au même titre que la difficulté. → Ch.4 — Choisir sa voie

« Sortir par le haut » se prépare au sol. Sur beaucoup d'itinéraires, la retraite est longue, délicate, parfois impossible au-delà d'un certain point. C'est précisément pour cela qu'on étudie la descente et les possibilités de réchappe avant de partir — pour savoir où le demi-tour reste possible, et où il ne l'est plus. → Ch.6 — Préparer sa course · Ch.15 — Les réchappes

Le voyage se prépare à deux. Sagesse et humilité, c'est d'abord une cordée qui s'est accordée avant la première longueur : sur les rôles, sur les signaux, sur ce qu'on fera si la journée tourne mal. → Ch.8 — Les rôles dans la cordée · Ch.9 — Communiquer en paroi


Guillaume Broust, réalisateur ​

Portrait de Guillaume Broust, suspendu sur corde en paroi

Réalisateur · Photographe · Monteur · Graphiste

Spécialisé dans le documentaire outdoor, Guillaume Broust tourne dans les endroits les plus inaccessibles — plus de deux cents films en escalade, parapente, ski et alpinisme, plusieurs fois primés en festivals. Réalisateur officiel de Petzl de 2001 à 2018, il a réalisé tous les films des Petzl RocTrip. Parmi ses projets : Les Chants de l'Eau, documentaire sur la façon dont les gens perçoivent l'eau à travers le monde, et Chimères patagones, écrit par Lise Billon, Grand Prix et Prix du public au Horsky Film Festival de Poprad.

Découvrir ses films — guillaume-broust.com →

Texte : Guillaume Broust · Photos : © Guillaume Broust (avec Katherine Choong et Eline Le Menestrel) · « Swissway to Heaven » : © Guillaume Broust / Petzl · Portrait : © Marc Daviet · Distinctions : guillaume-broust.com

Contenu sous licence Creative Commons BY-NC-SA 4.0